La Hongrie engage un virage à 180 degrés sur la crypto. Zoltán Tanács, nouveau ministre des Sciences et des Technologies nommé en mai 2026, a annoncé le 6 juin la suppression des restrictions qu’il qualifie d’« abusives » sur les actifs numériques, dont les sanctions pénales introduites en juillet 2025 contre les prestataires non autorisés, qui avaient contraint Revolut à suspendre ses services dans le pays.
Au programme
- Depuis juillet 2025, des sanctions pénales s’appliquaient aux services crypto non agréés en Hongrie, poussant Revolut à se retirer du marché local.
- Le ministre Tanács, arrivé au pouvoir avec le nouveau gouvernement, dénonce des règles « à motivation politique » et annonce leur révision.
- Budapest se repositionne en faveur du cadre MiCA et lorgne le modèle de gouvernance numérique de l’Estonie.
Pourquoi la Hongrie a-t-elle durci sa réglementation en 2025 ?
En juillet 2025, le gouvernement précédent avait introduit des sanctions pénales pour toute fourniture non autorisée de services sur actifs crypto. La mesure, présentée comme une protection des consommateurs, s’est révélée particulièrement sévère à l’échelle européenne. Résultat : Revolut, l’une des néobanques les plus populaires dans les pays d’Europe centrale, a suspendu ses fonctionnalités crypto pour ses clients hongrois. Les entreprises locales du secteur ont supporté des coûts de mise en conformité jugés disproportionnés, sans bénéficier d’un cadre clairement aligné sur les standards de l’Union européenne.
Tanács estime que ces règles n’étaient pas fondées sur une logique prudentielle, mais sur des considérations politiques du précédent exécutif. Cette lecture ouvre la voie à une révision rapide du dispositif légal.
Qu’implique concrètement le changement annoncé ?
Le ministre a indiqué que le nouveau gouvernement entend supprimer les « restrictions injustifiées » pesant sur le marché des crypto-actifs. Cela inclut a minima l’abrogation des dispositions pénales introduites l’an dernier. Le retour de Revolut et d’autres plateformes internationales sur le marché hongrois dépendra de la rapidité et de l’ampleur effective de ces ajustements législatifs.
Au-delà du secteur crypto, le gouvernement Tanács envisage aussi de revoir la réglementation des auditeurs en cybersécurité, dans le cadre de la directive NIS2 de l’Union européenne. Environ 4 000 entreprises hongroises font face à une échéance de conformité fixée au 30 juin 2026, ce qui donne une indication de l’urgence perçue par l’exécutif sur le dossier numérique au sens large.
Comment la Hongrie se positionne-t-elle désormais vis-à-vis de MiCA ?
Budapest affiche une ambition claire : s’aligner pleinement sur le règlement MiCA, entré en vigueur pour les prestataires de services sur crypto-actifs (CASP) depuis le 30 décembre 2024. Ce cadre européen unifié rend théoriquement obsolètes les restrictions nationales les plus strictes, puisqu’un agrément délivré dans un État membre vaut passeport pour l’ensemble du marché commun.
Le nouveau gouvernement évoque par ailleurs le modèle estonien comme référence en matière de gouvernance numérique. L’Estonie, pionnière de l’identité électronique et des services publics dématérialisés, représente un horizon stratégique pour des pays d’Europe centrale cherchant à attirer les acteurs du secteur technologique. Les levées de fonds récentes dans l’écosystème crypto européen illustrent l’appétit des investisseurs pour des marchés réglementairement lisibles.
Ce repositionnement hongrois intervient dans un contexte où plusieurs États membres de l’UE ajustent leur approche depuis l’entrée en application de MiCA. Les plateformes disposant d’un agrément CASP obtenu dans un pays membre peuvent désormais opérer dans l’ensemble de l’Union sans procédure nationale supplémentaire, ce qui rend les réglementations restrictives comme celle de Budapest rapidement pénalisantes pour la compétitivité locale. Pour les utilisateurs souhaitant sélectionner une plateforme éligible, les meilleurs exchanges crypto conformes MiCA disponibles en France offrent un point de comparaison utile.
« Les règles en vigueur depuis juillet 2025 sont à motivation politique, non prudentielle. Nous allons les supprimer. »
- Zoltán Tanács, ministre des Sciences et Technologies, juin 2026 (traduit du hongrois via Cryptopolitan)
La question qui reste ouverte : le calendrier. Tanács n’a pas précisé si la révision législative passerait par une procédure d’urgence ou par le circuit ordinaire, qui peut prendre plusieurs mois. Pour les plateformes comme Revolut, le retour sur le marché hongrois suppose une certitude juridique préalable, pas seulement une annonce ministérielle. Les acteurs intéressés par les dynamiques réglementaires autour des actifs réels tokenisés suivront de près l’évolution du cadre local.
À retenir
La Hongrie rompt avec une politique crypto punitive héritée du gouvernement précédent. L’alignement sur MiCA et le modèle estonien constituent le cap affiché par Tanács. L’enjeu concret pour 2026 : la vitesse de traduction législative, dont dépend le retour des plateformes internationales sur ce marché de près de 10 millions d’habitants.
Sources
-
HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
-
HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash