La Grèce s’apprête à instaurer une flat tax de 15 % sur les plus-values de cessions de cryptomonnaies, selon les informations disponibles. Ce taux, nettement inférieur à celui pratiqué par la majorité des États membres de l’Union européenne, positionne Athènes comme l’une des juridictions fiscalement les plus attractives du continent pour les investisseurs crypto.
En bref
Le projet grec prévoit un taux unique de 15 % sur les gains crypto, sans distinction selon la durée de détention. Cela tranche avec la France, où le PFU s’élève désormais à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. L’initiative vise à attirer les investisseurs tout en apportant une clarté réglementaire longtemps absente.
Pourquoi la Grèce mise sur un taux à 15 % ?
Le choix d’un taux de 15 % n’est pas anodin. La Grèce cherche à se différencier dans un espace européen encore fragmenté sur la fiscalité des actifs numériques. En offrant un cadre lisible et compétitif, Athènes espère attirer des investisseurs individuels et des opérateurs professionnels qui arbitrent leur résidence fiscale entre pays.
Ce type de stratégie n’est pas sans précédent : Malte, Chypre et le Portugal ont successivement utilisé des incitations fiscales pour capter une part de l’économie numérique. La Grèce, dont l’économie reste marquée par une décennie de rigueur budgétaire, cherche à dynamiser son secteur technologique en créant un signal fort pour les détenteurs de cryptomonnaies.
Le projet prévoit une imposition uniforme, indépendante de la durée de détention. Aucune distinction entre investisseur particulier et professionnel n’est évoquée à ce stade, ce qui simplifie considérablement la déclaration par rapport aux régimes plus complexes d’autres États membres.
Comment ce taux se compare-t-il au reste de l’Europe ?
À titre de comparaison, la France applique depuis le 1er janvier 2026 un PFU (prélèvement forfaitaire unique) de 31,4 % sur les cessions d’actifs numériques, conformément à l’article 150 VH bis du CGI. Ce taux, issu de la LFSS 2026, se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les contribuables français peuvent opter pour le barème progressif si leur tranche marginale d’imposition est inférieure, mais restent soumis aux prélèvements sociaux dans tous les cas.
L’Allemagne taxe les plus-values crypto à 0 % après un an de détention, mais jusqu’à 45 % pour les cessions à court terme. L’Italie a relevé son taux à 26 % en 2023. Le 15 % grec s’inscrit donc dans la fourchette basse du spectre européen, sans atteindre les régimes d’exonération totale encore pratiqués dans certains États.
Pour un investisseur français gérant ses obligations fiscales liées aux cessions de cryptos, la différence est substantielle : sur un gain de 50 000 €, la charge fiscale serait de 7 500 € en Grèce contre 15 700 € en France.
Quels risques et quelles limites pour ce projet ?
Le projet reste à l’état d’annonce. Le détail n’est pas connu à ce stade quant aux modalités précises : seuil d’exonération, traitement des échanges crypto-crypto, obligations déclaratives. En France, les swaps entre cryptomonnaies sont exonérés d’impôt sous le régime actuel, un point sur lequel la législation grecque devra se prononcer.
Par ailleurs, l’adoption du règlement MiCA depuis le 30 décembre 2024 harmonise le cadre de supervision des prestataires de services crypto (CASP) en Europe, mais n’unifie pas la fiscalité. Chaque État membre conserve sa souveraineté fiscale, ce qui permet à la Grèce de fixer librement son taux. Cette situation de concurrence fiscale est surveillée par la Commission européenne, notamment dans le cadre du déploiement de la directive DAC8, applicable depuis le 1er janvier 2026, qui impose aux CASP de déclarer automatiquement les comptes de leurs clients aux administrations fiscales nationales.
Cela signifie que l’attrait grec ne repose plus sur l’opacité : un résident grec déclarant ses gains crypto sera visible des autorités, comme partout en Europe. L’avantage est purement tarifaire.
L’initiative s’inscrit également dans un contexte international où la pression fiscale sur les cryptos s’intensifie aux États-Unis et où des projets comme la taxe européenne sur les cryptos prévoient des recettes pouvant atteindre 20 Md€ d’ici 2034.
Notre lecture La Grèce joue une carte classique de petite économie européenne : proposer un taux compétitif pour capter des flux que les grands États, avec leur complexité fiscale, laissent filer. La vraie question est de savoir si 15 % suffira à déclencher des relocalisations réelles, ou si la Grèce attire surtout de nouveaux entrants sans base fiscale préexistante dans un autre pays de l’UE.
À retenir
La Grèce prévoit une flat tax de 15 % sur les gains crypto, bien en dessous des 31,4 % français. Ce signal de clarté réglementaire pourrait faire d’Athènes une destination de choix pour les investisseurs cherchant un cadre fiscal lisible parmi les meilleurs exchanges accessibles. Les détails législatifs restent à confirmer.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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