Annoncé le 18 juin 2021, l’accord place Galaxy Digital, la société fondée par l’ex-associé de Goldman Sachs Mike Novogratz, en fournisseur de liquidités pour les contrats à terme Bitcoin de la banque d’affaires, avec des dérivés Ether évoqués pour plus tard. Un partenariat qui montre, en dépit d’un marché crypto alors en repli après le sommet d’avril 2021, que l’intérêt institutionnel pour les cryptomonnaies majeures reste d’actualité.
Galaxy Digital sur satellite
Deux mois après que la banque américaine a annoncé réintégrer le marché des cryptomonnaies, elle vient de valider un accord avec la société d’investissement en actifs numériques de Mike Novogratz. Le partenariat fait de Galaxy Digital le fournisseur de liquidités de Goldman Sachs sur les contrats à terme Bitcoin du groupe CME, en cotant les ordres d’achat et de vente des transactions de bloc passées par la banque pour ses clients.
Grâce à son large réseau composé de plateformes d’échanges, de dépositaires d’actifs numériques et de partenaires bancaires, Galaxy Digital se dit en capacité de déplacer capitaux et actifs de manière sécurisée et efficace pour fournir des liquidités à des prix compétitifs.
La confiance que nous accorde Goldman valide notre expertise institutionnelle et la force de ce que nous construisons ici à Galaxy. Nous sommes fiers d’être un partenaire stratégique de Goldman (…) pour répondre à la demande croissante des institutions et ouvrir la voie à une adoption plus large des crypto-monnaies en tant que classe d’actifs.»
Damien Vanderwilt, co-président et responsable des marchés mondiaux chez Galaxy Digital
La coopération pourrait ne pas se limiter au Bitcoin : la banque comptait alors élargir sa gamme de dérivés à Ether.
Une collaboration nécessaire pour capter un marché strictement réglementé
Si Goldman s’appuie sur Galaxy pour accéder au monde de la cryptographie, c’est que le secteur bancaire est sévèrement réglementé. Il ne peut pas gérer directement le Bitcoin. Vanderwilt opère à cet égard un parallèle avec les matières premières telles que le maïs ou le porc. Les banques peuvent les négocier mais sans les posséder physiquement. Pour les cryptos pareillement, elles doivent passer par des sociétés qui établissent des passerelles entre entités financières et le monde des actifs numériques pour entrer dans le game.
Néanmoins, les produits comme les contrats à terme Bitcoin, moins directement liés à l’actif sous-jacent, n’obéissent pas aux mêmes exigences. S’allier à une structure comme Galaxy reste une garantie supplémentaire pour une institution encore rétive à l’égard des cryptos.
Trois ans après avoir mis en sommeil un premier bureau crypto en 2018, Goldman Sachs opère une incursion qui ne fait pas l’unanimité en interne. Mais, selon Vanderwilt, la banque doit se plier à une demande croissante de ses clients.
Si le téléphone sonne suffisamment de fois et que les clients essaient de s’exposer, vous finissez par comprendre comment le faire pour eux en toute sécurité, en comprenant que votre rôle dans le monde est d’être intermédiaire en toute sécurité, et non d’agir en tant que fiduciaire.”
Damien Vanderwilt, co-président et responsable des marchés mondiaux chez Galaxy Digital
Les banques appelées à être de plus en plus présentes sur le marché des cryptos
Et elle n’est pas la seule. Des institutions bancaires américains s’y impliquent depuis le début de l’année : BNY Mellon, JPMorgan, Morgan Stanley, State Street… Mais aussi des européennes, la Deutsche Bank ou la suisse UBS et, en juin 2021, l’espagnole BBVA, qui ouvre via sa filiale suisse un service de conservation et de négociation de bitcoin à sa clientèle privée.
Les partenariats entre acteurs crypto et banques traditionnelles vont visiblement se développer. Et en tant que firme emblématique de Wall Street, Goldman Sachs pourrait, aux dires de certains observateurs, pousser le reste du marché institutionnel à suivre ses traces.
La trajectoire s’est confirmée des deux côtés. Goldman Sachs a réalisé en mars 2022 sa première option bitcoin de gré à gré, avec Galaxy Digital, puis son premier prêt adossé à du bitcoin en avril 2022. Depuis l’arrivée des ETF bitcoin au comptant américains, la banque déclare dans ses formulaires 13F des positions de plusieurs centaines de millions de dollars sur ces produits, détenues pour le compte de clients : environ 690 millions de dollars d’iShares Bitcoin Trust au premier trimestre 2026.
Galaxy Digital, de son côté, a renoncé en août 2022 au rachat du dépositaire BitGo, annoncé un an plus tôt pour environ 1,2 milliard de dollars, un litige toujours pendant devant la justice du Delaware. La société s’est finalement cotée au Nasdaq le 16 mai 2025, sous le ticker GLXY.
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