Au printemps 2023, le réseau Ethereum enchainait les étapes importantes de sa feuille de route vers le Proof of Stake (PoS). Et les avis étaient partagés sur cette dynamique, entre fragilisation de sa résistance à la censure et caractère nouvellement déflationniste de sa cryptomonnaie ETH. Avec une seule véritable réponse à apporter : laisser le temps à ces innovations de prouver leurs bénéfices.

Car le réseau franchissait alors ces étapes avec succès. Depuis l’étape historique The Merge de septembre 2022, sa cryptomonnaie ETH s’inscrivait effectivement dans une dynamique déflationniste. Car sa quantité disponible (supply) enregistrait sur cette période une baisse notable de 158 448 unités, soit plus de 306 millions de dollars au cours de mai 2023.

Graphique de l'évolution de la supply déflationniste d'Ethereum après The Merge

Et il en allait de même pour sa mise à niveau Shanghai, enclenchée le 12 avril 2023. En effet, même si les premiers jours ont vu apparaître des retraits massifs d’ETH bloqués en staking, la tendance repartait déjà à la hausse en ce début de mois de mai.

Ethereum staking, Les dépôts dépassent de nouveau les retraits

Début mai 2023, l’heure d’un bilan à tête plus reposée était arrivée au sujet de la mise à niveau Shanghai. Car quelques jours après cette étape fatidique la tendance était à l’inquiétude face à des retraits potentiellement massifs de cryptomonnaies ETH.

Une dynamique que certains attribuaient à une fuite de positions tenues parfois depuis 2020, quand d’autres y voyaient plus sûrement une volonté de déménagement opportuniste. Cette dernière option s’est confirmée.

En effet, les chiffres publiés à l’époque sur le tableau de bord dédié à l’analyse de ces flux indiquaient des dépôts de staking plus importants que les retraits. Un bilan positif estimé à 97 586 unités, soit environ 189 millions de dollars au cours de mai 2023. Et de ce fait, une confirmation de la fidélité des amateurs de rendements passifs.

Kraken, Grande perdante de la mise à niveau Shanghai

Toutefois, une lecture plus approfondie des données dégageait aussi certaines tendances majeures. En effet, la plateforme Kraken apparaissait comme la victime directe de la répression menée par la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis à son encontre. Car elle figurait en tête des retraits opérés depuis Shanghai, avec 26,7% à elle seule.

Graphique des retraits de staking Ethereum par plateforme, Kraken en tête avec 26,7%

Dans le même temps, l’ETH en attente de retrait ne représentait plus que 1,48% du total alors bloqué. Avec pour première source de cette hémorragie sous contrôle la plateforme Coinbase et ses 55 000 ETH prêts à quitter le navire, sur fond de relations elles aussi houleuses avec la SEC.

Un marché au sein duquel Lido confirmait sa dominance sans faille, avec presque un tiers (29,8%) des dépôts via son option de staking liquide stETH, et 6 millions d’ETH verrouillés en mai 2023.

Trois ans plus tard, le pari du staking a été confirmé. Le 4 août 2026, environ 41,4 millions d’ETH étaient jalonnés, soit près de 34% de l’offre en circulation, un record. La contrepartie est un rendement en baisse, l’émission par validateur diminuant à mesure que les participants affluent : l’APR de base tournait autour de 2,7% début août 2026, contre plus de 5% en juin 2023. Lido n’y pèse plus qu’environ 23% du total jalonné, contre 12% pour Coinbase au premier trimestre 2026.

La mise à niveau Pectra du 7 mai 2025 a par ailleurs relevé, via l’EIP-7251, le solde effectif maximal d’un validateur de 32 à 2 048 ETH, permettant la consolidation des validateurs. Et les files d’attente ont remplacé les craintes de 2023 : à l’été 2026, la file de sortie était vide quand la file d’entrée dépassait 2,3 millions d’ETH, pour une quarantaine de jours d’attente. Grayscale, enfin, a activé le staking dans ses ETF Ethereum au comptant le 6 octobre 2025, une première aux États-Unis.

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