Depuis quelques jours, tout l’écosystème des cryptomonnaies avait le regard rivé sur le réseau Ethereum. Cette blockchain se préparait à une nouvelle étape historique en lien à son passage au Proof of Stake (The Merge) : la mise à niveau Shanghai. Avec comme principal ajout, la possibilité pour ses centaines de milliers de validateurs de retirer leurs cryptomonnaies ETH bloquées, pour certains depuis décembre 2020.

Une situation inédite, à l’origine de nombreuses analyses. Avec comme principal risque envisagé, un possible retrait massif de ces fonds numériques. Surtout si l’on considère que depuis quelques semaines, une baisse notable des dépôts avait été enregistrée sur fond de pressions réglementaires. Alors, qu’en est-il réellement ?

Ethereum, Atterrissage confirmé à Shanghai

Tout semble s’être passé pour le mieux. Le 12 avril 2023 à 22h27 UTC, soit minuit et demi en France, à l’epoch 194 048, la mise à niveau Shanghai a été lancée avec succès sur le réseau Ethereum. Une version plus précisément nommée « Shapella » par les développeurs de cette blockchain, car elle « combine les modifications apportées à la couche d’exécution (Shanghai), à la couche de consensus (Capella) et à l’API Engine. » Avec comme véritable changement notable, « la possibilité pour les validateurs de retirer leur mise de la Beacon Chain vers la couche d’exécution. »

Comme tout ce qui touche au développement d’Ethereum, cette procédure inquiétait autant qu’elle excitait. Car cette ouverture des retraits entrainait le risque potentiel d’une hémorragie de « unstaking » de cryptomonnaies ETH censées sécuriser ce réseau. Cela du fait de l’intérêt réglementaire porté sur ce type d’investissements passifs depuis le début de l’année par la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine. De toute évidence, le débordement a été évité.

« Nous sommes à une étape où les parties les plus difficiles et les plus rapides de la transition du protocole Ethereum sont pratiquement terminées. Des choses très importantes doivent encore être faites, mais elles peuvent être réalisées en toute sécurité à un rythme plus lent. »

Vitalik Buterin

Etherem, Des opérations de « unstaking » sous contrôle

En effet, selon le site d’analyse on-chain beaconcha.in, les retraits effectués dans les premières heures de cette mise à niveau Shapella restent dans les clous. Car ce mouvement de unstaking représente, sur les vingt-quatre premières heures, près de 89 000 ETH (environ 170 millions de dollars), soit 0,4 % des 18,14 millions d’ETH recensés en staking à la veille du fork, le 11 avril 2023. C’est-à-dire toujours moins des 1 % annoncés comme maximum par la structure d’analyse Glassnode.

Graphique de l'unstaking Ethereum montrant les retraits de validateurs après Shanghai *Unstaking de cryptomonnaies ETH, Source : beaconcha.in*

Quoi qu’il arrive, le risque de bank run n’est pas à l’ordre du jour. Car des règles précises sont inscrites dans le code même de ces smart contracts de staking afin d’éviter tout débordement. Un validateur peut retirer la part de son solde dépassant 32 ETH, ou sortir complètement pour récupérer l’intégralité de sa mise.

Mais de toute manière la véritable sécurité est ailleurs. Car à la mi-avril 2023, la grande majorité des déposants sont loin d’être bénéficiaires, l’ETH évoluant autour de 1 900 $, sous le seuil des 2 000 $. De ce fait, toute procédure de revente se ferait à perte…

Mise à jour : la vague de ventes redoutée n’a jamais eu lieu. Les dépôts ont rapidement dépassé les retraits, avec un record de 19,2 millions d’ETH stakés dès fin avril 2023. Le mouvement ne s’est plus interrompu : début août 2026, environ 41,4 millions d’ETH sont jalonnés, soit près de 34 % de l’offre en circulation. Revers de la médaille, le rendement du staking natif est retombé autour de 2,7 % par an, pour quelque 893 000 validateurs actifs. L’ETH, lui, s’échange autour de 1 914 $.

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