The Sandbox est un métavers de jeu où les utilisateurs créent, possèdent et monétisent des expériences en voxels sur des parcelles de terrain virtuel vendues sous forme de NFT. Née du studio mobile français Pixowl, la plateforme a incarné l’euphorie métavers de 2021 avec une levée de 93 M$ menée par SoftBank. Cinq ans plus tard, le token SAND s’échange environ 99 % sous son sommet et la société a subi une restructuration profonde en 2025.
Au programme
- Fondée en 2011 comme studio mobile Pixowl par les Français Arthur Madrid et Sébastien Borget, la société est rachetée par Animoca Brands en 2018 pour 4,9 M$.
- En novembre 2021, The Sandbox lève 93 M$ auprès de SoftBank Vision Fund 2 et revendique 165 partenariats de marques, dont Gucci, Snoop Dogg, Ubisoft et Carrefour.
- En août 2025, plus de 50 % des 250 salariés sont licenciés, les fondateurs quittent la direction et le SAND vaut environ 0,04 $ mi-2026, contre 8,40 $ au sommet.
Qui a fondé The Sandbox et d’où vient la société ?
L’histoire commence en mai 2011 à San Francisco. Deux entrepreneurs français, Arthur Madrid (CEO) et Sébastien Borget (COO), fondent Pixowl avec le game designer Adrien Duermaël. Le studio publie des jeux mobiles, dont la première version de The Sandbox, un jeu de construction en 2D. Avant son rachat, Pixowl cumule plus de 40 millions de téléchargements et environ 1 million d’utilisateurs actifs mensuels, selon Animoca Brands.
En août 2018, le groupe hongkongais Animoca Brands acquiert Pixowl pour 4,875 M$, payés à environ 10,7 % en cash et le reste en actions, selon le communiqué ASX de l’époque. L’objectif affiché est de transformer la licence en plateforme 3D décentralisée. Le projet pivote alors vers la blockchain : parcelles LAND vendues en préventes dès la fin 2019, puis lancement du token SAND en août 2020 via une vente publique sur le launchpad de Binance.
Que fait concrètement The Sandbox ?
The Sandbox combine trois briques : un éditeur d’objets voxels (VoxEdit), un outil de création de jeux sans code (Game Maker) et une carte de 166 464 LANDs, des parcelles NFT au standard ERC-721 émises sur Ethereum et migrables vers Polygon, selon la documentation officielle. Les propriétaires y déploient des expériences jouables et peuvent les monétiser.
Le modèle économique repose sur la vente de LANDs et d’actifs, les frais de marché et le token SAND, utilisé pour les transactions, le staking et la gouvernance. Les LANDs s’échangent aussi sur des places de marché secondaires comme OpenSea. Ce positionnement rattache The Sandbox au segment GameFi, avec une promesse de propriété réelle des actifs numériques par les joueurs.
La stratégie commerciale a beaucoup reposé sur les marques et les célébrités. Snoop Dogg y a lancé son « Snoopverse » fin 2021, Ubisoft a annoncé en février 2022 l’arrivée de ses Lapins Crétins, Gucci y a ouvert son expérience Gucci Vault en 2022, et Carrefour a acheté une parcelle en janvier 2022. Au moment de la levée de 2021, la société revendiquait plus de 165 partenariats de propriétés intellectuelles.
Combien The Sandbox a-t-il levé et que vaut le SAND ?
Le sommet arrive le 2 novembre 2021 : The Sandbox annonce une levée de 93 M$ menée par SoftBank Vision Fund 2, premier investissement crypto du fonds japonais, aux côtés d’une vingtaine d’investisseurs dont Animoca Brands et Galaxy Interactive. La plateforme compte alors plus de 500 000 wallets enregistrés, 12 000 propriétaires de LAND et 144 M$ de volume de ventes cumulé.
Trois semaines plus tard, le 24 novembre 2021, le SAND touche son record historique à 8,40 $, pour une capitalisation qui atteindra 6,2 Md$. La tokenomics prévoit une offre maximale de 3 milliards de SAND, aujourd’hui intégralement en circulation. En juin 2024, la société lève encore 20 M$ en obligations convertibles auprès de Kingsway Capital et Animoca Brands, sur une valorisation plafonnée à 1 Md$, et revendique 5,7 millions de comptes liés à un wallet.
Mi-août 2026, le SAND s’échange autour de 0,039 $, soit 99,5 % sous son sommet, pour une capitalisation d’environ 118 M$ au 229e rang mondial, selon CoinGecko. Au total, la société a levé environ 300 M$ en huit ans, d’après CoinDesk.
Que s’est-il passé en 2025 et 2026 ?
L’année 2025 marque une rupture. Fin août, CoinDesk révèle que plus de 50 % des quelque 250 salariés sont licenciés, avec la fermeture des bureaux d’Argentine, d’Uruguay, de Corée du Sud, de Thaïlande, de Turquie et du site historique de Lyon. Animoca Brands prend le contrôle opérationnel : Robby Yung devient CEO, Arthur Madrid est relégué à la présidence du conseil et Sébastien Borget devient ambassadeur mondial.
Selon la presse spécialisée, l’activité réelle est alors tombée à quelques centaines d’utilisateurs actifs quotidiens hors événements, un chiffre que conteste Animoca. Un projet de launchpad de memecoins sur la blockchain Base est aussi évoqué, signe d’une diversification au-delà du seul métavers.
Côté produit, la plateforme a tenu deux saisons Alpha en 2025, une première : la saison 5 au printemps avec plus de 40 expériences et 1 M$ de récompenses, puis la saison 6 lancée le 24 septembre avec le Cirque du Soleil en tête d’affiche. Les deux saisons cumulent 144 000 joueurs participants selon le bilan officiel.
En 2026, le cap est mis sur le contenu communautaire : plus de la moitié du contenu des saisons doit venir des utilisateurs, avec une première collection d’avatars communautaires lancée en février. La gouvernance passe par une DAO qui a adopté une vingtaine de propositions en 2025.
Quelle place dans l’écosystème crypto ?
The Sandbox reste, avec Decentraland, l’un des deux métavers blockchain les plus connus, et le mieux financé du segment. Sa force tient à l’adossement au groupe Animoca Brands et à une communauté de créateurs revendiquée à 400 000 personnes. Sa faiblesse est connue : l’écart entre les 8 millions de comptes revendiqués et une activité quotidienne réelle très faible, symptomatique du reflux général documenté dans notre enquête sur les terrains abandonnés du métavers.
La valeur des LANDs illustre ce reflux : les parcelles ont perdu l’essentiel de leur prix depuis 2022. Notre panorama des survivants du GameFi et notre guide pour évaluer un projet NFT donnent des grilles de lecture utiles, tout comme notre guide du métavers.
Chiffres clés
- 2011 : fondation de Pixowl à San Francisco par Arthur Madrid et Sébastien Borget.
- 2018 : rachat par Animoca Brands pour 4,875 M$, pivot blockchain engagé.
- 2020 : lancement du token SAND via Binance Launchpad en août.
- 2021 : levée de 93 M$ menée par SoftBank Vision Fund 2 ; ATH du SAND à 8,40 $ le 24 novembre.
- 2022 : parcelle achetée par Carrefour, expériences Gucci Vault et Snoopverse, partenariat Ubisoft.
- 2024 : levée de 20 M$ en convertibles, valorisation plafonnée à 1 Md$ ; 5,7 millions de comptes avec wallet.
- 2025 : deux saisons Alpha, 144 000 joueurs cumulés ; licenciement de plus de 50 % des 250 salariés en août, Robby Yung devient CEO.
- 2026 : SAND autour de 0,039 $ mi-août, capitalisation d’environ 118 M$, offre de 3 milliards de tokens entièrement en circulation.
Questions fréquentes
Qui possède The Sandbox aujourd’hui ?
The Sandbox est une filiale du groupe hongkongais Animoca Brands, qui a racheté le studio Pixowl en 2018 pour 4,875 M$. Depuis la restructuration d’août 2025, Animoca exerce aussi le contrôle opérationnel direct : son dirigeant Robby Yung a pris le poste de CEO, tandis que les cofondateurs français Arthur Madrid et Sébastien Borget occupent des rôles non exécutifs de président du conseil et d’ambassadeur mondial.
À quoi sert le token SAND ?
Le SAND est le token utilitaire de la plateforme : il sert de monnaie d’échange pour acheter LANDs, avatars et actifs, alimente les récompenses des saisons Alpha, permet le staking et donne accès à la gouvernance via la DAO. Son offre est plafonnée à 3 milliards d’unités, désormais toutes en circulation. Mi-2026, il s’échange autour de 0,039 $, environ 99,5 % sous son record de novembre 2021.
The Sandbox est-il encore utilisé en 2026 ?
L’activité est très inférieure au pic de 2021-2022. Les saisons Alpha 2025 ont réuni 144 000 joueurs cumulés et l’audience quotidienne hors événements se limiterait à quelques centaines d’utilisateurs actifs, un chiffre contesté par Animoca Brands. La société mise désormais sur le contenu créé par les utilisateurs et sur une diversification au-delà du métavers.
Quinze ans après la fondation de Pixowl, The Sandbox résume à lui seul le cycle du métavers : ascension fulgurante portée par 93 M$ de SoftBank et des partenariats de prestige, puis reflux brutal de l’activité et reprise en main par Animoca Brands. La plateforme survit, financée et dotée d’une base de créateurs réelle. Son avenir dépend de sa capacité à générer un usage durable au-delà des saisons événementielles.
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Sources
- Animoca Brands, acquisition de Pixowl, communiqué ASX, 2018
- Animoca Brands, The Sandbox lève 93 M$ avec SoftBank Vision Fund 2, 2021
- Animoca Brands, financement de 20 M$ à 1 Md$ de valorisation, 2024
- CoinDesk, The Sandbox coupe 50 % de ses effectifs, 2025
- The Sandbox, documentation officielle, About, 2026
- The Sandbox, documentation officielle, LAND, 2026
- CoinGecko, fiche The Sandbox SAND, 2026
- PlayToEarn, The Sandbox 2025 Year-in-Review, 2026
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