L’univers des cryptomonnaies est encore jeune et en plein développement. Une réalité qui en fait le terrain de jeu privilégié des scams et autres fraudes, en relation ou non à des activités criminelles. Cela en grande partie du fait de la liberté au centre de sa philosophie, sur fond de décentralisation, une noble motivation détournée à des fins peu glorieuses. Raison pour laquelle des acteurs de cet univers s’organisent pour en limiter les conséquences négatives.
L’expérimentation d’une forme d’autonomie s’accompagne d’une nécessité de contrer les actions malveillantes qui profitent de ce vide de répression. Un constat qui n’épargne pas les cryptomonnaies, prises entre les scams et le blanchiment d’argent.
Une alliance contre les fraudes crypto
Raison pour laquelle la plateforme Binance a annoncé, le 27 août 2020, son association avec la société de confidentialité des données Oasis Labs. Cela dans le but de développer un outil au service de la prévention et de l’analyse des fraudes liées aux cryptomonnaies. Nom exact : la CryptoSafe Alliance, menée par Binance, dont Oasis Labs est le membre inaugural et le principal fournisseur d’infrastructure.
Cette structure se présente comme une alliance au service du combat contre la fraude. Elle revendique une portée mondiale sur fond de collaboration et de décentralisation. Elle est annoncée comme ouverte aux acteurs de la cryptosphère (plateformes d’échange, protocoles, experts en cybersécurité, sociétés de conformité) souhaitant contribuer à assainir cet écosystème.
« *La plateforme CryptoSafe est une plateforme ouverte, collaborative et décentralisée de rapport d’incident et de réponse.*Elle se concentre sur la surveillance en temps réel et le partage d’informations, le signalement des adresses malveillantes et des transactions suspectes. Cela pour lutter contre la fraude, le vol et le blanchiment de cryptomonnaies ainsi que pour améliorer les normes de l’industrie en matière de sécurité et de défense contre les acteurs malveillants. », CryptoSafe.org
Le but annoncé est de dresser une liste noire, alimentée par les membres, des adresses liées à des activités criminelles : blanchiment d’argent, fraude, extorsion, vol avéré et hacks. Une base que chaque projet pourra intégrer à ses services pour protéger ses utilisateurs.
La finalité étant d’analyser en temps réel les activités suspectes tout en préservant la confidentialité des informations traitées. Cela en s’appuyant sur l’Oasis Network et le kit de développement Parcel d’Oasis Labs, censé permettre aux membres de partager des signalements sans exposer leurs données à des concurrents.
Le tout reposant sur une participation communautaire : les membres actifs bénéficieront de ces services gratuitement, seules les structures qui se contentent d’en consommer les produits finaux étant facturées.
Avec le recul, l’initiative n’a plus donné lieu à aucune communication publique après ce lancement d’août 2020 : ni liste de membres, ni bilan chiffré publiés par Binance ou Oasis Labs. Elle n’a jamais été officiellement arrêtée, mais rien ne permet d’affirmer qu’elle fonctionne aujourd’hui à l’échelle annoncée.
-
ÉCONOMIE & MACROPCE : l'inflation core stagne à 3,3 %, la Fed attendue