La peur de la dépréciation monétaire réoriente les flux des investisseurs. Selon l’analyste ETF de Bloomberg, Eric Balchunas, le retour des fonds indiciels adossés à l’or et au Bitcoin parmi les dix ETF les plus échangés signale que la « dépréciation monétaire » remplace la frénésie autour de l’IA comme thème dominant des marchés. Un signal fort, alors que le cuivre atteint des sommets historiques.
Au programme
- Le cuivre clôture à un plus haut historique de 6,71 $ la livre sur le Comex
- L’or vise 4 800 $ selon Deutsche Bank après 5 semaines de hausse consécutive
- Bitcoin dépasse brièvement les 81 000 $, son plus haut niveau depuis mai
Quel rôle joue la dépréciation monétaire dans cette rotation du marché ?
La dépréciation monétaire décrit la perte de pouvoir d’achat d’une devise gonflée par la dette. Les investisseurs se repositionnent sur des actifs rares, pariant sur l’érosion du dollar. L’or, l’argent et le Bitcoin progressent sur cette même crainte. Les contrats à terme sur le cuivre se sont établis à 6,71 $ la livre sur le Comex, un record historique. La hausse atteint environ 1,6 % sur la séance. Cette logique rappelle le débat sur le débouclement du « debasement trade » lorsque l’or, l’argent et le Bitcoin chutaient ensemble.
Le Trésor américain a doublé la taille maximale de son programme de rachats d’obligations, la faisant passer de 2 à 4 milliards de dollars. Les critiques y voient une forme d’assouplissement monétaire déguisée qui pèse sur la devise. L’indice du dollar évolue près de ses plus bas de trois mois. Il enregistre sa troisième semaine de baisse sur quatre. La décision évoque l’avertissement du FMI sur les conséquences de l’impression monétaire excessive.
Pourquoi l’or et le cuivre atteignent-ils des sommets simultanément ?
L’or se négociait autour de 4 666 $ l’once, en route vers son meilleur mois depuis 1999. Le métal jaune a gagné plus de 5 % sur la seule semaine dernière. L’analyste de la Deutsche Bank, Michael Hsueh, estime que l’or pourrait atteindre 4 800 $, prolongeant une hausse entamée il y a trois mois. Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, estime que « la situation financière du gouvernement est à un point d’inflexion ». Cette dynamique s’inscrit dans le mouvement de finance grand public qui change de référence au profit de l’or et du Bitcoin.
Le cuivre combine des facteurs d’offre et monétaires. Les stocks de la London Metal Exchange ont chuté de 14 % depuis fin juillet, à 214 550 tonnes. Le Chili a revu ses prévisions de production à la baisse pour un deuxième trimestre consécutif. Une panne à la fonderie Gresik en Indonésie a tendu davantage le marché. La pénurie alimente la hausse, mais c’est le contexte monétaire qui joue désormais le rôle principal. Les investisseurs traditionnels hésitent toujours entre l’or et le Bitcoin comme valeur refuge.
| Actif | Prix récent | Performance notable |
|---|---|---|
| Cuivre | 6,71 $/livre | Plus haut historique |
| Or | 4 666 $/once | +5 % sur une semaine |
| Argent | 69 $/once | Stable à un niveau élevé |
| Bitcoin | 78 900 $ | +22 % sur la semaine |
Comment Bitcoin profite-t-il de ce retour aux actifs refuges ?
Bitcoin évolue de concert avec les métaux. Le BTC se négocie près de 78 900 $, en hausse de 0,23 % sur 24 heures. La cryptomonnaie a brièvement dépassé les 81 000 $, son plus haut niveau depuis mai. Sa progression de 22 % la semaine dernière constitue son rallye sur trois jours le plus dynamique depuis des années. La dynamique du marché crypto montre une rotation claire entre l’IA et les actifs monétaires.
L’annonce du Trésor a pris les traders baissiers à contre-pied. Les données de CoinGlass montrent que plus de 4 milliards de dollars de positions courtes ont été liquidées lors de la percée haussière. Stephen Coltman, responsable macro chez le gestionnaire d’actifs 21Shares, a déclaré à CNBC que « l’effet de signal envoyé était très puissant ». Le message importe davantage que le montant réel des rachats. Cette résilience confirme la capacité de Bitcoin à détrôner l’or sur le marché des investisseurs traditionnels.
Une seule décision de politique monétaire alimente trois rallyes distincts. Le cuivre bénéficie d’une pression sur l’offre, l’or profite des craintes sur la crédibilité des banques centrales, et Bitcoin d’une compression des positions à découvert. Les investisseurs reviennent aux fondamentaux des actifs refuges dans un contexte de dette américaine sous tension. Cathie Wood souligne d’ailleurs le rôle croissant des stablecoins dans l’économie mondiale, un autre témoignage de la soif de valeur monétaire fiable.
Mise en perspective L’or et le Bitcoin attirent les flux lorsque la crédibilité monétaire vacille. Le retour des ETF sur ces actifs dans le top 10 des fonds les plus échangés reflète une réallocation profonde, pas un simple effet de momentum. La question centrale reste la trajectoire du dollar dans les prochaines semaines.
À retenir
La dépréciation monétaire redessine le paysage des investissements. Les ETF or et Bitcoin retrouvent le haut du classement des échanges, signe d’une rotation loin de l’IA vers la protection du capital. Les traders surveilleront les prochaines opérations de rachats du Trésor américain pour mesurer la pression sur le dollar.
Questions fréquentes
Pourquoi les ETF or et Bitcoin reviennent-ils dans le top 10 des échanges ?
La peur de la dépréciation du dollar pousse les investisseurs vers des actifs rares. Le doublement des rachats d’obligations du Trésor américain, perçu comme un assouplissement monétaire déguisé, accélère cette rotation. Les flux quittent les valeurs technologiques liées à l’IA au profit de la protection du capital.
Quel est le lien entre le programme de rachat du Trésor et la hausse du Bitcoin ?
L’annonce a déclenché une compression massive des positions courtes : plus de 4 milliards de dollars de liquidations en quelques jours. Stephen Coltman, de 21Shares, qualifie l’effet de signal de « très puissant », le montant des rachats important moins que le message envoyé aux marchés.
L’or peut-il vraiment atteindre 4 800 $ l’once ?
Michael Hsueh, analyste chez Deutsche Bank, estime que oui. L’or se négocie autour de 4 666 $ après un gain de plus de 5 % en une semaine, en route vers son meilleur mois depuis 1999. La dynamique repose sur la perte de crédibilité monétaire davantage que sur les fondamentaux physiques du métal.
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