Coinhouse, la plateforme française de services crypto, a obtenu son agrément d’établissement de paiement auprès de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR). Cette annonce, datée du 25 juillet 2026, intervient quelques mois après l’obtention par Coinhouse de son agrément MiCA PSCA, un statut qui lui permet déjà de proposer une gamme étendue de services crypto dans toute l’Union européenne. Avec ce nouveau feu vert du régulateur bancaire français, Coinhouse franchit un cap supplémentaire pour solidifier son offre autour des stablecoins.
Au programme
- Un premier agrément d’établissement de paiement accordé par l’ACPR à une plateforme crypto française déjà titulaire d’un agrément MiCA, créant un précédent réglementaire en Europe.
- L’intégration future de services de paiement en USDC avec un IBAN français, plaçant Coinhouse au cœur d’un marché des stablecoins en pleine expansion.
- Une avance concurrentielle décisive sur les autres plateformes françaises, dont Binance France, qui n’ont pas obtenu ce double statut MiCA et ACPR.
L’agrément obtenu est distinct du statut de PSAN ou de l’agrément MiCA pour les prestataires de services sur crypto-actifs. Il s’agit d’une autorisation délivrée par l’ACPR, le superviseur bancaire français, pour exercer des activités de services de paiement. Ce type d’agrément est un prérequis pour traiter directement des flux en euros adossés à l’émission et à la gestion de stablecoins, ouvrant la voie à des transactions de détail plus fluides. Cette étape stratégique permet à la plateforme d’élargir considérablement ses services de paiement, en se positionnant comme un acteur réglementé de premier plan sur le marché des stablecoins en France. La plateforme détenait déjà un statut de PSAN historique depuis 2020, transformé en agrément MiCA au printemps 2026, ce qui en fait la plus ancienne plateforme de l’écosystème crypto français en règle avec la loi.
Quel est l’impact de cet agrément pour les utilisateurs de Coinhouse ?
L’obtention de l’agrément d’établissement de paiement modifie en profondeur la proposition de valeur de Coinhouse, notamment pour une clientèle de détail et professionnelle. Selon les observations de l’écosystème, cet agrément permet de proposer des services de paiement adossés à un IBAN dédié, où les opérations en stablecoins comme l’USDC seront directement convertibles et gérables. Cela implique la possibilité future d’émettre et de recevoir des paiements en euros indexés sur une base stablecoin avec une garantie prudentielle française, une première pour une plateforme enregistrée en France.
Concrètement, cet agrément positionne Coinhouse à l’intersection de la banque et de la crypto, en lui permettant d’intégrer dans son interface des fonctions de tenue de compte de paiement, d’exécution de virements et de prélèvements. Ce modèle est comparable à ce que propose l’émetteur de l’USDC, Circle, qui a récemment obtenu un agrément bancaire fédéral aux États-Unis pour encadrer son stablecoin de 73,2 milliards de dollars. Pour un utilisateur français, cela signifie une simplification notable des flux entre un compte bancaire classique et son portefeuille crypto, avec la possibilité de régler un achat directement en USDC depuis son solde stablecoin chez Coinhouse.
Pourquoi l’ACPR a-t-elle accordé cet agrément à cette date charnière ?
L’octroi de cet agrément en juillet 2026 s’inscrit dans un calendrier réglementaire serré pour l’industrie crypto en Europe. Le premier jalon obligeait tous les PSAN à déposer une demande d’agrément MiCA pour le 30 juin, un tournant qui a mis en difficulté des acteurs comme Binance France, dont la demande n’avait pas abouti à cette date. Le second, au 1er juillet 2026, marque désormais la fin de la période transitoire PSAN/CASP, obligeant les plateformes sans agrément MiCA complet à cesser leur activité en France. Coinhouse, qui a décroché son agrément MiCA avant cette échéance, se distingue à nouveau en obtenant un agrément bancaire additionnel, un fait suffisamment rare pour être noté.
Lecture CryptoActu L’agrément ACPR obtenu par Coinhouse représente un signal fort envoyé au marché : Paris continue de structurer un cadre pour les plateformes crypto intégrant des services bancaires, à l’instar de ce qui se dessine pour des acteurs comme Sony Bank aux États-Unis. La juxtaposition de l’agrément MiCA et de cet agrément ACPR fait de Coinhouse un modèle hybride entre une banque et une plateforme d’actifs numériques, un cas d’école pour les candidats à l’agrément PSAN.
L’ACPR a accordé ce sésame en considérant le profil de risque de Coinhouse : un historique de conformité solide depuis 2020, une capitalisation renforcée, et un modèle économique centré sur les stablecoins, des actifs régulés sous MiCA depuis le 30 juin 2024. L’obtention de cet agrément peu après MiCA indique une volonté de l’ACPR de faire émerger en France des champions régulés, plutôt que de laisser le marché des stablecoins à des acteurs étrangers non européens.
Comment cet agrément différencie-t-il Coinhouse de ses concurrents ?
Ce double agrément : MiCA PSCA et établissement de paiement : crée une barrière à l’entrée significative pour les autres plateformes françaises. En 2026, peu d’acteurs en France cumulent ces deux statuts. L’obtention de licences multiples est une tendance lourde chez les exchange internationaux, comme l’a démontré OKX avec son agrément MiCA, mais ce nouvel agrément bancaire confère à Coinhouse une avance sur des services de type compte de paiement et stablecoin que les concurrents comme Bitpanda ou Binance France ne peuvent pas encore proposer sous ce statut précis.
Ce positionnement permet à Coinhouse de revendiquer une couverture réglementaire complète, allant de la conservation d’actifs numériques à la gestion de liquidités en euros, ce qui la rapproche d’une offre bancaire de détail. Cette stratégie de différenciation est renforcée par le fait que Coinhouse génère désormais un IFU (Imprimé Fiscal Unique) automatique pour ses clients, une fonctionnalité qui prend tout son sens avec la gestion de comptes de paiement en stablecoins. À l’échelle européenne, cette double autorisation place Coinhouse dans une catégorie très restreinte, aux côtés de filiales de grands groupes comme Zodia Custody qui a récemment étendu sa licence au Luxembourg, mais sans l’agrément de paiement français.
À retenir
Avec ce nouvel agrément ACPR, Coinhouse complète un arsenal réglementaire unique sur la place de Paris, et élargit sa capacité à proposer des services de paiement intégrés aux stablecoins. La plateforme, déjà en règle avec le règlement MiCA depuis le printemps, devient le premier acteur français à cumuler agrément PSCA et agrément d’établissement de paiement. La prochaine étape pour l’écosystème sera d’observer comment ce modèle sera reproduit ou contesté par d’autres acteurs majeurs cherchant à s’implanter en France.
Questions fréquentes
En quoi l’agrément ACPR diffère-t-il de l’agrément MiCA déjà détenu par Coinhouse ?
L’agrément MiCA PSCA autorise les services sur crypto-actifs à l’échelle européenne. L’agrément ACPR, délivré par le superviseur bancaire français, permet d’exercer des services de paiement comme la gestion de virements et de prélèvements en euros. C’est ce second agrément qui ouvre la voie à un IBAN dédié et aux paiements en USDC.
Proposer un IBAN pour des paiements en USDC est-il une première en France ?
Oui. Aucune plateforme crypto enregistrée en France ne cumulait jusqu’ici un agrément MiCA et un agrément d’établissement de paiement. Cette combinaison permet à Coinhouse de proposer un compte de paiement libellé en euros adossé à un stablecoin, ce qui constitue une première dans l’Hexagone avec une garantie prudentielle française.
Quels sont les risques pour une plateforme crypto qui ne détient que l’agrément MiCA sans l’agrément ACPR ?
Une plateforme disposant uniquement de l’agrément MiCA peut proposer des services de conservation et d’échange de crypto-actifs, mais ne peut pas gérer directement des flux de paiement en euros. Sans agrément ACPR, elle doit s’appuyer sur un partenaire bancaire tiers pour proposer des services de type IBAN, ce qui limite son autonomie et sa chaîne de valeur.
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