La Chine vient de faire approuver une norme internationale pour le blockchain as a service (BaaS) par l’Organisation internationale de normalisation (ISO). 6 pays supplémentaires participeront à son élaboration : Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Japon, Portugal et Ouganda. Le cadre technique unifié couvre l’infrastructure réseau, la gestion des smart contracts et la sécurité des données.

Au programme

  • Une norme ISO portée par la Chine pour standardiser les plateformes BaaS au niveau mondial
  • Trois axes techniques majeurs : infrastructure réseau, gestion des services et sécurité des données
  • Un positionnement stratégique qui prolonge les investissements blockchain massifs de Pékin à l’international

Quels sont les 3 piliers de cette norme BaaS ?

Le texte, officiellement intitulé « Blockchain and distributed ledger technology: Technical framework and functional requirements for blockchain as a service », structure ses exigences autour de trois domaines. Le premier pilier concerne l’infrastructure et le réseau : il standardise la construction et l’exploitation des ressources sous-jacentes ainsi que le réseau blockchain lui-même. Le cadre impose une architecture de blockchain lisible par tous les acteurs, du fournisseur cloud au client final.

Le deuxième pilier porte sur la gestion des services et les contrats intelligents. Il unifie le catalogue des services de la plateforme et le processus de gestion du cycle de vie des contrats. L’objectif est qu’une entreprise puisse comparer des offres BaaS de fournisseurs différents sans réapprendre un nouveau vocabulaire technique. Une préoccupation d’interopérabilité que l’on retrouve dans les initiatives de grands groupes comme Citi, qui expérimentent la tokenisation sur des registres partagés. Le troisième pilier traite de l’interaction des données et de la sécurité, en spécifiant l’accès aux données on-chain, la protection de la vie privée et les mécanismes de conformité. Une approche qui rappelle l’usage de la blockchain comme outil de surveillance déjà expérimenté par Pékin.

Pourquoi la Chine pousse-t-elle cette norme à l’ISO ?

Pékin ne cache pas son ambition de structurer les standards technologiques mondiaux. L’approbation de cette norme intervient dans un contexte d’investissements publics massifs : la seule ville de Guangzhou a engagé 141,7 millions de dollars dans des projets blockchain. En obtenant la direction de ce groupe de travail ISO, la Chine place ses industriels en position de référents.

L’absence des États-Unis parmi les participants est notable. La norme sera rédigée par un groupe dominé par des pays européens, asiatiques et africains. Pour la Chine, il s’agit aussi de proposer un contre-modèle à l’approche américaine, davantage portée par des consortiums privés. La Cour suprême chinoise a d’ailleurs préparé des règles pour le contentieux crypto, ce qui témoigne d’un encadrement juridique pensé en parallèle de la normalisation technique. Cette stratégie globale pourrait révolutionner l’écosystème bien au-delà de ses frontières.

Quelles conséquences pour les entreprises et développeurs ?

Une norme BaaS facilite le choix des entreprises. La standardisation technique est un prérequis pour les déploiements à grande échelle, à l’image de ce que 17 banques testent avec Swift autour d’un registre blockchain. Une plateforme certifiée ISO pourra être intégrée plus facilement dans les appels d’offres publics et les systèmes d’information d’entreprises régulées.

Pour les développeurs, l’impact est double. D’un côté, les API et interfaces standardisées simplifient la portabilité des applications. De l’autre, cette norme pourrait rigidifier certains choix techniques. La question de l’ouverture aux protocoles DeFi et aux intents basés sur des solveurs décentralisés reste entière. Le calendrier de publication de la norme finale n’a pas encore été communiqué. Les groupes de travail ISO suivent généralement un cycle de 24 à 36 mois avant publication.

Lecture CryptoActu L’initiative chinoise est cohérente avec la stratégie de Pékin : peser dans les instances de gouvernance technique mondiale pour contourner l’hégémonie des standards portés par les entreprises américaines. Reste à voir si les implémentations concrètes de cette norme BaaS sauront convaincre les développeurs au-delà du cercle institutionnel.

À retenir

La Chine a obtenu le feu vert de l’ISO pour une norme BaaS co-élaborée avec 6 autres pays. Elle fixe des exigences sur l’infrastructure réseau, la gestion des services et la sécurité des données. C’est une avancée vers l’interopérabilité mondiale, mais aussi un marqueur de l’influence chinoise dans la gouvernance technique de la blockchain, comme l’illustre l’intérêt des dynasties du Golfe pour cette technologie.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une norme ISO pour la blockchain ?

Une norme ISO pour la blockchain est un standard technique international qui définit des spécifications communes pour garantir l’interopérabilité, la sécurité et la qualité des services blockchain. Elle est élaborée par consensus entre les pays membres de l’ISO, comme le projet BaaS porté par la Chine avec 6 autres nations.

Quels sont les avantages concrets d’une norme BaaS pour une entreprise ?

Une norme BaaS permet à une entreprise de choisir un fournisseur sans risque de dépendance propriétaire. Elle facilite la comparaison des offres, simplifie les audits de sécurité et accélère l’intégration dans les systèmes existants, un peu comme le standard ISO 27001 pour la sécurité de l’information.

La France participe-t-elle à l’élaboration de cette norme ISO ?

Non, la France ne figure pas parmi les 7 pays participants au groupe de travail ISO dirigé par la Chine. Les membres actuels sont l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Japon, le Portugal et l’Ouganda, aux côtés de Pékin.

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