En octobre 2019, le district de Huangpu et la zone de développement de Guangzhou, érigés par le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information en base logicielle de référence pour la blockchain, ont annoncé un fonds de subvention d’un milliard de yuans, soit environ 141,7 millions de dollars de l’époque.
La Chine accélère la cadence pour adopter la blockchain
De grands projets se préparaient fin 2019 dans ces zones du Guangdong, à une centaine de kilomètres de Hong Kong et de Macao. D’après le média officiel China Daily, le gouvernement local prévoyait une subvention d’un milliard de yuans pour le développement de la blockchain dans ces zones pilotes, avec des règles d’application publiées le 28 octobre 2019. Elle suivait de quatre jours la session d’étude du Bureau politique du Parti communiste du 24 octobre 2019, où Xi Jinping avait qualifié la blockchain de « percée importante » et appelé le pays à en prendre la tête.
L’objectif affiché était d’aider les acteurs du secteur à en exploiter le potentiel, en matière de protection des données comme dans le commerce ou l’administration. Le média justifiait le choix de ces zones par la présence de 300 entreprises impliquées dans la blockchain. Comme l’expliquait Ren Hao, secrétaire général de l’association industrielle de la blockchain de Guangzhou : « en tant que nouvelle technologie utilisée pour le cryptage des données et la protection de la vie privée, la blockchain permettra d’optimiser les processus de métiers, de réduire les coûts pour les entreprises et accroître l’efficacité de la gouvernance ».
BREAKING
Local Guangzhou gov just announced a 10B RMB (~$150M USD) government funding dedicated in « blockchain subsidy » for « outstanding blockchain projects »
More details below
I believe all other local govs will follow, overall capital subsidy can be massive
Dovey 以德服人 Wan ? ? (@DoveyWan) 30 octobre 2019
Le tweet évoquait « 10 milliards de RMB » : le montant officiel est bien d’un milliard de yuans.
Une initiative qui récompense les projets prometteurs
Des dizaines de startups avaient déjà reçu l’appui des institutions pour explorer les usages de cette technologie. Le district avait ainsi récompensé, en octobre 2019, Guangzhou Blackcore Blockchain Technology Co avec 1 million de yuans pour sa « croissance rapide ». Créée en avril 2019, elle appliquait la blockchain à la distribution de jeux en ligne.
Le dispositif prévoyait de soutenir deux projets d’envergure par an, comme le soulignait l’analyste Dovey Wan, avec des plafonds plus élevés pour les blockchains publiques que pour les chaînes privées. Il laissait présager une concurrence entre gouvernements locaux. L’élan tenait à la position de Xi Jinping, favorable aux applications utiles de ces réseaux et à un leadership chinois du secteur. Son discours ne comportait en revanche aucun soutien aux cryptomonnaies : c’est la blockchain d’entreprise, permissionnée, qui était visée.

Le gouvernement chinois cherche à soutenir 2 projets blockchain par an.
La crainte d’un monopole occidental sur la blockchain et les cryptomonnaies, incarnée alors par le projet Libra de Facebook, a nourri cette course à l’adoption. Libra, renommé Diem, a été abandonné en janvier 2022.
La suite a confirmé la distinction posée en 2019. En mai 2021, le Conseil des affaires de l’État a demandé l’arrêt du minage de bitcoin, avant que dix administrations, dont la banque centrale, ne déclarent illégales toutes les transactions en cryptomonnaies le 24 septembre 2021. La part chinoise de la puissance de calcul du réseau Bitcoin, jusque-là majoritaire, s’est effondrée, les mineurs émigrant vers les États-Unis, le Kazakhstan et la Russie.
L’État a en revanche poussé ses propres briques. Le yuan numérique (e-CNY), en test depuis 2020, cumulait 16 700 milliards de yuans de transactions fin novembre 2025 selon la banque centrale, et est rémunéré comme un dépôt à vue depuis janvier 2026. Le Blockchain-based Service Network, lancé en 2020, sert de socle national, sa version internationale proposant des chaînes publiques sans jeton. Hong Kong fait exception, encadrant les plateformes d’échange sous licence depuis 2023 et les émetteurs de stablecoins depuis août 2025.
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