Selon Chainalysis, l’activité crypto on-chain potentiellement imposable a atteint 457 milliards de dollars dans le monde en 2025. Les États-Unis totalisent 112,6 milliards, l’Union européenne 125,1 milliards, dans un total nord-américain de 134,6 milliards. Le cadre de déclaration de l’OCDE, le CARF, ne capture que 14 % de ces flux.

Au programme

  • 457 milliards de dollars d’activité crypto imposable estimés sur 6 blockchains, couverture CARF limitée à 14 %.
  • Amérique du Nord en tête avec 134,6 milliards, devant l’UE (125,1 milliards) et l’Allemagne (24,1 milliards).
  • 86 % des flux taxables échappent au CARF : DeFi, DEX, P2P et auto-garde hors périmètre.

Comment Chainalysis arrive-t-il à 457 milliards de dollars ?

L’estimation repose sur les gains réalisés, les revenus de mining, de staking et de prêt, ainsi que les paiements en cryptomonnaies. Six blockchains majeures sont couvertes : Bitcoin, Ethereum, et les principales chaînes compatibles EVM. Les échanges internes aux plateformes centralisées, invisibles on-chain, n’entrent pas dans le calcul.

Le chiffre est un plancher conservateur. La réalité fiscale est probablement bien supérieure. Les volumes off-chain, notamment le trading interne des CEX, échappent largement à cette analyse. En 2021 déjà, la criminalité crypto représentait 14 milliards de dollars, soit 0,15 % des transactions. Un ordre de grandeur qui confirme l’importance de la traçabilité on-chain pour les autorités fiscales.

Pourquoi le CARF ne couvre-t-il que 14 % des flux ?

Le Crypto-Asset Reporting Framework, développé par l’OCDE, impose aux intermédiaires centralisés de déclarer les données de transactions. Or, 86 % de l’activité taxable identifiée transite par des canaux hors de son périmètre : DEX, transferts pair-à-pair, portefeuilles auto-hébergés, revenus on-chain et paiements directs en cryptomonnaies.

La collecte de données CARF a démarré le 1er janvier 2026 dans 48 juridictions, dont l’Union européenne et le Royaume-Uni. Colby Mangels, ancien conseiller de l’OCDE, note que le cadre a été pensé pour des intermédiaires ayant une relation de garde avec leurs clients. La DeFi, sans opérateur centralisé identifiable, reste structurellement hors champ. Le même angle mort se retrouve dans l’analyse des flux illicites gelés par T3 FCU.

« Le cadre a été conçu autour des intermédiaires qui facilitent les transactions crypto en tant qu’activité commerciale. Une grande partie de la finance décentralisée demeure donc en dehors du périmètre de déclaration. » : Colby Mangels, ancien conseiller OCDE

Quelles régions concentrent l’activité taxable ?

L’Amérique du Nord arrive en tête avec 134,6 milliards de dollars. L’Union européenne suit à 125,1 milliards. Les États-Unis dominent individuellement à 112,6 milliards. L’Allemagne totalise 24,1 milliards, devant la Chine (21 milliards), le Royaume-Uni (19,4 milliards) et l’Inde (19 milliards).

Cette répartition reflète la maturité des écosystèmes locaux. L’Inde a déjà intensifié ses contrôles : la fiscalité crypto y a généré 44 000 avis fiscaux et 104 millions de dollars détectés. Le FBI recensait 20,8 milliards de pertes crypto en 2025, preuve que flux imposables et illicites cohabitent sur les mêmes rails.

L’enjeu dépasse la simple déclaration. Les paiements par cartes crypto atteignent 600 millions de dollars par mois. Visa annonçait déjà 2,5 milliards de dollars de transactions crypto sur un trimestre en 2021.

Lecture CryptoActu Le fossé entre l’activité taxable réelle et ce que le CARF capture révèle une tension de fond. Les régulateurs ont bâti un cadre pour l’économie centralisée, alors que la valeur se déplace vers les protocoles décentralisés et l’auto-garde. Tant que la DeFi restera hors périmètre, l’écart ne pourra que se creuser. La prochaine étape réglementaire suivra probablement la piste AML : considérer certains opérateurs DeFi comme des prestataires déclarants.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le CARF et quand est-il entré en vigueur ?

Le Crypto-Asset Reporting Framework est un standard de déclaration fiscale développé par l’OCDE. Sa collecte de données a démarré le 1er janvier 2026 dans 48 juridictions, dont l’Union européenne et le Royaume-Uni. Il impose aux intermédiaires centralisés de déclarer les informations sur les transactions crypto de leurs clients.

Pourquoi l’activité taxable réelle est-elle si supérieure au chiffre déclaré ?

Chainalysis estime l’activité potentiellement imposable à 457 milliards de dollars, mais le CARF n’en capture que 14 %. L’écart vient de la DeFi, des DEX, des transferts pair-à-pair et de l’auto-garde. Ces canaux échappent au périmètre du cadre, pensé pour les intermédiaires centralisés avec une relation de garde.

Quels pays sont les plus concernés par cette activité taxable ?

Les États-Unis dominent avec 112,6 milliards de dollars d’activité imposable estimée, suivis de l’Allemagne (24,1 milliards), de la Chine (21 milliards), du Royaume-Uni (19,4 milliards) et de l’Inde (19 milliards). L’Amérique du Nord totalise 134,6 milliards et l’Union européenne 125,1 milliards.

À retenir

Chainalysis chiffre à 457 milliards de dollars l’activité crypto imposable on-chain en 2025, un plancher. Le CARF n’en couvre que 14 %, laissant 86 % des flux dans la DeFi, le P2P et l’auto-garde. La collecte de données a débuté en janvier 2026 dans 48 juridictions. Les régulateurs devront décider si les protocoles décentralisés entrent dans le périmètre déclaratif.

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