Le 18 juillet 2026, la Comissão de Valores Mobiliários (CVM), le régulateur des marchés financiers brésilien, a annoncé la formation d’un groupe de travail dédié à la tokenisation de titres. Ce comité est chargé de concevoir un régime expérimental, ou bac à sable, dans un délai de 60 jours, une démarche révélée par Bitcoin.com News. L’initiative intervient alors que le Brésil compte déjà 26 millions de détenteurs d’actifs numériques, posant les jalons d’un marché de la finance tokenisée que la CVM souhaite structurer avant la fin de l’année.

La tokenisation des actifs réels connaît une accélération réglementaire mondiale. Après les initiatives du Royaume-Uni, où la FCA et la Bank of England ont aligné leurs doctrines, et le rapport prospectif du FMI, le Brésil entre dans la danse avec une approche structurée. Des acteurs comme Goldman Sachs dans la tokenisation immobilière montrent que la clarté réglementaire est un prérequis à l’engagement institutionnel.

Pourquoi le Brésil accélère-t-il sur la tokenisation ?

La CVM a officiellement constitué le 18 juillet un groupe de travail chargé de définir les règles applicables aux valeurs mobilières tokenisées. Le régulateur prévoit la mise en place d’un régime expérimental (bac à sable) dans les 60 prochains jours, soit d’ici mi-septembre 2026. Ce dispositif doit encadrer l’émission, la négociation et la conservation de tokens représentant des titres financiers traditionnels.

L’objectif est double : offrir une sécurité juridique aux acteurs locaux et attirer les capitaux institutionnels. L’annonce intervient alors que 84 % des institutions mondiales considèrent la tokenisation comme une priorité stratégique, selon le dernier rapport de Digital Asset Research cité dans notre analyse sur l’adoption institutionnelle.

Le groupe de travail inclut des représentants de la CVM, de la banque centrale brésilienne et des associations de marché. Il devra trancher sur des questions structurantes : éligibilité des actifs sous-jacents, exigences de conservation, interoperabilité avec les infrastructures de marché existantes, et classification juridique des tokens. « C’est une étape fondamentale pour créer un écosystème de tokenisation conforme et efficace », a déclaré un porte-parole de la CVM.

Quel cadre pour le bac à sable brésilien ?

Le régime expérimental brésilien s’inspire des modèles déployés au Royaume-Uni, à Singapour et en Suisse. La CVM souhaite un cadre pragmatique qui permette de tester la tokenisation sur des cas d’usage réels : fractionnement d’actions, obligations d’entreprise, et parts de fonds d’investissement. Ce calendrier serré distingue le Brésil des États-Unis, où le cadre législatif reste en discussion à la Chambre des représentants, comme nous le détaillions dans notre article sur la préparation d’un cadre réglementaire US.

Le pays bénéficie d’un terreau favorable. Il figure parmi les leaders mondiaux de l’adoption des actifs numériques, avec plus de 26 millions de Brésiliens détenant des cryptomonnaies en 2026. La banque centrale a déjà lancé son projet de monnaie numérique de détail, le Drex. Des initiatives comme la tokenisation d’actions par Jump et State Street montrent que les infrastructures de marché s’adaptent à cette nouvelle classe d’actifs. Le marché mondial tokenisé est estimé à 20 000 milliards de dollars, un potentiel que le Brésil entend structurer avec des règles claires.

Quels acteurs pourraient entrer dans le bac à sable ?

Les grandes banques brésiliennes suivent le dossier de près. Itaú Unibanco a déjà expérimenté des émissions tokenisées en 2025 via sa filiale de gestion d’actifs. BTG Pactual, pionnier sur le marché secondaire de titres tokenisés, ambitionne d’étendre ses opérations, à l’image de ce que BBVA a réalisé avec Hamilton Lane en Europe.

La plateforme de tokenisation Liqi, agréée par la CVM, constitue un candidat naturel pour le régime expérimental. La bourse brésilienne B3, qui traite des volumes quotidiens de plus de 3,5 milliards de dollars, examine la faisabilité d’un compartiment dédié aux titres tokenisés. Cette dynamique reflète le mouvement plus large de Wall Street qui passe de l’essai à la production sur la tokenisation. L’enjeu dépasse les frontières brésiliennes : un cadre robuste en Amérique latine pourrait servir de modèle pour d’autres juridictions émergentes, notamment au Vietnam où les PME pourront gager des actifs numériques.

À retenir

La CVM structure la tokenisation au Brésil avec un bac à sable attendu sous 60 jours. Le pays rejoint le Royaume-Uni et Singapour dans la course à l’encadrement d’un marché estimé à 20 000 milliards de dollars. Les propositions du groupe de travail sont prévues pour septembre 2026, avant une consultation publique d’ici la fin de l’année, ouvrant la voie à un cadre opérationnel pour les émetteurs et les investisseurs dès 2027.

Questions fréquentes

Quel est l’objectif du bac à sable de la CVM sur la tokenisation ?

Le régime expérimental doit encadrer l’émission, la négociation et la conservation de tokens représentant des titres financiers (actions fractionnées, obligations, parts de fonds). Piloté par un groupe de travail de la CVM, il vise à proposer des règles sous 60 jours et une consultation publique avant fin 2026.

Quels acteurs brésiliens sont candidats au bac à sable tokenisation ?

Les banques Itaú Unibanco et BTG Pactual, déjà actives sur des émissions tokenisées, la plateforme Liqi agréée par la CVM, et la bourse B3, qui traite 3,5 milliards de dollars par jour, figurent parmi les candidats naturels au régime expérimental brésilien.

Comment le Brésil se positionne-t-il face aux autres juridictions sur la tokenisation ?

Le Brésil rejoint le Royaume-Uni, Singapour et la Suisse en adoptant une approche pragmatique de bac à sable, avec un calendrier accéléré. Cette initiative sud-américaine pourrait servir de référence pour d’autres marchés émergents dans un segment estimé à 20 000 milliards de dollars.

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