Le gestionnaire d’actifs Bitwise dresse un constat inattendu sur le marché crypto actuel : le déclin de 50 % du Bitcoin depuis son sommet constitue le « bear market structurel le plus doux jamais enregistré ». Juan Leon, stratège investissement senior chez Bitwise, compare ce chiffre aux plongeons de 78 % en 2022 et 84 % en 2018, soulignant une tendance de fond où le plancher de marché remonte à chaque cycle. Cette résilience s’explique par l’entrée massive d’investisseurs institutionnels qui transforment la nature des replis.
Pourquoi ce bear market est-il le plus modéré de l’histoire du Bitcoin ?
La réponse tient en un mot : institutionnels. Les clients de Bitwise ayant établi des allocations Bitcoin il y a plus de deux ans considèrent le repli actuel comme une « opportunité de renforcer leurs positions », selon Juan Leon. Ce segment, qui comprend des family offices et des gérants de fortune, utilise le repli pour rééquilibrer et pratiquer le dollar-cost averaging. Cela contraste radicalement avec le sentiment de 2022.
À l’époque, rappelle Leon, la question récurrente des clients était : « la crypto va-t-elle survivre ? ». En juillet 2026, la même clientèle interroge Bitwise sur les points d’entrée et la taille des positions. Ce changement de registre, du survivalisme à l’allocation stratégique, est le marqueur le plus tangible de la maturation du Bitcoin en tant que classe d’actifs.
Dans quelle mesure l’intelligence artificielle siphonne-t-elle les capitaux ?
L’engouement pour l’intelligence artificielle a bien détourné des capitaux qui auraient pu se diriger vers la crypto. Depuis avril 2026, les ETF spécialisés dans les semi-conducteurs (puces mémoire) ont attiré environ 12 milliards de dollars de flux entrants, tandis que les ETF Bitcoin spot au comptant ont subi plus de 4 milliards de dollars de sorties nettes. Un écart de flux de 16 milliards de dollars en trois mois.
Leon refuse pour autant de qualifier l’IA de bulle spéculative. La demande en infrastructures de calcul est réelle, et les mineurs de Bitcoin eux-mêmes se diversifient vers le calcul haute performance, ce qui valide la thèse d’une demande structurelle. Il anticipe un retournement progressif : à mesure que les attentes de dépenses d’investissement (capex) dans l’IA seront digérées par le marché, les valorisations relatives se compresseront et les allocateurs chercheront un actif en baisse de 50 % avec des fondamentaux en amélioration.
Où en sont les signaux techniques de capitulation ?
Plusieurs indicateurs traditionnels de point bas commencent à émerger. D’après les données de marché, les indicateurs de momentum sont en zone de survente et environ la moitié des détenteurs de Bitcoin sont en moins-value latente sur leur investissement. Plus significatif encore, les détenteurs de long terme ont recommencé à accumuler.
Juin 2026 a également enregistré des sorties record sur les ETF Bitcoin spot, ce que Leon interprète comme un signal de capitulation classique. La durée du repli actuel (8 mois) reste inférieure aux 12 à 13 mois des bear markets précédents, ce qui suggère un risque baissier résiduel à court terme. Mais la nature du détenteur marginal a changé : le spéculateur particulier cède la place à l’allocataire professionnel, ce qui ancre un plancher plus élevé à chaque cycle.
Les perspectives macroéconomiques pèsent-elles sur le calendrier de reprise ?
L’inflation persistante a déplacé les anticipations vers des taux directeurs plus élevés, et les tensions géopolitiques ajoutent à l’incertitude générale. Bitwise identifie les prochaines données d’inflation et les réunions de la Réserve fédérale comme des événements macroéconomiques clés.
Sur le front législatif, Leon ne s’attend pas à un vote du Clarity Act avant la pause parlementaire d’août. Ce texte est pourtant jugé crucial : il modifierait la structure d’autorisation pour des milliers de milliards de dollars de capitaux institutionnels encore en attente. Ce constat rejoint celui de Matt Hougan, directeur des investissements de Bitwise, qui estimait la semaine dernière que la crypto approchait de la fin de son marché baissier. Le rapport trimestriel de Bitwise, de son côté, met en avant la croissance continue des infrastructures institutionnelles et l’adoption par les acteurs de la finance traditionnelle.
Lecture CryptoActu
Le bear market 2026 valide une thèse que les données on-chain suggéraient depuis 2023 : le Bitcoin change structurellement de nature. L’allocataire institutionnel ne panique pas, il accumule. Ce n’est pas un détail technique, c’est le mécanisme qui explique pourquoi les drawdowns se réduisent cycle après cycle et pourquoi les narratifs de « mort du Bitcoin » perdent chaque fois en crédibilité. La véritable inconnue n’est plus la survie de l’actif, mais la vitesse à laquelle le capital patient, celui qui attend un cadre réglementaire, basculera.
À retenir
Bitwise documente un bear market historiquement modéré, avec une baisse de 50 % contre 78 % et 84 % lors des cycles précédents. L’adoption institutionnelle modifie la structure même des replis. Le détournement de capitaux vers l’IA, bien que massif (16 milliards de dollars d’écart de flux en 3 mois), n’entame pas les fondamentaux. La prochaine saisonnalité réglementaire, autour du Clarity Act, concentre désormais l’attention des investisseurs en attente de signaux clairs pour s’engager.
Sources
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STABLECOINSPayPal émet PYUSD nativement sur Polygon