Le cofondateur de Zcash et patron de StarkWare, Eli Ben-Sasson, estime que la limite des 21 millions de bitcoins est dépassée et propose un taux d’inflation annuel de 4 % pour assurer la sécurité à long terme du réseau. Cette déclaration, relayée depuis la conférence Bitcoin 2026, a déclenché une levée de boucliers dans la communauté.

Au programme

  • Eli Ben-Sasson propose un taux d’émission de 4 % par an pour le bitcoin
  • La sécurité du réseau après 2140, quand les frais de transaction deviendront l’unique revenu des mineurs, est au cœur du débat
  • La communauté rejette massivement l’idée, rappelant que la rareté est un pilier de la thèse d’investissement Bitcoin

Pourquoi le patron de StarkWare veut-il faire sauter le plafond de 21 millions ?

La proposition d’Eli Ben-Sasson repose sur un constat technique. Après 2140, l’émission de nouveaux bitcoins tombera à zéro. Les mineurs devront alors compter uniquement sur les frais de transaction pour couvrir leurs coûts. Pour le cryptographe, c’est un risque majeur. Un taux annuel de 4 % maintiendrait une incitation économique permanente pour les validateurs.

« Limiter l’offre du Bitcoin n’a plus aucun sens », a-t-il déclaré, estimant que le protocole de StarkWare apporte une solution de mise à l’échelle qui pourrait être combinée à ce nouveau modèle économique. Le débat sur l’inflation de la masse monétaire du bitcoin n’est pas nouveau, mais il prend ici un tournant radical venu d’un expert reconnu en cryptographie.

Cette sortie intervient alors que la supply bitcoin est déjà illiquide à 78 %, ce qui alimente la dynamique de rareté sur les marchés.

Quelle a été la réaction de la communauté Bitcoin ?

La réponse a été quasi unanime : rejet total. La limite des 21 millions est considérée comme sacrée par les bitcoiners. Elle constitue le socle de la proposition de valeur du Bitcoin, celle d’un actif non inflationniste opposé aux monnaies fiduciaires. Les réseaux sociaux et les forums spécialisés ont rapidement tourné la proposition en dérision.

Pour beaucoup, toucher au supply cap reviendrait à transformer Bitcoin en une cryptomonnaie comme une autre. Le précédent de l’affrontement entre partisans des blocs de petite taille et gros blocs lors de la Blocksize War est encore dans toutes les mémoires : toute tentative de modification profonde du protocole déclenche une résistance farouche.

Plus de 53 % de la supply est immobile depuis deux ans, preuve que les détenteurs historiques adhèrent à un horizon d’investissement long terme fondé sur cette rareté garantie.

Cette proposition a-t-elle la moindre chance d’aboutir ?

Techniquement, un tel changement radical nécessiterait un consensus massif des nœuds du réseau. Historiquement, ce type de modification profonde du protocole s’est toujours heurté à un mur. La gouvernance ultra-décentralisée de Bitcoin rend les révisions de ce calibre quasi impossibles en pratique.

43 % des nœuds Bitcoin Core étaient concernés par une faille critique, mais même face à des problèmes de sécurité sévères, les mises à jour majeures restent laborieuses. L’idée de Ben-Sasson semble donc vouée à rester un exercice théorique. Elle met toutefois en lumière une question réelle : qui paiera pour la sécurité du réseau dans un siècle, quand la récompense de bloc sera nulle ?

La tension autour de ce débat illustre aussi les stratégies divergentes au sein des sociétés exposées à Bitcoin, entre celles qui parient sur la seule appréciation du cours et celles qui anticipent une évolution du modèle de sécurité.

À retenir

La proposition d’Eli Ben-Sasson d’indexer Bitcoin sur une inflation annuelle de 4 % a fait l’effet d’un pavé dans la mare. Si la communauté a massivement rejeté l’idée, elle pointe du doigt une interrogation légitime sur le financement de la sécurité du réseau après 2140. Le débat est clos pour l’instant, mais la question des frais de transaction comme seuls revenus des mineurs restera un sujet de discussion technique dans les décennies à venir.

Sources

Signal Neutre
Impact Mineur
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