Deux groupes bancaires argentins développent discrètement des stablecoins en pesos pour le marché institutionnel, contournant l’interdiction de la banque centrale en vigueur depuis 2022. Les holdings BIND Group et Petersen Group préparent chacun un actif numérique adossé au peso via des filiales non-bancaires. Une initiative qui pourrait bouleverser la gestion de trésorerie des entreprises alors que les stablecoins deviennent un outil de paiement global adopté par 37 banques européennes.
Au programme
- Deux holdings bancaires argentines (BIND et Petersen) avancent sur des stablecoins peso via des entités non-bancaires (Bitcoin.com News)
- BIND passe par sa filiale BEN, Petersen s’appuie sur l’infrastructure Lirium et publie un livre blanc pour le DIPE
- Les stablecoins pourraient offrir aux entreprises argentines des paiements programmables dans un contexte où le peso a perdu plus de 90 % de sa valeur en 5 ans
Comparaison des deux projets de stablecoin peso argentin
| Projet | Groupe bancaire | Entité émettrice | Clientèle cible |
|---|---|---|---|
| BEN Peso | BIND Group | BEN (fournisseur de services d’actifs virtuels) | Entreprises et institutionnels |
| DIPE | Petersen Group | Filiale non-bancaire avec Lirium | Entreprises pour trésorerie et crédit garanti |
Quels sont les deux projets de stablecoin peso en cours ?
BIND Group, une holding financière argentine, utilise sa filiale BEN : enregistrée comme fournisseur de services d’actifs virtuels : pour développer un jeton peso destiné aux entreprises. Le projet, révélé par Bitcoin.com News, vise les besoins de trésorerie et les paiements conditionnels programmables. Cette approche illustre comment les stablecoins redéfinissent la finance d’entreprise, comme le montre le guide complet du stablecoin en 2026.
De son côté, Petersen Group a mobilisé Lirium, une infrastructure de services crypto pour institutions, pour développer le DIPE. Un livre blanc a déjà été publié. Le stablecoin cible les usages de gestion de fonds, de règlements programmables et de crédit garanti par collatéral numérique : une approche que Visa propose déjà à 200 millions de commerces avec sa plateforme VSP.
Pourquoi les banques argentines contournent-elles l’interdiction via des filiales ?
Depuis 2022, la banque centrale argentine (BCRA) interdit aux banques privées de proposer directement des services liés aux cryptomonnaies. Une contrainte qui force les groupes financiers à innover par des structures non-bancaires. Le volume des stablecoins comme USDC dépasse désormais 58 milliards de dollars, selon le panorama 2026 du marché, ce qui rend le secteur impossible à ignorer.
Cette architecture en deux vitesses : banque d’un côté, filiale crypto de l’autre : rappelle la stratégie de Samsung qui a intégré USDC dans son wallet Galaxy sans être une banque. Elle permet aux groupes argentins de proposer des services numériques à leurs clients entreprises sans enfreindre la réglementation bancaire tout en testant un marché estimé à plusieurs milliards de dollars. Une logique que MoneyGram suit également avec son stablecoin MGUSD sur Stellar.
Quels cas d’usage pour un stablecoin peso institutionnel ?
Les deux projets visent trois fonctions principales : la gestion de trésorerie en temps réel, les paiements conditionnels automatisés (smart contracts) et le crédit garanti. Un stablecoin peso permet des règlements 24 heures sur 24, contrairement au système bancaire argentin où les délais de compensation peuvent dépasser 48 heures. Cette quête de rendement stable rejoint la logique des Stable Vaults lancés par Aave pour un rendement garanti.
Le contexte monétaire donne un relief particulier au projet. Le peso argentin a perdu plus de 90 % de sa valeur face au dollar en 5 ans, et l’inflation annuelle dépasse encore 100 % en 2026 selon les données du FMI. Les stablecoins, y compris adossés au peso, offrent une traçabilité et une rapidité que les banques coréennes explorent aussi dans un cadre régulé.
Lecture du rédacteur L’Argentine reproduit une stratégie déjà vue en Asie : développer des stablecoins en monnaie locale via des canaux non-bancaires. La Corée du Sud encadre ses stablecoins, le Japon teste l’eJPY en B2B et Western Union déploie l’USDPT sur Solana. La question n’est pas de savoir si le peso numérique arrivera, mais quel groupe bancaire obtiendra l’agrément en premier.
À retenir
BIND Group et Petersen Group avancent sur des stablecoins peso pour le marché institutionnel argentin via des filiales non-bancaires, contournant l’interdiction de la BCRA. Les cas d’usage : trésorerie, paiements programmables, crédit garanti : ciblent des besoins réels dans une économie où le peso reste sous pression. Si le régulateur assouplit sa position, ces projets pourraient devenir les premiers stablecoins en monnaie locale opérationnels en Amérique du Sud dès 2027.
Questions fréquentes
Pourquoi les banques argentines lancent-elles un stablecoin en pesos ?
Elles cherchent à offrir des paiements programmables et une gestion de trésorerie en temps réel aux entreprises, malgré l’interdiction de la BCRA. En passant par des filiales non-bancaires, BIND et Petersen contournent légalement cette restriction et testent un marché institutionnel évalué à plusieurs milliards de dollars.
Un stablecoin en peso argentin peut-il être fiable avec une inflation à 100 % ?
La fiabilité dépend de la qualité du collatéral et de la transparence de l’émetteur, pas du taux d’inflation de la monnaie sous-jacente. Le DIPE et le BEN Peso s’adossent à des réserves en pesos et visent surtout la rapidité des règlements.
Ces stablecoins seront-ils accessibles aux particuliers argentins ?
Non, du moins dans un premier temps. Les deux projets ciblent exclusivement les entreprises et les investisseurs institutionnels pour de la trésorerie, des paiements conditionnels et du crédit garanti.
-
ÉCONOMIE & MACROPCE : l'inflation core stagne à 3,3 %, la Fed attendue