SBI et Startale s’apprêtent à lancer l’eJPY, le premier stablecoin en yen adossé à une banque fiduciaire japonaise, selon nos informations. Prévu pour le T2 2026, le jeton ciblera les règlements interentreprises, les paiements transfrontaliers et les transactions d’agents d’intelligence artificielle. Il sera émis sur Ethereum et sur Japan Open Chain, une blockchain publique de niveau 1 opérée par des entreprises locales.

Au programme

  • L’eJPY sera émis sur Ethereum et Japan Open Chain au T2 2026, première mondiale pour un stablecoin adossé à une banque fiduciaire nippone
  • Les cas d’usage visés : règlements B2B, paiements transfrontaliers et transactions d’agents IA
  • Le Japon confirme son positionnement offensif sur les stablecoins, après le cadre légal adopté en 2023
Flux d'émission de l'eJPY (T2 2026)SBI / StartaleBanque fiduciaireJapan Open Chain+ Ethereum L1Entreprises B2BAgents IA inclusSource : analyse cryptoactu, mai 2026
SBI Holdings et Startale Labs émettent l'eJPY via une banque fiduciaire, le jeton circule sur Japan Open Chain (compatible Ethereum) pour servir les paiements B2B et les agents IA.

Pourquoi l’eJPY est une première pour le Japon

Le projet se distingue par son adossement institutionnel. La banque fiduciaire appartenant au groupe SBI garantira les réserves en yen derrière chaque token eJPY. C’est la première fois qu’une entité bancaire fiduciaire japonaise soutient directement un stablecoin, renforçant la crédibilité de l’émission face aux exigences réglementaires locales.

Startale, l’équipe technique derrière Japan Open Chain, pilote le déploiement. Cette blockchain publique de niveau 1 est opérée par un consortium d’entreprises nippones, ce qui permet de maintenir la gouvernance sous juridiction japonaise tout en bénéficiant de l’interopérabilité d’Ethereum. Le calendrier T2 2026 est ambitieux : il reste moins de 2 mois pour finaliser les audits et obtenir les validations réglementaires.

Le Japon avait posé les bases légales dès 2023 avec sa loi sur les stablecoins, qui réserve leur émission aux banques agréées, aux fiduciaires et aux établissements de monnaie électronique. L’eJPY entre précisément dans cette troisième catégorie. Une trajectoire comparable à celle du stablecoin PYUSD de PayPal, mais avec un ancrage bancaire plus direct.

Quels cas d’usage pour l’eJPY ?

Le stablecoin cible 3 segments prioritaires.

  • Règlements B2B domestiques : transferts instantanés entre entreprises japonaises, sans délai bancaire de 1 à 3 jours ouvrés.
  • Paiements transfrontaliers : réduction des frictions sur les corridors Asie-Pacifique, où les frais de virement SWIFT atteignent parfois 3 à 5 % du montant transféré.
  • Transactions d’agents IA : cas d’usage émergent où des systèmes autonomes exécutent des micro-paiements B2B sans intervention humaine.

Ce troisième usage illustre une tendance de fond : les infrastructures blockchain sont de plus en plus conçues pour des flux machine-to-machine. L’eJPY serait ainsi l’un des premiers stablecoins officiellement positionnés sur ce marché. À titre de comparaison, des projets comme l’Euro Coin (EUROC) de Circle ciblent eux aussi les paiements institutionnels, mais sans avoir intégré nativement les agents IA dans leur feuille de route.

Comment se positionne le Japon face à la concurrence mondiale ?

Le marché mondial des stablecoins représentait environ 230 milliards de dollars de capitalisation au printemps 2026, dominé à plus de 95 % par des actifs libellés en dollar (USDT, USDC). Les stablecoins en devises non-dollar restent marginaux : l’EURI d’Banking Circle et le DAI pèsent ensemble moins de 2 milliards.

L’eJPY s’attaque à ce vide sur le segment yen. La Banque du Japon surveille de près ces initiatives privées, parallèlement à ses propres travaux sur une monnaie numérique de banque centrale (MNBC). La Banque de France a suivi une trajectoire similaire avec ses tests de monnaie numérique interbancaire, mais les deux approches restent distinctes : l’eJPY est un stablecoin privé, pas une MNBC.

« SBI et Startale lancent le premier stablecoin en yen adossé à une banque fiduciaire japonaise, destiné aux règlements B2B, aux paiements transfrontaliers et aux transactions d’agents IA. »

Sur le plan réglementaire, le cadre japonais de 2023 contraint les émetteurs à maintenir des réserves liquides à 100 %, ce qui réduit le risque de dépeg mais pèse sur la rentabilité du modèle. Un enjeu que les stablecoins adossés à l’euro ont déjà rencontré, avec des dynamiques de liquidité souvent plus complexes que leurs homologues dollar.

Et pour la France ?

L’eJPY ne sera pas directement accessible aux résidents français au lancement, son périmètre initial étant limité aux entreprises japonaises. Toutefois, son déploiement sur Ethereum ouvre théoriquement la voie à une intégration dans des protocoles DeFi accessibles depuis l’UE. L’AMF et la BCE suivent de près les stablecoins non-dollar dans le cadre de MiCA, dont les dispositions sur les “e-money tokens” en devises étrangères pourraient encadrer une éventuelle commercialisation européenne de l’eJPY. Aucune date n’est encore mentionnée pour une extension hors Japon.

À retenir

L’eJPY représente la première incursion bancaire fiduciaire japonaise dans les stablecoins, avec un lancement B2B ciblé au T2 2026 sur Ethereum et Japan Open Chain. À surveiller : les détails des audits de réserves et la réaction de la Banque du Japon face à cette initiative privée qui précède potentiellement sa propre MNBC.

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