La Banque centrale du Brésil (BCB) a interdit aux fournisseurs de change électronique d’utiliser des stablecoins ou d’autres cryptos pour régler des paiements internationaux. La résolution BCB n° 561, publiée le 30 avril 2026, entre en vigueur le 1er octobre 2026. Elle touche directement un marché qui pèse entre 6 et 8 milliards de dollars par mois, selon les données de la Receita Federal.

Au programme

  • Le Brésil interdit aux fintechs d’utiliser USDT, USDC ou Bitcoin pour régler des virements transfrontaliers, effective au 1er octobre 2026 (CoinDesk, 2026)
  • Les investisseurs individuels conservent le droit d’acheter, vendre et détenir des cryptos via des prestataires agréés
  • Des acteurs comme Wise, Nomad ou Braza Bank devront restructurer leurs infrastructures de règlement d’ici l’automne

Que change concrètement la résolution BCB 561 ?

Jusqu’ici, une fintech brésilienne pouvait recevoir des réaux d’un client, les convertir en USDT ou en Bitcoin, puis régler le paiement à l’étranger via une blockchain. La résolution 561 ferme cette voie. Les paiements entre un prestataire de change électronique et sa contrepartie étrangère devront désormais transiter par une transaction de change classique ou un compte en réaux non-résident domicilié au Brésil.

La règle ne touche pas les particuliers. Acheter, vendre, conserver ou transférer des cryptos reste autorisé via des prestataires de services d’actifs virtuels (VASP) agréés sous la résolution BCB n° 521, entrée en vigueur le 2 février 2026. La BCB trace une frontière nette : les cryptos peuvent exister sur le marché brésilien, mais pas comme infrastructure de règlement pour les flux réglementés.

“Brazil’s regulator is drawing a line for crypto to exist in the market, but not as eFX settlement infrastructure.” — CoinDesk, 2026

Quelles entreprises sont visées ?

Les acteurs les plus exposés sont les fintechs qui avaient intégré des rails stablecoin dans leurs flux transfrontaliers. Nomad, par exemple, utilisait le réseau Ripple pour acheminer des fonds entre le Brésil et les États-Unis en les réglant en stablecoins. Braza Bank avait émis un stablecoin adossé au réal sur le registre XRP Ledger.

Ces sociétés ne disparaissent pas : les firmes non encore autorisées par la BCB peuvent continuer à opérer, à condition de déposer une demande d’agrément avant le 31 mai 2027. Elles devront utiliser des comptes ségrégués pour les fonds clients et produire des rapports mensuels détaillés.

Règlement transfrontalier avant et après BCB 561 Avant la résolution 561, les fintechs convertissaient des réaux en stablecoins pour régler à l'étranger. Après le 1er octobre 2026, seul le change classique ou un compte non-résident en réaux est autorisé. Règlement transfrontalier : avant et après BCB 561 Client BR Réaux (BRL) Avant Fintech eFX USDT / Bitcoin Blockchain Bénéficiaire Règlt. étranger Après Fintech eFX Change classique FX officiel Bénéficiaire Règlt. étranger Source : BCB Résolution n° 561, 30 avril 2026

Pourquoi le Brésil prend-il cette décision maintenant ?

Le marché crypto brésilien a explosé ces 2 dernières années. Les stablecoins représentent environ 90 % des volumes crypto dans le pays, selon la Receita Federal, avec 25 millions de Brésiliens actifs sur ces actifs. Le Brésil occupait le 5e rang mondial en adoption crypto en 2025, contre la 10e place un an plus tôt.

Cette montée en puissance a alerté le régulateur, qui y voit un contournement des canaux de change officiels. En mars 2026, des associations représentant plus de 850 entreprises avaient déjà contesté l’extension de la taxe IOF sur les transactions stablecoin. La résolution 561 s’inscrit dans cette offensive réglementaire plus large, sans pour autant fermer la porte à l’industrie crypto dans son ensemble.

Cette dynamique n’est pas sans rappeler des précédents similaires : la Corée du Sud avait menacé de fermer les plateformes crypto pour des raisons de contrôle des flux de capitaux, avant de choisir une voie réglementaire plus ciblée. Côté portugais, une approche inverse a prévalu : 2 exchanges locaux ont récemment obtenu un agrément officiel, illustrant les divergences de doctrine entre régulateurs.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la résolution BCB 561 ?

C’est un texte réglementaire publié le 30 avril 2026 par la Banque centrale du Brésil. Il interdit aux fournisseurs de change électronique d’utiliser des stablecoins (USDT, USDC) ou des cryptos comme Bitcoin pour régler des paiements internationaux. La règle entre en vigueur le 1er octobre 2026.

Les Brésiliens peuvent-ils encore acheter des cryptos ?

Oui. La résolution 561 cible uniquement les prestataires de change électronique. Les particuliers conservent le droit d’acheter, vendre, détenir et transférer des cryptos via des VASP agréés sous la résolution BCB n° 521. Environ 25 millions de Brésiliens sont concernés par ce marché.

Quelles fintechs sont les plus affectées ?

Les acteurs comme Nomad, Wise ou Braza Bank, qui avaient intégré des rails stablecoin dans leurs flux transfrontaliers. Ils peuvent continuer à opérer mais doivent demander un agrément BCB avant le 31 mai 2027. Pour aller plus loin, notre article sur les 10 erreurs classiques des investisseurs crypto revient sur les risques réglementaires souvent sous-estimés.

À retenir

La BCB dresse une frontière claire : les cryptos sont tolérées comme actifs d’investissement, pas comme infrastructure de règlement pour les flux internationaux réglementés. À surveiller : la réaction des fintechs concernées et l’éventuelle extension de la taxe IOF aux stablecoins, second front toujours ouvert.

Sources

Signal Baissier
Impact Modéré