Finary s’est imposé comme le tracker de patrimoine de référence en France. L’application agrège comptes bancaires, PEA, assurance-vie, immobilier et cryptomonnaies dans un tableau de bord unique, avec plus de 600 000 utilisateurs revendiqués en septembre 2025 (selon Maddyness) et plus de 75 Md€ d’actifs agrégés dès 2024. Pour l’investisseur patrimonial qui détient aussi du Bitcoin ou de l’Ethereum, la promesse séduit. Verdict globalement positif, avec deux réserves : la fiabilité des synchronisations et un tarif qui grimpe vite.
Au programme
- Société, fondateurs, levées de fonds et agréments AMF, ACPR, ORIAS et MiCA.
- Suivi crypto : connexion des exchanges par API en lecture seule et wallets par adresse publique.
- Tarifs 2026 vérifiés, du plan gratuit à Finary One.
- Points faibles réels : synchronisations capricieuses et modèle freemium restrictif.
Qu’est-ce que Finary et qui est derrière ?
Finary est une fintech française fondée par Mounir Laggoune et Julien Blancher, immatriculée à Paris et lancée publiquement en 2021. Laggoune, passé par Trainline, pilote le produit et la stratégie ; Blancher, cofondateur de la startup Recast (rachetée par SAP en 2018), dirige la technique. L’idée de départ : offrir aux particuliers une vision consolidée de leur patrimoine digne d’une banque privée, sans le ticket d’entrée.
La société a suivi un parcours de financement soutenu : 2,2 M€ en seed en 2021, 8 M€ en série A en mars 2022 avec Y Combinator et Speedinvest, 2,1 M€ de crowdfunding communautaire au printemps 2022, puis 25 M€ en série B en septembre 2025 menés par PayPal Ventures (selon Wikipédia et Maddyness, 2025). L’objectif affiché est de dépasser 5 Md€ d’encours gérés d’ici trois ans.
Côté régulation, Finary coche méthodiquement les cases. Enregistrement PSAN auprès de l’AMF sous le numéro E2022-057 en octobre 2022, statut de courtier en assurance ORIAS n° 21001279, agrément d’entreprise d’investissement délivré par l’ACPR le 27 mars 2026 (selon Mind Fintech, 2026), puis agrément MiCA courant 2026 qui autorise ses services crypto dans toute l’Union européenne (selon Planet Fintech, 2026).
Fonctionnalités : l’agrégation totale, crypto comprise
Le cœur de Finary reste l’agrégation : comptes courants, livrets, PEA, compte-titres, assurance-vie, immobilier, crédits, private equity et cryptomonnaies remontent dans un tableau de bord unique, mis à jour quotidiennement. Plus de 20 000 établissements sont connectables via la synchronisation bancaire (selon le centre d’aide Finary, 2026). L’application calcule ensuite performance globale, répartition par classe d’actifs, frais cachés et projections.
Connexion des exchanges crypto
C’est le point qui intéresse le lecteur crypto. Finary synchronise nativement Coinbase, Coinbase Pro, Kraken, Binance, Bitstamp, Bitpanda et Meria via clé API ou OAuth. La connexion est configurée en lecture seule : Finary lit les soldes, mais ne peut ni trader ni retirer. Pour les plateformes sans API compatible, comme Crypto.com ou SwissBorg, l’import s’effectue par fichier de transactions (centre d’aide Finary, 2026).
Concrètement, un utilisateur de Kraken ou de Coinbase génère une clé API restreinte à la consultation depuis son exchange, la colle dans Finary, et son portefeuille apparaît aux côtés de son PEA. La valorisation suit ensuite les cours en temps quasi réel, ce qui évite les exports manuels de CSV.
Wallets, DeFi et ajout manuel
Les wallets auto-custody s’ajoutent par simple adresse publique : Finary lit on-chain les soldes d’un wallet Bitcoin, Ethereum ou Solana, y compris un hardware wallet comme le Ledger Nano X, sans jamais toucher aux clés privées. Aucune seed phrase n’est demandée, jamais. Pour les positions DeFi exotiques ou les tokens non reconnus, l’ajout manuel couvre plus de 10 000 cryptomonnaies référencées.
Investir directement depuis Finary
Depuis son enregistrement PSAN, Finary propose aussi l’achat et la vente de cryptomonnaies en direct, avec conservation intégrée. La société revendique plus de 500 M€ de cryptos échangés depuis le lancement de ce service (selon Planet Fintech, 2026). S’y ajoutent une assurance-vie distribuée avec Generali depuis 2024, une gestion privée baptisée Finary One accessible à partir de 500 000 € d’actifs, et un compte-titres avec PEA annoncé pour fin 2026 grâce à l’agrément d’entreprise d’investissement.
Tarifs et frais détaillés en 2026
Le modèle est freemium : le plan gratuit se limite à 2 comptes synchronisés, et les fonctions utiles basculent vite dans les abonnements payants. Voici la grille vérifiée sur la page tarifs officielle en août 2026.
| Offre | Prix 2026 | Ce qui est inclus |
|---|---|---|
| Gratuit | 0 € | 2 synchronisations, 2 objectifs, achat crypto à 1,49 % |
| Lite | 54,99 €/an | Synchronisations illimitées, achat crypto à 1,29 % |
| Plus | 149,99 €/an | Scanner de frais, budget, dividendes, analyse de diversification, crypto à 0,99 % |
| Pro | 349,99 €/an | Tout Plus, comptes professionnels, mode holding |
| One | Sur devis | Gestion privée dès 500 000 € d’actifs investis |
Les frais d’achat crypto intégrés, de 0,99 % à 1,49 % selon le plan, restent nettement supérieurs à ceux d’un exchange spécialisé : Kraken ou Binance facturent le spot autour de 0,1 % à 0,4 %. Finary vend la simplicité, pas le meilleur prix d’exécution. Un essai gratuit de 14 jours couvre les plans Plus et Pro.
Pour situer l’équation économique : Wikipédia rapporte une perte nette de 3,61 M€ en 2022 pour 222 k€ de chiffre d’affaires. La montée en gamme des abonnements et les nouveaux produits régulés visent précisément à rentabiliser une base d’utilisateurs devenue massive.
Sécurité : lecture seule et agrégation régulée
L’architecture de sécurité repose sur un principe simple : Finary ne détient jamais vos identifiants bancaires ni vos clés privées crypto. La synchronisation bancaire passe par Powens, ex Budget Insight, agrégateur agréé DSP2 par l’ACPR et la Banque de France, complété par Plaid pour certains établissements internationaux. Les identifiants sont saisis dans une fenêtre sécurisée Powens, jamais stockés chez Finary, et l’accès est strictement en lecture (centre d’aide Finary, 2026).
Côté crypto, même logique : clés API en lecture seule pour les exchanges, adresses publiques pour les wallets. Un attaquant qui compromettrait un compte Finary verrait le patrimoine de la victime, ce qui est déjà un vrai enjeu de confidentialité, mais ne pourrait ni virer des fonds ni signer de transaction. Aucun piratage majeur de la plateforme n’a été documenté à ce jour.
Le seul périmètre où Finary devient custodian, c’est son service d’achat crypto intégré, encadré depuis 2026 par l’agrément MiCA. Pour des montants importants, les bonnes pratiques restent inchangées : conservation en cold wallet et hygiène de sécurisation rigoureuse, Finary ne servant alors que d’outil de suivi.
Expérience utilisateur en France
L’application, disponible sur iOS, Android et web, est régulièrement citée comme la plus aboutie du marché français en matière de design et de lisibilité patrimoniale. L’onboarding guide la connexion des comptes en quelques minutes, l’interface est intégralement en français, et le support répond par chat et par email. La communauté officielle, forum le plus actif de la finance personnelle française, sert aussi de canal d’entraide.
Le tableau se gâte sur la fiabilité des synchronisations, critique récurrente et documentée. Certaines banques décrochent après chaque authentification forte, des comptes disparaissent temporairement, et les fils du forum consacrés aux pannes Powens se comptent par dizaines. Wikipédia mentionne également des accusations d’avis Trustpilot litigieux et un virage commercial critiqué, du contenu pédagogique vers la vente de produits maison. Rien de rédhibitoire, mais un utilisateur multi-banques doit s’attendre à des reconnexions régulières.
Fiscalité française : ce que Finary change, et ce qu’il ne change pas
Finary aide au suivi, pas à la déclaration : l’outil ne génère pas le formulaire fiscal crypto à votre place. Les comptes ouverts sur des exchanges étrangers connectés à Finary, comme Binance ou Kraken, restent soumis à l’obligation de déclaration 3916-bis, et les plus-values de cession d’actifs numériques à la flat tax de 30 %. Agréger ses comptes dans un tracker ne modifie en rien ces obligations.
L’application fournit en revanche une base de travail utile : historique consolidé, valorisations datées et répartition par plateforme facilitent le remplissage. Pour estimer l’impôt dû sur les cessions, un calculateur de fiscalité crypto dédié reste le bon réflexe. Les cryptos achetées directement via Finary, prestataire français, ne créent pas de compte étranger à déclarer, un avantage administratif réel pour les allergiques à la paperasse.
Points forts et points faibles
Points forts :
- Vision patrimoniale complète : banques, bourse, immobilier, crédits et cryptos au même endroit.
- Suivi crypto sérieux : 7 exchanges synchronisés par API en lecture seule, wallets on-chain par adresse publique, plus de 10 000 tokens.
- Cadre réglementaire solide : PSAN, ORIAS, entreprise d’investissement ACPR et agrément MiCA.
- Sécurité bien pensée : agrégation DSP2 via Powens, aucun identifiant stocké, lecture seule partout.
- Rythme produit rapide, financé par 25 M€ de série B avec PayPal Ventures.
Points faibles :
- Synchronisations bancaires capricieuses, dépendantes de Powens, avec reconnexions fréquentes.
- Plan gratuit trop limité (2 comptes) : l’usage réel commence à 149,99 €/an avec Plus.
- Frais d’achat crypto intégrés élevés, de 0,99 % à 1,49 %, face aux exchanges spécialisés.
- Pas de rapport fiscal crypto automatisé à ce stade.
- Historique de comptes encore jeune sur les produits d’investissement maison.
Alternatives à Finary
Aucun concurrent français ne couvre exactement le même périmètre, mais plusieurs outils recoupent des briques de Finary. Pour le seul suivi crypto, les portfolio trackers spécialisés type CoinStats ou l’onglet portefeuille de CoinMarketCap font le travail gratuitement, sans la dimension patrimoniale globale.
Pour investir plutôt que suivre, les besoins se répartissent : un exchange régulé comme Kraken ou Coinhouse, acteur français historique, pour la crypto ; un courtier comme Trade Republic pour les ETF en plan d’épargne programmé, logique proche du DCA appliqué à la crypto. Côté agrégation pure, les applications bancaires type Bankin’ ou Linxo restent centrées budget, sans la profondeur investissement ni le suivi on-chain qui font la spécificité de Finary.
Pour qui Finary est-il fait ?
Finary s’adresse d’abord à l’investisseur patrimonial français diversifié : plusieurs banques, un PEA, de l’assurance-vie, de l’immobilier et une poche crypto significative. Pour ce profil, l’abonnement Plus à 149,99 €/an se justifie par le temps gagné et la lecture consolidée des frais et de la performance. Le détenteur crypto pur, sans patrimoine traditionnel à agréger, trouvera le même service dans un tracker spécialisé gratuit.
Le plan gratuit suffit pour tester la proposition de valeur avec deux comptes. La gestion privée One ne concerne que les patrimoines dépassant 500 000 €. Verdict final : un outil devenu incontournable dans sa catégorie, honnête sur la sécurité, à recommander en connaissance de ses limites, synchronisations parfois fragiles et facture qui monte avec l’ambition.
Questions fréquentes
Finary est-il gratuit ?
Partiellement. Le plan gratuit permet de synchroniser 2 comptes et de suivre 2 objectifs, ce qui suffit pour découvrir l’outil. La synchronisation illimitée démarre avec Lite à 54,99 €/an, et les analyses avancées (scanner de frais, dividendes, diversification) exigent Plus à 149,99 €/an. Un essai gratuit de 14 jours couvre les offres payantes.
Finary peut-il voler ou déplacer mes cryptos ?
Non. Les exchanges sont connectés via des clés API configurées en lecture seule et les wallets via leur adresse publique : Finary ne détient ni clés privées ni seed phrase et ne peut initier aucune transaction. Seul le service d’achat crypto intégré, régulé par l’agrément MiCA, implique une conservation par Finary.
Finary remplace-t-il un exchange crypto ?
Pas vraiment. L’achat intégré facture de 0,99 % à 1,49 % selon l’abonnement, contre 0,1 % à 0,4 % sur un exchange spécialisé comme Kraken ou Binance. Finary reste d’abord un outil de suivi et d’agrégation ; pour trader activement ou accéder à des centaines de paires, un exchange dédié demeure plus efficace et moins cher.
Faut-il déclarer ses comptes crypto suivis dans Finary ?
Oui, si les comptes sont ouverts sur des plateformes étrangères. Connecter Binance ou Kraken à Finary ne dispense pas du formulaire 3916-bis, ni de la flat tax de 30 % sur les plus-values de cession. Les cryptos achetées directement via Finary, prestataire enregistré en France, ne constituent pas un compte étranger à déclarer.
Sources
- Finary, Tarifs et abonnements, 2026
- Finary, Mentions légales, 2026
- Centre d'aide Finary, Ajouter des cryptomonnaies, 2026
- Centre d'aide Finary, Synchronisation via Powens, 2026
- Finary, Obtention de l'agrément d'entreprise d'investissement, 2026
- Maddyness, La fintech Finary lève 25 millions d'euros, 2025
- Mind Fintech, Finary obtient l'agrément d'entreprise d'investissement pour lancer son PEA, 2026
- Planet Fintech, Finary franchit une nouvelle étape avec l'obtention de son agrément MiCA, 2026
- Wikipédia, Finary, 2026
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