World Liberty Financial (WLFI), la plateforme crypto portée par la famille Trump, est sur le point de recevoir un agrément de banque de confiance nationale de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC). Deux anciens employés de l’OCC ont confié à The Block que la décision favorable du régulateur est désormais quasi certaine, dans l’attente d’une annonce formelle de Jonathan Gould, contrôleur en chef de la monnaie.

Qu’est-ce que l’agrément OCC recherché par WLFI ?

WLFI a déposé une demande de charte de banque de confiance nationale en janvier 2026, après avoir constitué une société fiduciaire américaine dédiée. Ce statut, délivré par l’OCC, permet à une entité d’opérer sous un régulateur fédéral unique plutôt que de naviguer entre les multiples superviseurs étatiques.

Pour WLFI, l’enjeu est considérable. L’agrément autoriserait la société à émettre et racheter directement son stablecoin USD1, à gérer ses réserves, à offrir des services de garde d’actifs numériques et à assurer les opérations de conversion et de règlement. Un périmètre qui couvre aujourd’hui les fonctions essentielles d’une crypto-banque de plein exercice.

Pourquoi WLFI veut se passer de BitGo ?

Actuellement, WLFI s’appuie sur BitGo, un prestataire tiers, pour assurer la garde de ses actifs et les opérations liées à USD1. Obtenir la charte OCC permettrait d’internaliser ces fonctions et de supprimer cette dépendance.

Le modèle visé ressemble à celui qu’a ouvert Anchorage Digital, première banque fédérale crypto agréée aux États-Unis en 2021. Depuis, le secteur s’est transformé : la crypto-banque suisse Sygnum a été valorisée à 800 millions de dollars en 2023, et Nubank a intégré Bitcoin à sa trésorerie au Brésil, signe que les frontières entre banque traditionnelle et crypto s’effacent. Maîtriser sa propre infrastructure de garde et d’émission est désormais un avantage concurrentiel direct.

Quels obstacles politiques et éthiques restent en suspens ?

L’approbation attendue n’est pas sans friction. Des préoccupations éthiques ont été soulevées en lien avec la proximité du projet avec la présidence Trump, et des membres du Congrès ont interrogé le potentiel conflit d’intérêts. L’OCC avance pourtant, selon nos informations, malgré ces résistances politiques.

Ce dossier s’inscrit dans une tendance plus large. La fermeture forcée de la crypto-banque Signature par la Réserve fédérale américaine en 2023 avait montré que l’accès au système bancaire fédéral restait une ligne de fracture entre crypto et finance traditionnelle. Trois ans plus tard, l’OCC semble prête à délivrer des chartes bancaires à des acteurs directement issus de l’écosystème crypto. C’est un tournant réglementaire notable.

À l’international, d’autres régulateurs ont suivi des trajectoires différentes. La Banque centrale du Portugal a examiné 12 demandes de licence sur son territoire, tandis que la Banque centrale de l’Uruguay a convoqué Binance pour des questions de conformité. Aux États-Unis, le signal envoyé par l’OCC est inverse : plutôt qu’une restriction, une intégration formelle des opérateurs crypto dans le cadre bancaire fédéral.

Lecture du rédacteur Si l’OCC accorde la charte à WLFI, ce sera la première fois qu’un projet directement associé à un président américain en exercice obtient un agrément bancaire fédéral. L’enjeu dépasse WLFI : la décision établit un précédent sur la capacité des émetteurs de stablecoins à fonctionner sans intermédiaires bancaires tiers, ce qui pourrait accélérer les demandes similaires de Circle ou Paxos.

À retenir

L’OCC s’apprête à accorder à WLFI une charte de banque de confiance nationale, ce qui permettrait au projet Trump d’émettre USD1 et de gérer ses réserves sans intermédiaire. La décision formelle de Jonathan Gould est attendue dans les prochaines semaines. Les marchés et le Congrès surveilleront de près les conditions attachées à cet agrément.

Sources

Signal Haussier
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