Contre critiques et frais de transaction importants, la blockchain Ethereum s’impose toujours comme le fleuron du secteur de la blockchain. Un réseau lancé en juillet 2015 et depuis devenu le support de la plupart des projets majeurs de cet écosystème. Au point de résumer une bonne part de l’innovation dans ce domaine à de simples copiés/collés, Ethereum killers, aux promesses toutes théoriques dont les fondamentaux sont souvent revus à la baisse.
Malgré tout, l’évolution spectaculaire du réseau Ethereum pose également des questions impossibles à ignorer. Comme par exemple ses frais de transaction trop élevés en période d’activité importante, un chantier depuis largement traité par les mises à jour Dencun (2024) et Fusaka (2025). Mais surtout, la crise de (dé)centralisation qui bouleverse sa blockchain depuis le passage tant attendu au Proof of Stake. Avec un problème de censure qui met très clairement en péril sa vocation première liée au principe de cryptographie. Pourtant, selon Vitalik Buterin, en janvier 2023, le défi majeur est ailleurs…
Ethereum, Le « dernier défi majeur » de Vitalik Buterin
En effet, Vitalik Buterin a publié le 20 janvier 2023 un article sur son blog officiel. Ce dernier intitulé : « Un guide incomplet des adresses furtives« . Avec comme principal sujet de préoccupation, la mise en place d’une confidentialité plus importante sur le réseau Ethereum. Cela afin d’apporter une solution effective et fonctionnelle à ce principe pourtant inévitable : « tout ce qui va sur une blockchain publique est public ».
« L’un des plus grands défis restants dans l’écosystème Ethereum est la confidentialité. Par défaut, tout ce qui va sur une blockchain publique est public. De plus en plus, cela signifie non seulement de l’argent et des transactions financières, mais aussi des noms ENS (Ethereum Name Service), des POAP (Protocole de preuve de présence), des NFT, Soulbound Tokens et bien plus encore«
Vitalik Buterin
Car, dans le même temps, tout ce qui se passe sur une blockchain n’a pas nécessairement vocation à être transparent. Raison pour laquelle cette solution présentée par Vitalik Buterin est, selon lui, « beaucoup plus viable ». Car elle pourrait permettre de « cacher qui est le destinataire ». Cela même dans le cas du transfert d’un jeton NFT « dont il n’y a qu’une seule copie on-chain ». Explications…
Vitalik Buterin, Les adresses furtives sur Ethereum
Le but de cette fonctionnalité des adresses furtives (stealth addresses) est très clairement inscrit dans la philosophie cryptographique. Car comme l’explique Vitalik Buterin, l’utilisation d’une blockchain « implique de rendre publique une partie importante de votre vie pour que quiconque puisse la voir et l’analyser. » Ce qui pose un sérieux problème de protection des données et de la vie privée.
Et selon le fondateur historique du réseau Ethereum, la meilleure solution pourrait être de générer des adresses furtives. Un service accessible pour l’envoyeur comme pour le destinataire, « mais qui ne peut être contrôlé que par Bob » (le destinataire de l’exemple de Vitalik Buterin).
*Adresses furtives, Ethereum*
« Une adresse furtive peut être générée soit par Alice soit par Bob, mais elle ne peut être contrôlée que par Bob. Bob génère et garde secrète une clé de dépense qu’il utilise pour générer une méta-adresse furtive. Il transmet cette méta-adresse à Alice (ou l’enregistre sur ENS). Alice peut effectuer un calcul sur cette méta-adresse pour générer une adresse furtive appartenant à Bob. Elle peut alors envoyer tous les actifs qu’elle souhaite à cette adresse, et Bob en aura le contrôle total«
Vitalik Buterin
Un problème de confidentialité sur lequel on bute depuis longtemps : les adresses furtives ont été introduites pour Bitcoin par Peter Todd en 2014, sans jamais s’imposer. Même si, comme il ne manque pas de le préciser, cette présentation reste toujours « incomplète ». La variante la plus aboutie, appuyée sur des preuves ZK-SNARK, réclame « des centaines de milliers de gas supplémentaires juste pour un seul transfert ». Un autre « défi majeur » auquel il faudrait également s’atteler…
Depuis, la proposition a fait son chemin : le standard ERC-5564 et son registre ERC-6538 ont atteint le statut final, et des services comme Umbra ou Fluidkey l’ont mis en production, sans percée grand public. La Fondation Ethereum a publié en mai 2026 Kohaku, une boîte à outils qui intègre la confidentialité directement dans les portefeuilles.
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