Taurus, société spécialisée dans la conservation d’actifs numériques, a obtenu le 6 mai 2026 un agrément MiFID II de la Cyprus Securities and Exchange Commission (CySEC), selon CoinDesk. Cette licence ouvre à la firme suisse l’accès au marché unique européen pour les services d’investissement sur titres tokenisés, un segment encore peu régulé. Taurus rejoint ainsi OKX, Gemini, Kraken ou Bitstamp parmi les acteurs MiFID II.
Pourquoi la licence MiFID II change la donne pour Taurus ?
MiFID II est le cadre réglementaire central de l’UE pour les services d’investissement sur instruments financiers : actions, obligations, dérivés, produits structurés. Obtenir cet agrément permet à une entreprise d’opérer comme prestataire de services d’investissement réglementé dans l’ensemble des 27 États membres, sans démarches pays par pays.
Pour Taurus, l’enjeu est précis : rapprocher son infrastructure crypto-native du cadre utilisé par les banques. Sébastien Dessimoz, cofondateur et associé directeur, l’explique sans détour :
« Les banques préfèrent traiter avec des entités entièrement réglementées, semblables à celles qu’elles ont l’habitude de côtoyer. Tous les courtiers en Europe sont des firmes agréées MiFID, et Taurus l’est désormais aussi. » : Sébastien Dessimoz, Taurus (traduit de l’anglais, CoinDesk, 6 mai 2026)
Cette logique n’est pas anecdotique. Taurus travaille déjà avec Deutsche Bank, Santander, State Street, CACEIS, Pictet ou Swissquote sur la conservation et la tokenisation d’actifs. La licence MiFID II leur permet désormais de proposer à ces mêmes clients des services de trading secondaire sur obligations tokenisées, parts de fonds, actions et produits structurés.
Quels services sont désormais autorisés en Europe ?
L’agrément CySEC confère à Taurus 2 catégories principales de services réglementés à destination des banques et gestionnaires d’actifs de l’UE :
- Services d’investissement classiques sur valeurs mobilières transférables, conformément au cadre MiFID II
- Achat et vente d’instruments financiers DLT (Distributed Ledger Technology) : actions tokenisées, dettes tokenisées, parts de fonds tokenisées
Ces instruments sont des crypto-actifs qui satisfont à la définition d’instruments financiers MiFID, ce qui les distingue des crypto-actifs couverts par MiCA (Markets in Crypto Assets). Ce point est stratégique : Taurus cible les acteurs institutionnels qui opèrent dans le registre des marchés financiers traditionnels, pas les investisseurs particuliers en cryptomonnaies.
La firme dispose par ailleurs d’une licence du régulateur suisse FINMA depuis plusieurs années. Une demande d’agrément MiCA est en cours, ce qui lui permettrait à terme de couvrir l’ensemble du spectre réglementaire européen, des crypto-actifs aux titres tokenisés. Pour comprendre le contexte réglementaire dans lequel s’inscrit cette stratégie, Kraken suit une trajectoire comparable en cherchant à consolider sa présence réglementaire en Europe.
Comment Taurus s’inscrit dans la dynamique de tokenisation institutionnelle ?
Le timing n’est pas anodin. La tokenisation des actifs financiers est passée en 2025-2026 d’un sujet expérimental à un chantier prioritaire pour les grandes banques mondiales. Plusieurs institutions européennes testent déjà des émissions d’obligations tokenisées sur blockchain. Taurus se positionne comme l’infrastructure réglementée qui permet à ces banques de franchir le cap opérationnel.
Avec des clients comme KBC, ClearBank ou Swissquote, Taurus dispose d’une base d’installations concrètes. La licence MiFID II transforme ces partenariats commerciaux en relations entre entités réglementées de même rang, ce que les équipes de conformité des banques exigent.
| Service | Cadre légal | Cible |
|---|---|---|
| Conservation crypto | FINMA (CH) | Banques, asset managers |
| Titres tokenisés | MiFID II / CySEC (UE) | Banques, asset managers UE |
| Crypto-actifs MiCA | En cours (UE) | Institutionnels, particuliers UE |
L’approche multiréglementaire de Taurus, couvrant simultanément la Suisse et l’UE, la distingue de nombreux concurrents qui ont choisi une seule juridiction d’entrée. À titre de comparaison, Revolut a suivi une stratégie similaire en obtenant son approbation réglementaire à Chypre pour consolider son accès au marché européen.
Notre regard La licence MiFID II de Taurus illustre une tendance de fond : les acteurs crypto les plus solides ne cherchent plus à contourner la réglementation financière traditionnelle, mais à s’y fondre. Obtenir le même statut réglementaire que les courtiers européens historiques est une carte de visite que les grandes banques attendaient avant d’aller plus loin sur la tokenisation.
À retenir
Taurus franchit une étape structurante avec son agrément MiFID II à Chypre, qui lui donne accès au marché unique européen pour les titres tokenisés. La firme surveille désormais l’avancement de sa demande MiCA, qui compléterait sa couverture réglementaire européenne sur les crypto-actifs au sens large.