Le FASB propose de traiter certains stablecoins comme des équivalents de trésorerie, avec une consultation ouverte jusqu’au 19 novembre 2026. La mesure viserait les actifs adossés à des réserves liquides, exprimés en dollars et rachetables à tout moment au ratio de 1 pour 1. Le FASB ne crée pas une nouvelle définition comptable : il cherche à préciser l’application de la règle existante. Pour les entreprises américaines, l’enjeu est direct : réduire les divergences de classement dans les états financiers.
Le projet cible les stablecoins dont les réserves et les modalités de rachat peuvent être vérifiées. Les actifs algorithmiques dépourvus de garanties liquides clairement identifiées seraient écartés. Cette évolution prolonge la normalisation comptable des actifs numériques engagée par le FASB depuis 2023.
Pourquoi le FASB s’intéresse-t-il aux stablecoins ?
Le FASB s’intéresse aux stablecoins parce que des entreprises les emploient déjà pour régler des transactions, déplacer des liquidités et gérer des paiements internationaux. Pourtant, leur classement pouvait varier selon les politiques comptables internes. La proposition cherche donc à appliquer de façon plus homogène la définition actuelle des équivalents de trésorerie, selon les éléments publiés le 19 août 2026.
Les critères évoqués dans les documents relayés par PANews sont précis :
- réserves liquides ;
- valeur exprimée en dollars américains ;
- rachat possible à tout moment au taux de 1 pour 1 ;
- publication annuelle de la composition des réserves.
Le statut visé rapprocherait ces actifs des bons du Trésor, du papier commercial et des fonds monétaires. Une telle classification simplifierait leur intégration dans le suivi des liquidités à court terme, comme le montre déjà l’usage des stablecoins dans les paiements.
Pour les directions financières, la question n’est donc pas seulement technologique. Elle concerne la possibilité de démontrer rapidement la liquidité des réserves et la réalité des rachats. Notre analyse est simple : le FASB transforme un débat de vocabulaire en procédure de contrôle documentée.
Quels stablecoins pourraient être concernés ?
Les stablecoins concernés seraient ceux dont la valeur repose sur des réserves identifiables et une capacité de remboursement immédiat. Le projet ne donne pas encore de liste de jetons. Il décrit plutôt un profil comptable, ce qui laisse aux entreprises la responsabilité de vérifier chaque actif avant son classement.
Un stablecoin algorithmique sans réserves liquides clairement publiées correspondrait difficilement à ces conditions. L’exemple de l’USDD, présenté comme sur-garanti, montre pourquoi la composition des garanties reste déterminante. Une promesse de stabilité ne suffit pas : les comptables doivent pouvoir relier la valeur du jeton à des actifs mobilisables.
La transparence deviendrait un élément central. Les sociétés devraient détailler la composition principale des réserves et les montants associés. Cette exigence rappelle les interrogations sur les stablecoins détenus par les banques, où la qualité des actifs et leur disponibilité comptent autant que leur valeur théorique.
La proposition ne vaut donc pas reconnaissance générale. Elle établit une grille de lecture conditionnelle.
Comment la règle modifierait-elle les états financiers ?
La règle modifierait surtout la présentation et la comparabilité des liquidités, sans garantir une amélioration automatique de la sécurité des réserves. Un actif qualifié d’équivalent de trésorerie pourrait apparaître plus directement dans les tableaux de liquidité à court terme. Toutefois, l’entreprise devrait encore vérifier les informations publiées par l’émetteur et la capacité effective de rachat.
Le FASB précise que la démarche vise l’application de la définition existante, non la création d’une catégorie réservée aux cryptomonnaies. Cette nuance est essentielle. Le classement dépendrait de critères mesurables, notamment le ratio de rachat de 1 pour 1, la liquidité des réserves et leur présentation annuelle.
« La proposition vise à clarifier l’application de la définition existante des équivalents de trésorerie à certains actifs numériques. »
Cette formulation écarte une validation comptable de tous les stablecoins. Elle pourrait néanmoins réduire les écarts entre groupes américains détenant les mêmes actifs. Les auditeurs disposeraient d’un cadre plus lisible, tandis que les émetteurs devraient fournir des données suffisamment détaillées pour passer ce contrôle.
Quand cette classification pourrait-elle entrer en vigueur ?
La classification n’est pas encore adoptée. La consultation publique doit se terminer le 19 novembre 2026, date indiquée par le FASB. Le FASB devra ensuite examiner les commentaires, modifier éventuellement le texte, puis décider d’une version finale. Cette échéance n’équivaut donc pas à une entrée en vigueur.
Les entreprises qui préparent leurs états financiers devront surveiller 3 points : la liquidité réelle des réserves, la fréquence des publications et la possibilité de rachat au pair. Une règle plus précise pourrait harmoniser les pratiques, mais elle ne supprimera pas les contrôles internes ni l’examen des risques liés à l’émetteur.
Cette évolution s’inscrit dans un débat plus large sur le rôle monétaire des stablecoins, déjà visible dans les discussions autour de la Réserve fédérale et des stablecoins. En Europe, les exigences de MiCA suivent une logique différente, centrée sur l’autorisation et la supervision des émetteurs.
Lecture CryptoActu
Le texte du FASB ne consacre pas les stablecoins comme du cash par nature. Il crée plutôt un test documentaire : réserves liquides, rachat immédiat et transparence annuelle. La bataille se jouera donc dans les attestations et les états financiers, pas dans le seul affichage d’un ancrage au dollar.
À retenir
Le FASB ouvre une voie comptable potentiellement favorable aux stablecoins les plus transparents. Le classement dépendrait de réserves liquides, d’un rachat à 1 pour 1 et d’informations régulières. La prochaine date à surveiller reste le 19 novembre 2026, avant l’examen du texte final.
Questions fréquentes
Quels stablecoins pourraient devenir des équivalents de trésorerie ?
Le projet vise les stablecoins adossés à des réserves liquides, exprimés en dollars et rachetables à tout moment au ratio de 1 pour 1. Les actifs algorithmiques sans garanties clairement identifiées semblent exclus. Le FASB ne fournit toutefois aucune liste définitive de jetons éligibles.
Quand la consultation publique se termine-t-elle ?
La consultation doit se terminer le 19 novembre 2026. Le FASB examinera ensuite les commentaires avant de publier, ou non, une version finale. Cette date ne signifie donc pas que les entreprises pourront immédiatement modifier leur classement comptable.
La proposition change-t-elle la définition des équivalents de trésorerie ?
Non. Elle cherche à préciser l’application de la définition existante aux actifs numériques. Chaque entreprise devra encore vérifier les réserves, les publications de l’émetteur et la capacité effective de rachat. Le texte ne constitue donc pas une reconnaissance générale des stablecoins.
Sources
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