Brian Armstrong, le PDG de Coinbase, a reconnu que Bitcoin n’a pas réussi à devenir le système de paiement pair-à-pair imaginé par Satoshi Nakamoto en 2008. À la place, ce sont les stablecoins adossés au dollar qui remplissent cette fonction, avec une offre désormais proche de 310 milliards de dollars, selon les données de DefiLlama lors d’un entretien avec le dirigeant.

Au programme

  • Bitcoin, de la promesse de monnaie électronique à la réalité de l’or numérique, un constat sans appel du PDG de Coinbase qui acte l’échec transactionnel de l’actif.
  • Les stablecoins à 310 milliards de dollars captent l’usage quotidien, portés par un cadre légal désormais clarifié aux États-Unis depuis le GENIUS Act de 2025.
  • Quelles conséquences pour l’écosystème ? La division du travail entre réserve de valeur et rail de paiement redessine la stratégie de Coinbase.

Bitcoin s’est imposé comme une réserve de valeur plutôt qu’un moyen d’échange, avec un cours autour de 64 523 dollars, soit 45 % sous son sommet d’octobre 2025. Les stablecoins, portés par l’USDT à 184 milliards et l’USDC à 73 milliards, captent désormais l’usage transactionnel sur des réseaux comme Base et Solana. Le GENIUS Act de juillet 2025 a fourni un cadre légal qui a accéléré cette adoption aux États-Unis.

Pourquoi Bitcoin n’est-il pas devenu un moyen de paiement du quotidien ?

« Tu as raison, je pense qu’il est juste de dire, à ce stade, que Bitcoin a réussi comme réserve de valeur, et je ne pense pas qu’il soit devenu un moyen d’échange », a déclaré Armstrong dans le podcast People by WTF, face au cofondateur de Zerodha, Nikhil Kamath. Le diagnostic est clinique : la rareté programmée de l’actif décourage sa circulation. Avec une offre plafonnée à 21 millions d’unités, les détenteurs anticipent une appréciation future et préfèrent conserver leurs bitcoins comme de l’or numérique, un comportement que les récentes dérives de Coinbase n’ont fait qu’amplifier en rendant la conservation plus attractive.

La volatilité renforce ce phénomène. Alors que Bitcoin a touché 126 080 dollars en octobre 2025 avant de retomber sous 65 000 dollars, un tel écart rend l’actif impraticable pour les transactions quotidiennes. Cette dynamique est bien documentée : les baleines Bitcoin déposent massivement sur les exchanges lors des phases de vente, signe d’un comportement spéculatif plus que transactionnel.

Le Lightning Network, solution de seconde couche conçue pour accélérer les paiements, n’a jamais percé. « Certaines personnes ont essayé de réaliser cela avec le Lightning Network, mais cela n’a jamais vraiment décollé », a constaté Armstrong, confirmant que les correctifs techniques ne suffisent pas face à une structure économique qui pénalise la dépense.

Le constat est sans appel, trois ans après que le PDG de Coinbase a dévoilé sa vision crypto pour la décennie, une décennie qui aura finalement vu les stablecoins rafler la mise des paiements.

Quel rôle jouent les stablecoins dans cette transition ?

Les stablecoins ont absorbé la fonction transactionnelle que Bitcoin n’a pas remplie. L’offre totale atteint 310 milliards de dollars, un niveau proche des plus hauts historiques. Tether domine avec 184 milliards de dollars, suivi de Circle et ses 73 milliards. Ces jetons sont devenus l’infrastructure de paiement des blockchains, les conseillers financiers eux-mêmes délaissant désormais Bitcoin au profit de la tokenisation.

Armstrong attribue cette croissance au GENIUS Act, signé en juillet 2025, qui a clarifié le statut légal des stablecoins aux États-Unis. « On a véritablement assisté à une croissance massive des stablecoins fonctionnant sur la blockchain. Les stablecoins adossés à la monnaie fiduciaire servent de moyen d’échange, tandis que Bitcoin demeure la réserve de valeur sous forme d’or numérique », a-t-il analysé.

Indicateur Bitcoin Stablecoins
Cours / Offre ~64 523 $ 310 Md$
Rôle principal Réserve de valeur Paiements
Volatilité Élevée (-45 % vs ATH) Faible (ancrage $)
Adoption Institutionnelle, holding Retail, transferts

Ce repositionnement n’est pas un échec, selon le PDG de Coinbase. « Je pense que la communauté Bitcoin l’accepte. Il n’était pas prévu que Bitcoin serve aux paiements à fort volume. C’est de l’or numérique. » Une sérénité qui contraste avec les tensions passées, lorsque Brian Armstrong s’opposait frontalement à la SEC sur le staking, un combat réglementaire qui semble aujourd’hui d’une autre époque.

Quelles conséquences pour Coinbase et l’écosystème crypto ?

Cette clarification stratégique intervient alors que Coinbase accélère sur Base, sa propre blockchain de seconde couche, où les transactions en stablecoins explosent. La vision d’Armstrong, détaillée dans ses 8 chantiers pour la finance mondiale, place les stablecoins au cœur de l’infrastructure financière de demain.

La vision de long terme du dirigeant prend aujourd’hui une tournure concrète : les stablecoins ne sont plus une promesse, ils constituent une réalité économique avec 310 milliards de dollars en circulation. Les réseaux comme Solana et Base captent une part croissante de ces volumes, ce qui valide la thèse d’une finance programmable parallèle au système bancaire traditionnel. Une révolution silencieuse que Coinbase et Brian Armstrong portent depuis des années.

Le contexte réglementaire favorable contraste avec les tensions passées. En 2023, Armstrong s’opposait frontalement à la SEC sur le staking, un bras de fer aujourd’hui dépassé par l’émergence d’un cadre législatif structurant. Ce virage réglementaire illustre à quel point le parcours de Brian Armstrong a épousé la maturation de l’industrie.

Lecture CryptoActu La déclaration d’Armstrong acte la division du travail dans la crypto : Bitcoin comme couverture contre l’inflation, les stablecoins comme rail transactionnel. Cette segmentation reproduit le schéma or/dollar qui structure la finance mondiale depuis les accords de Bretton Woods. La question n’est plus de savoir si Bitcoin deviendra une monnaie d’usage, mais jusqu’où les stablecoins peuvent-ils s’étendre sans déclencher une réaction des banques centrales.

À retenir

Bitcoin n’a pas failli à sa mission, il en a trouvé une autre. Brian Armstrong clôt le débat sur l’échec transactionnel de la première cryptomonnaie tout en consacrant les stablecoins comme l’innovation de paiement que Satoshi avait esquissée. Les 310 milliards de dollars de stablecoins en circulation valident cette transition, et le cadre légal américain ouvre la voie à une intégration plus profonde dans les circuits financiers traditionnels.

Questions fréquentes

Pourquoi Bitcoin n’a-t-il pas réussi comme moyen de paiement selon Brian Armstrong ?

Le PDG de Coinbase explique que la rareté programmée à 21 millions d’unités incite les détenteurs de Bitcoin à conserver leurs actifs comme une réserve de valeur, à l’image de l’or, plutôt qu’à les dépenser. Cette dynamique économique, aggravée par une volatilité élevée, a rendu Bitcoin impraticable pour les transactions du quotidien.

Les stablecoins peuvent-ils remplacer définitivement Bitcoin pour les paiements ?

Avec 310 milliards de dollars en circulation, l’USDT à 184 milliards et l’USDC à 73 milliards constituent désormais l’infrastructure de paiement des principales blockchains comme Base et Solana. Le cadre juridique du GENIUS Act de juillet 2025 a clarifié leur statut, accélérant leur adoption aux États-Unis comme rail transactionnel.

Quel est le rôle actuel de Bitcoin dans cette nouvelle configuration ?

Bitcoin s’est repositionné comme une couverture contre l’inflation et un actif institutionnel, avec un cours autour de 64 523 dollars. Les détenteurs anticipent une appréciation à long terme, ce qui en fait un équivalent numérique de l’or plutôt qu’un concurrent du dollar dans les paiements.

Signal Neutre
Impact Modéré
Nous ajouter à vos sources préférées sur Google