En 2020, la Banque de France lançait un appel à candidatures pour tester un euro numérique interbancaire, sélectionnant 8 établissements financiers. La Société Générale, via sa filiale Forge, choisissait la blockchain Tezos pour mener cette expérimentation. Ce choix d’une technologie française pour un projet bancaire français n’était pas anodin.
En bref
- La Banque de France a sélectionné 8 banques en 2020 pour tester un proto-euro numérique interbancaire
- La Société Générale a retenu Tezos (XTZ) via sa filiale blockchain Forge
- Tezos était déjà utilisé par la Gendarmerie nationale française depuis fin 2019
- Ce test portait sur les règlements entre banques, pas sur une monnaie grand public
- En 2026, le projet d’euro numérique de la BCE a évolué vers une phase de préparation officielle
[IMAGE: Illustration d’un billet numérique euro avec un noeud blockchain en filigrane - search terms: digital euro CBDC blockchain]
Pourquoi la Banque de France a-t-elle lancé ces tests en 2020 ?
La Banque de France est l’une des premières banques centrales européennes à avoir expérimenté une monnaie numérique interbancaire, en 2020. Le programme portait sur les règlements entre institutions financières, pas sur une monnaie destinée au grand public. Sur les huit candidats retenus, chacun devait proposer une technologie et un cas d’usage concret.
Ce projet s’inscrivait dans un contexte mondial de course aux CBDC. La Chine testait déjà son yuan numérique en interne. La Banque de France voulait positionner l’Europe comme acteur sérieux sur ce terrain, avant que la BCE ne structure son propre programme.
[INTERNAL-LINK: monnaie numérique de banque centrale → article pilier CBDC]
Tezos (XTZ) : quel était l’argument pour la Société Générale ?
La Société Générale, via sa filiale Forge spécialisée en infrastructure d’actifs numériques, a retenu Tezos pour sa capacité à gérer des mises à jour de protocole sans bifurcation brutale. C’est l’un des points techniques qui différencie Tezos d’autres blockchains publiques.
[ORIGINAL DATA] L’argument d’une blockchain “française” comptait aussi. Tezos a été co-fondé par Arthur et Kathleen Breitman, et son développement est assuré en partie par Nomadic Labs, basé à Paris. Ce caractère national a joué dans la rhétorique du choix, même si la blockchain est publique et sans frontières.
La technologie Tezos était par ailleurs déjà déployée au sein du pôle de cybercriminalité de la Gendarmerie nationale depuis fin 2019. Ce précédent institutionnel facilitait la décision côté Société Générale.
Quelle était la différence entre ce test et une vraie CBDC ?
Le proto-euro testé en 2020 était une MDBC - Monnaie Digitale de Banque Centrale - réservée aux règlements interbancaires. Il s’agissait d’un prototype, pas d’un produit déployable en l’état. Les particuliers n’étaient pas concernés.
Une vraie CBDC de détail implique une distribution directe aux citoyens, une gestion de la vie privée à grande échelle et une refonte partielle des systèmes de paiement existants. Ces questions n’étaient pas abordées dans le cadre des tests de 2020.
[PERSONAL EXPERIENCE] Ce distinguo est souvent mal compris dans la couverture médiatique de l’époque. Beaucoup de titres laissaient entendre qu’un euro numérique était imminent pour le grand public, alors qu’il s’agissait d’une expérimentation très circonscrite au secteur interbancaire.
Où en est le projet d’euro numérique en 2026 ?
La BCE a lancé sa phase d’enquête sur l’euro numérique en octobre 2021, puis une phase de préparation officielle en 2023. En 2026, ce projet est toujours en cours de construction réglementaire et technique. Aucune date de lancement grand public n’est fixée.
Les leçons tirées des expérimentations de 2020, dont celle de la Société Générale avec Tezos, ont nourri les réflexions de la BCE. La question de la blockchain sous-jacente reste ouverte : la BCE n’a pas retenu une technologie publique existante et travaille sur une infrastructure propriétaire.
[INTERNAL-LINK: euro numérique BCE → article sur la phase de préparation 2023-2026]
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la filiale Forge de la Société Générale ?
Forge est la division de la Société Générale dédiée aux infrastructures d’actifs numériques. Elle développe des solutions pour l’émission, la conservation et le règlement d’actifs tokenisés sur blockchain. En 2021, Forge a émis une obligation structurée directement sur Ethereum, une première pour une grande banque française.
Tezos est-il encore utilisé dans des projets institutionnels en 2026 ?
Oui. Tezos reste présent dans plusieurs projets institutionnels, notamment en France et en Suisse. La plateforme est aussi utilisée pour des expérimentations d’actifs tokenisés dans le secteur financier. Son mécanisme de gouvernance on-chain, qui permet des mises à jour sans hard fork, continue d’attirer les acteurs régulés.
L’euro numérique remplacera-t-il les billets ?
Non, selon la BCE. Le projet d’euro numérique vise à compléter le cash, pas à le supprimer. L’objectif déclaré est d’offrir un moyen de paiement numérique public, utilisable sans intermédiaire bancaire privé, dans un contexte où les paiements électroniques sont largement dominés par des entreprises privées américaines.
Sources
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