Le secteur memecoin pèse autour de 70 milliards de dollars de capitalisation en avril 2026, dominé par Dogecoin et Shiba Inu mais alimenté par une nouvelle génération née sur Solana (CoinGecko, 2026). La plateforme pump.fun a vu plus de 11 millions de tokens créés depuis son lancement en janvier 2024, avec un revenu cumulé supérieur à 700 millions de dollars sur 2024. Derrière le folklore se cache une mécanique de marché brutale, dont la majorité des participants ressort perdante.

Au programme

  • Définition d’un memecoin et différence avec un shitcoin.
  • L’histoire en accéléré : Dogecoin (2013), Shiba Inu (2020), PEPE (2023), WIF, BONK, TRUMP (2025).
  • Comment fonctionne pump.fun : bonding curve, frais, graduation à 69 000 $.
  • Statistiques de pertes pour le retail et anatomie d’un rug pull.
  • Cadre fiscal français et position des régulateurs en 2026.
  • Règles d’hygiène pour ceux qui veulent tout de même s’exposer.

Définition : qu’est-ce qu’un memecoin ?

Un memecoin est une cryptomonnaie dont la valeur repose sur une référence culturelle ou une communauté plutôt que sur une utilité technique ou économique mesurable. Le mot est la contraction de meme (image, vidéo ou idée virale) et de coin. Contrairement à Bitcoin (réserve de valeur monétaire) ou à Ethereum (machine virtuelle programmable), un memecoin n’a pas de cas d’usage fondamental : son cours est piloté par l’attention, le narratif et le flux de capitaux qui en découle.

Sur le plan technique, un memecoin est un token standard. Sur Ethereum, il suit la norme ERC-20 ; sur Solana, le standard SPL ; sur BNB Chain, BEP-20. Le coût de création est devenu négligeable : sur pump.fun, lancer un token revient à environ 0,02 SOL de frais (Pump.fun, 2026), soit quelques dollars. Cette absence de friction explique l’inflation extrême du nombre de tokens.

Trois critères distinguent un memecoin d’une cryptomonnaie « utilitaire » classique. L’absence de white paper technique ou un white paper purement narratif. L’absence d’équipe identifiable ou une équipe pseudonyme assumée (Markus et Palmer ont longtemps tenu DOGE depuis l’anonymat partiel avant de quitter le projet). L’absence de roadmap exécutée : la valeur ne dérive d’aucune livraison de produit, mais de la viralité culturelle. Ces trois critères ne sont pas péjoratifs en soi, ils décrivent simplement la classe d’actifs.

La promesse implicite n’est pas un rendement issu de cash-flows, c’est un pari sur la viralité. Le détenteur parie qu’une communauté plus large achètera après lui, à un prix supérieur. C’est ce qu’on appelle parfois, sans détour, une économie de greater fool.

Quelle est l’histoire des memecoins de 2013 à 2026 ?

Dogecoin a été lancé le 6 décembre 2013 par Billy Markus et Jackson Palmer, comme parodie de l’engouement spéculatif autour des altcoins. Le projet repose initialement sur un fork de Litecoin et utilise comme mascotte le Shiba Inu du meme « Doge » (Dogecoin Foundation, 2024). Pendant huit ans, DOGE reste une curiosité cantonnée à Reddit, jusqu’aux tweets d’Elon Musk en 2020-2021 qui propulsent sa capitalisation au-dessus de 80 milliards de dollars en mai 2021.

Shiba Inu (SHIB) apparaît en août 2020, présenté comme le « Dogecoin killer ». Il introduit deux nouveautés stratégiques : un déploiement sur Ethereum (donc compatible DeFi) et un fair launch sans prévente ni allocation aux fondateurs. La capitalisation de SHIB dépasse temporairement celle de DOGE en octobre 2021.

PEPE arrive en avril 2023, basé sur le meme Pepe the Frog. Il devient l’un des plus rapides à atteindre 1 milliard de dollars de capitalisation. La période 2023-2024 voit également l’émergence de dogwifhat (WIF) et Bonk (BONK) sur Solana, marquant le basculement de l’écosystème memecoin de l’EVM vers Solana. Le déclencheur est double : des frais Solana inférieurs à 0,01 dollar par transaction et un temps de bloc sub-seconde, qui rendent viable une économie de micro-tickets et de rotations rapides impossible à reproduire sur Ethereum mainnet.

Janvier 2025 marque un point d’inflexion avec le lancement de TRUMP par Donald Trump trois jours avant son investiture, suivi de MELANIA. La capitalisation de TRUMP atteint un pic supérieur à 70 milliards de dollars dans les heures suivant le lancement, avant de s’effondrer dans les semaines suivantes (Financial Times, 2025). L’épisode est aujourd’hui considéré comme l’apogée et le retournement de la memecoin season : il a démontré qu’une notoriété mondiale et une infrastructure de marché mûre n’empêchent ni la concentration extrême de la supply ni les pertes massives pour le retail entré après les premières heures.

Fin 2024 et début 2025 voient également l’apparition d’une sous-catégorie particulière, les memecoins à thème IA. Goatseus Maximus (GOAT) émerge des conversations de l’agent Truth Terminal, expérience d’IA autonome dotée d’un wallet ; AI16Z est lancé par le développeur Shaw autour d’un fonds DAO piloté par agents ; Fartcoin devient l’archétype du memecoin de pure ironie. Ces tokens combinent l’attention IA avec la mécanique de pump.fun, sans utilité technique additionnelle.

La memecoin season Solana et pump.fun

Pump.fun a été lancé le 19 janvier 2024 et a transformé la création de memecoins en commodité. La plateforme permet à n’importe qui de déployer un token Solana en moins d’une minute, sans connaissance technique. À fin 2024, plus de 11 millions de tokens y avaient été créés, et le protocole avait généré un revenu cumulé de l’ordre de 700 millions de dollars (Dune Analytics, 2025).

Tokens créés sur pump.fun, par moisEn millions, janvier 2024 - avril 202600,30,60,91,2 MJan 24Oct 24Jan 25Avr 26Pic janv. 2025Source : Dune Analytics, dashboards pump.fun, avril 2026. Estimation visuelle de la tendance mensuelle.
Évolution mensuelle des créations de tokens sur pump.fun. Le pic de janvier 2025 coïncide avec le lancement de TRUMP, suivi d'un reflux progressif.

Le modèle économique repose sur trois leviers : un frais de création d’environ 0,02 SOL, un frais de swap de 1 % sur chaque transaction, et un frais de graduation lorsqu’un token atteint le seuil de capitalisation déclenchant son passage sur Raydium (environ 69 000 dollars de market cap interne pump.fun). Au-delà de ce seuil, la liquidité est verrouillée et le token devient échangeable sur le DEX principal de Solana.

Un effet souvent sous-estimé est celui des listings CEX. Lorsqu’un memecoin Solana atteint une capitalisation de quelques centaines de millions de dollars, Binance, Coinbase et OKX commencent à le lister, ce qui apporte un afflux brutal de liquidité et fait souvent monter le prix de 30 à 100 % en quelques heures. Historiquement, ces listings coïncident plus souvent avec des tops locaux qu’avec des points d’entrée : ils attirent l’audience retail au moment où les premiers acheteurs cherchent leur sortie. Le terme « listing top » est devenu courant dans la communauté trading.

Après le pic TRUMP de janvier 2025, la dynamique pump.fun s’est durablement essoufflée. Le nombre de tokens créés par jour est passé d’un sommet d’environ 70 000 fin janvier 2025 à moins de 15 000 par jour en avril 2026, et le pourcentage de tokens atteignant la graduation Raydium a chuté en proportion. Plusieurs concurrents (LetsBonk, Moonshot, Believe) sont apparus mais aucun n’a rétabli le rythme de 2024. Le secteur consolide autour de quelques tickers majeurs et perd progressivement la dimension « casino 24/7 » qui caractérisait son apogée.

Top memecoins par capitalisation en 2026

Les capitalisations ci-dessous sont des ordres de grandeur observés sur CoinGecko en avril 2026. Le secteur est volatil par nature : ces chiffres peuvent varier de plusieurs dizaines de pourcents en quelques semaines.

Rang Memecoin Ticker Chaîne Capitalisation (avr. 2026) Lancement
1 Dogecoin DOGE Doge (PoW) ~25 Md$ 2013
2 Shiba Inu SHIB Ethereum ~8 Md$ 2020
3 Pepe PEPE Ethereum ~4 Md$ 2023
4 dogwifhat WIF Solana ~2 Md$ 2023
5 Bonk BONK Solana ~1,5 Md$ 2022
6 Fartcoin FARTCOIN Solana ~1 Md$ 2024
7 Official Trump TRUMP Solana ~1 Md$ 2025
8 Popcat POPCAT Solana ~0,7 Md$ 2024

Sources : CoinGecko, catégorie Meme, avril 2026. Les capitalisations TRUMP et FARTCOIN sont particulièrement instables, avec des draw-downs supérieurs à 80 % depuis leurs pics respectifs.

Lire les fiches associées : Dogecoin, Shiba Inu, Solana (la chaîne support de la majorité des nouveaux memecoins).

Mécanique : bonding curve, sniping, rug pull

Sur pump.fun, le prix d’un nouveau token est déterminé par une bonding curve mathématique, pas par un carnet d’ordres. La courbe relie le prix au nombre de tokens en circulation : chaque achat augmente mécaniquement le prix, chaque vente le diminue. Tant que le token n’a pas atteint le seuil de graduation Raydium, la « liquidité » est virtuelle, contenue dans la courbe elle-même.

Le principe est emprunté à la finance traditionnelle (les automated market makers Uniswap-style ont popularisé la formule) mais paramétré pour produire une volatilité maximale. Plus la courbe est pentue, plus les premiers acheteurs profitent d’une appréciation rapide, et plus les acheteurs tardifs achètent cher. Pour un retail qui entre via un message Telegram trois minutes après le déploiement, le prix d’achat est typiquement déjà 5 à 20 fois supérieur au prix initial.

Cette architecture a deux conséquences pratiques. Premièrement, les premiers acheteurs (les snipers) capturent une part disproportionnée de la hausse, parfois 30 à 50 % de la supply via des bots qui détectent le déploiement à la milliseconde. Deuxièmement, la « profondeur » de marché est artificielle : un seul vendeur de quelques milliers de dollars peut effacer 50 % du prix. La bonding curve de pump.fun est paramétrée pour qu’un token atteigne la graduation Raydium après l’absorption d’environ 85 SOL (autour de 12 000 dollars selon le cours du SOL), au-delà desquels la liquidité accumulée est transférée dans une pool Raydium classique et le token devient pleinement échangeable hors de pump.fun. Avant cette graduation, moins de 1,5 % des tokens créés sur la plateforme atteignent ce seuil (Dune Analytics, 2025). Les 98,5 % restants meurent en quelques heures, faute de capital entrant suffisant pour soutenir la courbe.

Trois pratiques de marché s’articulent autour de cette mécanique :

  • Bundling, l’acheteur initial achète une fraction massive (parfois 20 % de la supply) en un seul bloc, via des bots de jito-bundles, pour s’assurer que personne d’autre ne snipera avant lui.
  • Wash trading, le déployeur transige avec lui-même pour faire monter artificiellement le volume affiché et déclencher l’apparition du token dans les rubriques trending.
  • Coordinated dump, le déployeur et les premiers wallets organisent leur sortie sur Telegram ou Discord, après avoir attiré une vague d’acheteurs retail.

Ces trois pratiques sont parfaitement visibles on-chain pour qui sait lire un explorateur Solana, mais invisibles pour le trader qui découvre le token via un post Twitter.

La distinction utile à connaître est celle entre rug pull dur et rug pull mou. Le hard rug consiste à retirer la liquidité après le pump : le développeur détient les LP tokens, les brûle ou les transfère, et le prix tombe à zéro en un bloc. Le soft rug est plus insidieux : le dev conserve une fraction massive de la supply, attend la viralité, puis vend par tranches en gardant le narratif vivant. Pour l’investisseur retail, le résultat est identique, mais le soft rug est plus difficile à détecter en temps réel et tombe rarement sous le coup d’une qualification pénale.

Sur notre suivi de plusieurs lancements pump.fun, le pattern observé est constant : les 5 premières minutes concentrent l’essentiel de la performance positive, puis la volatilité s’inverse. Sur 30 tokens suivis fin 2024, aucun n’avait conservé plus de 20 % de son pic trois mois plus tard. Ce n’est pas une statistique scientifique, mais c’est cohérent avec les études académiques citées plus bas.

Memecoin vs shitcoin : la différence

Les deux termes sont souvent confondus, à tort. Un memecoin assume sa nature culturelle et ne prétend pas à l’utilité. Dogecoin n’a jamais promis de révolutionner les paiements au-delà du clin d’œil ; PEPE n’a jamais publié de roadmap. La transparence sur l’absence d’utilité est, paradoxalement, un signal d’honnêteté.

Un shitcoin désigne une cryptomonnaie qui prétend à une utilité (DeFi, gaming, IA, RWA) sans la livrer, ou dont la tokenomics est sciemment construite pour léser les acheteurs (allocations équipe massives, vesting trompeur, mint infini). C’est une catégorie technique et morale, pas humoristique. Le shitcoin ment, le memecoin assume.

Cette nuance est utile pour la régulation : la SEC américaine a indiqué en février 2025 que « les memecoins typiques ne constituent pas des securities » au regard du droit fédéral, position qui ne s’applique pas à un projet présenté comme un investissement avec promesse de rendement (SEC Statement on Meme Coins, 2025).

En pratique, le test à appliquer pour qualifier un projet est simple : que prétend-il faire ? Si la réponse tient en une référence culturelle assumée, c’est probablement un memecoin. Si la réponse multiplie les buzzwords (« plateforme DeFi », « infrastructure IA », « écosystème RWA ») sans roadmap exécutée, sans équipe identifiable et sans audit, c’est probablement un shitcoin déguisé en projet sérieux. La pire combinaison reste le shitcoin habillé en memecoin : un projet qui prétend ne pas se prendre au sérieux mais dont la tokenomics est conçue pour extraire la valeur des entrants tardifs.

Les vrais risques pour le retail

Une étude publiée par des chercheurs de l’université technique de Berlin sur un échantillon de plusieurs millions de portefeuilles ayant tradé des memecoins Solana en 2024 conclut qu’environ 95 % des participants enregistrent une perte nette, avec un gain concentré sur une minorité de wallets souvent dotés d’un avantage informationnel ou technique (sniping bots, MEV, accès anticipé) (TU Berlin / SSRN, 2025). Le chiffre exact varie selon la méthodologie (seuil de matérialité, fenêtre temporelle), mais l’ordre de grandeur est confirmé par plusieurs études indépendantes.

Quatre risques structurels expliquent ce résultat.

Risque de liquidité. Le prix observé sur l’écran n’est valable que pour de très petits ordres. Un slippage de 30 à 80 % sur une vente de quelques milliers de dollars est routinier sur les tokens fraîchement gradués.

Risque de contrepartie informée. Les bots de sniping, les insiders et les MEV searchers exécutent en quelques millisecondes. Le retail qui clique trois minutes après le lancement entre déjà sur un prix marqué.

Risque de smart contract. Une fonction mint() non renoncée, une autorité d’émission active sur Solana ou une fonction de blacklist permettent au déployeur de geler les ventes ou d’inflationner la supply à volonté.

Risque de comportement. Le format pump.fun est conçu pour générer une dopamine de jeu d’argent. La rotation rapide entre lancements, l’asymétrie de la courbe (gain potentiel illimité, perte plafonnée à la mise) et la viralité sociale produisent des biais de surconfiance documentés (Chainalysis Crypto Crime Report, 2025).

À ces quatre risques s’ajoute une dimension fiscale piégeuse souvent ignorée : un trader qui enchaîne 200 swaps memecoin dans l’année déclenche 200 cessions imposables, même s’il finit l’année à l’équilibre en euros. Le calcul du prix moyen pondéré d’acquisition rend la déclaration laborieuse, et les outils d’export fiscal des wallets Solana restent, en 2026, nettement moins matures que ceux des CEX. Plusieurs traders memecoin se retrouvent en début d’année avec une plus-value taxable supérieure à leur solde réel. Le détail figure dans notre guide fiscalité crypto.

Cadre fiscal et régulation en 2026

En France, chaque cession d’un memecoin (vers euros, vers une autre crypto, ou en paiement) constitue une opération imposable au titre de l’article 150 VH bis du CGI, avec un PFU à 30 % par défaut ou option pour le barème progressif. Un swap memecoin contre USDC ou SOL est donc une cession, même sans passer par une bourse traditionnelle (service-public.fr, 2026). Pour le détail de la déclaration, voir notre guide fiscalité crypto.

Côté régulation européenne, MiCA classe les memecoins parmi les crypto-actifs autres (asset-referenced ni e-money tokens), avec des obligations de white paper allégées mais réelles pour les émetteurs et les CASP qui les listent. L’AMF a rappelé en 2025 que les plateformes commercialisant des memecoins en France doivent appliquer les règles de communication équilibrée et de prévention des manipulations.

Aux États-Unis, la SEC sous l’administration 2025 a explicitement écarté la qualification de security pour les memecoins « typiques » dans une position statement de février 2025, position contestée par l’aile pro-protection investisseur de la commission. Le statut reste donc instable et susceptible de basculer sur des cas particuliers (memecoins associés à un émetteur identifié promettant un rendement). La CFTC, en parallèle, considère la plupart des cryptomonnaies comme des commodities sous sa juridiction, ouvrant la porte à des poursuites pour manipulation de marché en cas de pump and dump documenté, indépendamment de la qualification SEC.

Le cadre français se renforce à la marge : l’AMF a publié en 2025 plusieurs mises en garde ciblant les CASP qui mettraient en avant les memecoins sans avertissement clair, et un dossier d’enquête a été ouvert sur des opérations d’influenceurs ayant promu des tokens dont ils détenaient une portion significative non divulguée. La règle ESMA sur les communications crypto (équivalent fonctionnel des règles MiFID II adaptées) impose un message d’avertissement type sur tout contenu promotionnel.

Faut-il investir dans des memecoins ?

Si vous décidez tout de même de vous exposer, traitez la position comme un budget de loisirs, pas comme un placement. Trois règles d’hygiène font la différence entre une expérience contenue et une perte significative.

Plafonner le sizing. L’allocation totale memecoin ne devrait pas dépasser 1 à 5 % d’un portefeuille crypto déjà raisonnable, lui-même limité dans le patrimoine global. Sur ce sous-pot, ne jamais ouvrir une position sur un seul token au-delà de 20 %.

Ne pas utiliser de fonds vitaux. Le proverbe « never use rent money » s’applique à la lettre. La fréquence des draw-downs supérieurs à 90 % dans cette classe d’actifs rend toute autre approche dangereuse.

Sortir partiellement par tranches. Le biais cognitif dominant sur memecoin est l’attente de « l’envol ». La pratique réaliste consiste à reprendre sa mise initiale dès qu’un x2 ou x3 est atteint, puis à laisser courir le reste avec un stop mental.

Vérifier le contrat avant d’acheter. Quelques minutes sur un explorateur Solana (Solscan) ou Ethereum (Etherscan) suffisent à dégager les indicateurs basiques : concentration des 10 plus gros holders, statut de l’autorité de mint (révoquée ou non), durée de verrouillage de la liquidité, historique du wallet déployeur. Des outils comme RugCheck (Solana) ou TokenSniffer (EVM) automatisent une partie de ce contrôle.

Considérer la position comme intégralement perdue. La règle mentale la plus protectrice consiste à inscrire la mise dans son budget comme déjà disparue. Si elle revient, tant mieux ; si elle ne revient pas, le ressenti reste neutre. Ce cadrage évite les décisions catastrophiques (moyennage à la baisse sur un token déjà rugué, levier sur du memecoin) qui transforment une perte limitée en perte structurante.

Tenir un journal des positions. Noter date, ticker, taille, raison d’achat et plan de sortie pour chaque position. Cette discipline simple révèle, après quelques mois, le vrai taux de réussite de sa propre stratégie, et permet de comparer son ressenti subjectif à la réalité du P&L cumulé. La majorité des traders memecoin surestiment de 30 à 50 % leur performance perçue par rapport à la performance réelle.

Pour s’exposer aux memecoins majeurs, la voie la plus simple reste l’achat sur un courtier régulé (comment acheter du Bitcoin et comment acheter de l’Ethereum couvrent les mêmes plateformes, dont plusieurs listent DOGE, SHIB et PEPE). Pour les memecoins Solana frais, seuls un wallet non-custodial et un DEX donnent accès aux tokens dès le lancement, avec le risque associé. Voir notre tutoriel MetaMask et notre guide Uniswap pour la mécanique d’un achat on-chain côté EVM ; pour Solana, l’équivalent passe par Phantom et Jupiter.

Le mauvais réflexe le plus courant consiste à raisonner par analogie avec Bitcoin ou Ethereum. Un memecoin n’a pas de courbe d’adoption longue, pas de halving, pas de demande institutionnelle ETF, pas de cas d’usage qui se déploie sur dix ans. Les heuristiques d’investissement à long terme ne s’y appliquent pas. La seule heuristique pertinente est celle de la vélocité d’attention : tant qu’un narratif circule, le prix peut tenir ; quand l’attention se déplace, le prix s’effondre, souvent en quelques jours.

L’actualité du secteur est suivie en continu sur notre page catégorie Solana, où nous documentons les lancements marquants, les rugs notables et l’évolution des volumes pump.fun.

FAQ

Un memecoin peut-il avoir une utilité ?

Marginalement, oui. Dogecoin a financé des actions caritatives (puits d’eau au Kenya en 2014, équipe olympique jamaïcaine de bobsleigh) et est accepté comme moyen de paiement par quelques marchands. Shiba Inu a développé un écosystème (ShibaSwap, Shibarium L2). Mais ces utilités sont la conséquence du succès du memecoin, pas leur cause. Investir sur la base d’une utilité « à venir » est rarement un bon angle.

Quelle est la différence entre Dogecoin et un token pump.fun ?

Dogecoin tourne sur sa propre blockchain proof-of-work, dispose d’une dizaine d’années d’historique et d’une distribution très large. Un token pump.fun est un SPL Solana créé en quelques secondes, dont la supply et la liquidité dépendent intégralement d’un seul contrat et souvent d’un seul wallet déployeur. La maturité, la décentralisation et le risque de rug pull diffèrent de plusieurs ordres de grandeur.

Combien de personnes gagnent réellement de l’argent sur les memecoins Solana ?

Selon plusieurs études académiques de 2024-2025 portant sur des millions de wallets, environ 3 à 5 % des participants réalisent un gain net significatif. La majorité de ces gagnants concentre la performance via du sniping automatisé ou un accès informationnel privilégié. Pour un trader retail manuel, la base de référence honnête est une perte attendue.

Les memecoins sont-ils imposés en France ?

Oui, comme tous les crypto-actifs. Chaque cession (vers euros ou vers une autre crypto) est imposable selon l’article 150 VH bis du CGI, au PFU de 31,4 % par défaut. La détention sur un wallet personnel n’est pas imposable en soi, mais la moindre vente ou swap déclenche le calcul de plus-value sur l’ensemble du portefeuille selon la méthode du prix moyen pondéré d’acquisition.

Comment repérer un rug pull avant d’acheter ?

Quelques indicateurs réduisent (sans éliminer) le risque : l’autorité de mint a-t-elle été révoquée ? La liquidité est-elle verrouillée et pour combien de temps ? Quelle part de la supply est détenue par les 10 plus gros wallets ? Le contrat a-t-il été audité ? Le déployeur a-t-il un historique on-chain identifiable ? Aucune de ces vérifications ne garantit l’honnêteté du projet, mais leur absence simultanée est un signal de sortie immédiat.

Pourquoi les memecoins sont-ils principalement sur Solana en 2026 ?

Trois raisons techniques convergent. Les frais de transaction Solana sont inférieurs à 0,01 dollar, ce qui rend viable une économie de micro-tickets et de rotations rapides. Le temps de bloc sub-seconde permet aux bots de sniping et aux interfaces type pump.fun de fonctionner en quasi temps réel. Enfin, l’écosystème SPL standardise la création de tokens et la composition avec les DEX (Raydium, Jupiter), ce qui réduit la barrière technique à zéro. Ethereum mainnet, avec ses frais variables et son temps de bloc de 12 secondes, n’offre pas la même expérience pour les très petits tickets.

Un memecoin peut-il devenir un actif de long terme ?

L’historique tend à dire non, à l’exception notable de Dogecoin qui a traversé plus de douze ans de cycles, et de Shiba Inu qui a construit un écosystème (ShibaSwap, Shibarium). Pour la quasi-totalité des autres tickers, l’horizon de vie utile se compte en semaines ou en mois. Les memecoins survivants partagent quelques traits : une mascotte forte, une communauté qui se renouvelle, et une distribution suffisamment large pour ne pas dépendre d’un seul wallet déployeur. Identifier ces traits ex post est facile, les identifier ex ante l’est beaucoup moins.

Quelle différence entre un memecoin et un airdrop ?

Un airdrop est une distribution gratuite de tokens à des wallets éligibles (selon des critères d’usage du protocole, par exemple). Le token distribué peut être un memecoin (BONK a été distribué partiellement par airdrop à la communauté Solana en décembre 2022) ou un token utilitaire d’un protocole DeFi. La nature memecoin ou non dépend de l’objet du token, pas de son mode de distribution.

Les memecoins sont-ils légaux en France ?

Détenir, acheter et vendre des memecoins est légal pour un particulier, dans les mêmes conditions que toute autre cryptomonnaie. Les obligations sont de deux ordres : déclarer chaque cession au titre des plus-values (formulaire 2086) et déclarer la détention de tout compte chez un courtier étranger (formulaire 3916-bis). En revanche, promouvoir un memecoin sans divulguer une éventuelle position personnelle peut tomber sous le coup des règles AMF de communication équilibrée et exposer l’auteur à des sanctions.