Donald Tusk a annoncé vendredi qu’il demanderait au président de la Diète polonaise d’organiser un nouveau vote sur la loi des marchés de crypto-actifs, bloquée par 3 vetos présidentiels. Cette décision survient après la faillite de l’exchange Zondacrypto, dont les clients ont perdu jusqu’à 94 millions de dollars, selon les estimations citées par Bitcoin.com News.
Au programme
- 94 M$ de pertes client après l’effondrement de Zondacrypto (Bitcoin.com News, août 2026)
- 3 vetos présidentiels successifs ont laissé la Pologne sans cadre MiCA applicable
- Aucun exchange crypto ne peut actuellement s’enregistrer légalement en Pologne
Pourquoi Tusk relance-t-il le vote maintenant ?
La Pologne traverse l’un des plus grands scandales de corruption liés aux cryptomonnaies de son histoire. L’arrestation récente du président du Comité olympique polonais, Radosław Piesiewicz, a précipité la réaction du gouvernement. Tusk a déclaré lors d’un conseil des ministres consacré au budget 2027 que « ce n’est pas un pot-de-vin ordinaire, ni un simple politicien, mais un système bien organisé ».
Le Premier ministre accuse directement le président Karol Nawrocki d’être impliqué dans la faillite de Zondacrypto. Cette affaire rappelle d’autres dossiers de fraude liés aux échanges numériques, comme les arrestations pour SIM swap intervenues plus tôt dans le pays. La situation a révélé l’urgence d’un cadre légal qui protège les épargnants, alors que des pays voisins ont déjà adopté des lois pour licencier les plateformes d’échange.
Quels obstacles ont bloqué la loi MiCA en Pologne ?
Le président Nawrocki a opposé son veto à 3 reprises à la loi de transposition du règlement européen MiCA, la dernière fois le 11 juin. Cette impasse institutionnelle place la Pologne dans une situation inédite au sein de l’Union européenne : le pays ne peut pas administrer les dispositions de MiCA, contrairement à la plupart de ses voisins.
Conséquence directe : aucun exchange crypto ne peut s’enregistrer légalement sur le territoire polonais. Ce blocage contraste avec la dynamique d’autres pays d’Europe centrale, comme la Hongrie qui a levé ses restrictions crypto sous la pression du même cadre européen. Tusk a estimé que « personne n’aura le courage de dire qu’il n’y a pas de problème ou que nous avons beaucoup de temps ». Cette paralysie institutionnelle tranche avec l’élan réglementaire observé ailleurs, y compris chez les pays qui ont longtemps hésité avant d’encadrer les cryptomonnaies et les ICO.
Quelles sont les accusations contre le camp présidentiel ?
Tusk a directement mis en cause le parti au pouvoir, évoquant « de l’argent liquide contre des montres de 40 000 euros, pour des médias, des partis électoraux et des fondations de politiciens de droite ». L’ancien dirigeant de Zondacrypto, Przemysław Kral, avait pour sa part qualifié la loi de « recul majeur » et prédit que l’industrie crypto nationale « souffrirait » de son adoption.
Les procureurs polonais ont ouvert une enquête pour fraude après le départ de Kral vers Israël. Les pertes clients sont estimées entre 94 et 97 millions de dollars selon les sources. Ce scandale s’inscrit dans un contexte plus large où l’UE cherche à renforcer la protection des investisseurs face aux dérives du secteur. La Pologne avait pourtant déjà montré sa volonté de lutter contre les manipulations de marché, notamment lorsqu’elle a financé des campagnes publiques pour dénigrer le Bitcoin.
À retenir
La relance du vote sur la loi crypto polonaise intervient dans un climat de crise politique aiguë, alimenté par un scandale de corruption évalué à 94 M$. L’absence de cadre MiCA pénalise les investisseurs polonais depuis plusieurs mois. La décision de la Diète déterminera si le pays rejoindra enfin le dispositif européen avant la fin de l’année.
Questions fréquentes
Pourquoi la loi crypto polonaise a-t-elle été bloquée ?
Le président Karol Nawrocki a opposé son veto à trois reprises à la loi de transposition de MiCA, la dernière fois le 11 juin. Sans texte national, aucun exchange crypto ne peut s’enregistrer légalement en Pologne, laissant les investisseurs sans protection.
Combien les clients de Zondacrypto ont-ils perdu ?
Les pertes sont estimées entre 94 et 97 millions de dollars. La faillite de la plateforme a déclenché une enquête des procureurs polonais pour fraude, après le départ vers Israël de son ancien dirigeant, Przemysław Kral.
Quelles sont les accusations de Donald Tusk contre le camp présidentiel ?
Le Premier ministre évoque « de l’argent liquide contre des montres de 40 000 euros » destiné à des médias, partis et fondations de droite. Il accuse directement le président Nawrocki d’être impliqué dans l’effondrement de Zondacrypto.
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