Paymium a reçu son agrément de Prestataire de Services sur Crypto-Actifs (PSCA), officiellement enregistré par l’Autorité des marchés financiers le 22 juin 2026. La plateforme, fondée en 2011, devient la première bourse française à carnet d’ordres à obtenir ce sésame européen, à 8 jours de l’extinction de la période transitoire. Deux autres acteurs, Meria et Bull Bitcoin, ont également reçu leur autorisation le même jour.

Au programme

  • Paymium décroche l’agrément MiCA PSCA (AMF, 22 juin 2026) : 1 an après le début des dépôts.
  • La plateforme se distingue par son carnet d’ordres, contrairement aux courtiers majoritaires en France.
  • Le passeport européen ouvre 27 marchés à un acteur qui opérait quasi-exclusivement en France depuis 15 ans.

Qu’est-ce que l’agrément MiCA change pour Paymium ?

L’agrément PSCA autorise Paymium à fournir 5 services : conservation de crypto-actifs, échange crypto-monnaie fiduciaire, exécution d’ordres, transfert de crypto-actifs et exploitation d’une plateforme de négociation. Concrètement, la société peut désormais opérer dans les 27 États membres sans solliciter d’autorisation supplémentaire, via le mécanisme du passeport européen inscrit dans le règlement 2023/1114.

C’est une rupture pour cette entreprise parisienne qui fonctionnait essentiellement sur le marché français. Avec l’agrément, elle bascule du statut PSAN national : qui disparaît au 1er juillet 2026 : vers un cadre unique prévu pour durer. La date n’est pas anodine : tout acteur non autorisé sous MiCA à cette échéance devra cesser son activité.

Le timing est serré. Le dépôt des premiers dossiers complets auprès de l’AMF remonte à la mi-2025, soit environ 12 mois d’instruction. L’obtention de l’agrément MiCA a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros aux acteurs concernés, entre frais de dossier, audits et mise en conformité.

Pourquoi Paymium se démarque-t-elle des autres plateformes françaises ?

La différence tient au modèle de marché. Contrairement à Coinhouse, Bitstack ou Meria : qui opèrent sur un mode courtier où le client achète et vend directement à la plateforme : , Paymium exploite un carnet d’ordres depuis son lancement. Les acheteurs et vendeurs y échangent directement, ce qui suppose une infrastructure technique plus lourde et un régime réglementaire spécifique.

Cette caractéristique rendait le dossier d’agrément plus complexe que celui d’un simple service de conservation ou de courtage. L’agrément PSAN obligatoire défendu par les sénateurs l’an dernier annonçait déjà cette distinction entre modèles. Paymium devait démontrer la robustesse de son moteur de matching, sa politique de conservation et ses procédures LCB-FT pour décrocher l’autorisation.

« Nous opérons un carnet d’ordres où acheteurs et vendeurs échangent directement leurs crypto-actifs », a rappelé l’entreprise dans son communiqué, soulignant la spécificité qui la différencie de la plupart des acteurs français.

La société rejoint le club fermé des plateformes européennes conformes MiCA. Kraken, OKX, et plus récemment Qwarks ont tous franchi cette étape, mais aucun n’exploite un carnet d’ordres depuis la France comme entité principale.

Quel calendrier pour la fin de la période transitoire ?

L’échéance du 1er juillet 2026 est cruciale pour l’écosystème crypto européen. Ce jour-là, la période transitoire : qui permettait aux PSAN enregistrés avant 2024 de continuer à opérer : prend fin pour les échanges France. Les plateformes sans agrément MiCA devront interrompre leurs services dans l’UE.

L’AMF a enregistré un nombre croissant d’agréments depuis mars 2026. Le 22 juin, c’est une vague de 3 acteurs français : Paymium, Meria, Bull Bitcoin : qui a reçu le feu vert, portant à plus d’une dizaine le nombre d’entités autorisées en France. L’annonce de Christine Lagarde pour un « MiCA 2 » ne semble pas avoir ralenti le rythme des octrois.

Reste que le marché français bascule dans un cadre entièrement nouveau. Les investisseurs doivent désormais vérifier l’agrément de leur plateforme. La régulation des stablecoins sous MiCA est déjà en vigueur depuis juin 2024, mais l’extension aux CASP marque l’étape suivante.

« L’agrément MiCA autorise Paymium à fournir des services de conservation, d’échange crypto-fiduciaire, d’exécution d’ordres, de transfert et d’exploitation d’une plateforme de négociation. »

Paymium, un pionnier français sous un nouveau jour

Fondée en 2011, Paymium est l’une des plus anciennes plateformes crypto au monde. Elle a survécu aux premières bulles Bitcoin, à l’effondrement de Mt. Gox en 2014 et à la transition réglementaire française du statut PSAN lancé par la loi PACTE en 2019.

L’obtention de l’agrément MiCA intervient 15 ans après sa création. Cela en fait un exemple rare de plateforme historique qui réussit sa mue institutionnelle sans levée de fonds massive, contrairement à Coinbase ou Kraken. Elle reste pour l’instant focalisée sur le marché franco-européen avec un volume quotidien de quelques millions d’euros. L’activation du passeport européen pourrait changer son échelle.

D’autres acteurs français ont également progressé : Revolut a obtenu une approbation à Chypre, Crypto.com une autorisation en Italie et Société Générale Forge le statut PSAN l’an dernier. Ces agréments dessinent un paysage où l’autorisation unique européenne devient le standard.

À retenir

Le 22 juin 2026, Paymium, Meria et Bull Bitcoin ont obtenu leur agrément PSCA sous MiCA, à 8 jours de la fin de la période transitoire. Pour Paymium, première bourse française à carnet d’ordres à décrocher ce statut, le passeport européen ouvre les 27 marchés de l’UE d’un seul coup. La prochaine échéance est le 1er juillet : à cette date, le régulateur français basculera entièrement dans l’ère MiCA.

Sources

Signal Haussier
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