Payward, la maison mère de l’exchange Kraken, a publié des résultats contrastés pour le deuxième trimestre 2026. Le chiffre d’affaires ajusté atteint 508 millions de dollars, en hausse de 17 % sur un an. Pour autant, l’EBITDA ajusté a fondu à 23 millions de dollars, contre environ 80 millions un an plus tôt. La plateforme grossit, mais sa rentabilité opérationnelle s’érode nettement. Un paradoxe qui illustre les tensions du marché crypto en 2026.

Au programme

  • 508 M$ de revenus ajustés au T2 2026, en hausse de 17 % sur un an
  • EBITDA ajusté en chute de 71 % à 23 M$, pénalisé par un volume en recul de 18 %
  • 6,6 millions de comptes financés, un record porté par le staking et les revenus d’actifs

Quelle est la dynamique des revenus de Kraken au T2 2026 ?

Le chiffre d’affaires ajusté de Payward progresse de 17 % en glissement annuel, pour atteindre 508 millions de dollars entre avril et juin 2026. Cette croissance s’explique par une transformation structurelle du modèle économique. Les revenus issus des actifs et autres services représentent désormais 60 % du total, contre 55 % un an plus tôt. La dépendance aux commissions de trading se réduit donc mécaniquement.

Cette évolution valide la stratégie de diversification engagée par Kraken depuis plusieurs trimestres. Les revenus non liés au trading compensent partiellement une activité de courtage moins dynamique. Le rebond de 42 % des comptes financés, qui atteignent un record de 6,6 millions d’utilisateurs, nourrit cette base de revenus récurrents.

Pourquoi l’EBITDA ajusté a-t-il chuté de 71 % ?

La rentabilité de Payward s’est nettement dégradée. L’EBITDA ajusté s’établit à 23 millions de dollars, soit une chute d’environ 71 % par rapport aux 80 millions du T2 2025. Cette contraction s’explique d’abord par la baisse du volume total de transactions sur la plateforme, qui recule de 18 % sur un an pour s’établir à 310 milliards de dollars. En parallèle, l’application mobile Kraken Pro doit composer avec des volumes de trading moins soutenus sur l’ensemble du marché.

Plusieurs facteurs conjoncturels pèsent sur l’activité de trading. Les volumes ont souffert d’un environnement de marché moins volatil, qui réduit les opportunités d’arbitrage et de rotation pour les investisseurs particuliers. La concurrence accrue entre exchanges, notamment sur Binance, comprime également les marges. Kraken doit désormais composer avec des coûts fixes plus élevés pour financer sa conformité réglementaire MiCA en Europe, via sa filiale Kraken Europe basée en Irlande.

Qu’est-ce qui soutient la croissance du nombre de comptes ?

Les comptes financés chez Kraken ont bondi de 42 % sur un an, atteignant un record de 6,6 millions au 30 juin 2026. Cette dynamique d’acquisition contraste avec la faiblesse des volumes. Les nouveaux utilisateurs déposent des fonds, mais tradent moins. Ce décalage s’explique par un basculement des usages vers le staking, le staking liquide et les rendements passifs.

Le portefeuille de produits s’est étoffé, avec des options de staking élargies et des solutions de conservation institutionnelle. L’arrivée de clients professionnels via les entités réglementées européennes, en particulier après l’obtention du passeport MiCA, alimente cette croissance. Les 660 000 nouveaux comptes trimestriels témoignent d’une capacité d’attraction intacte, même si la monétisation par utilisateur reste un défi. Pour les investisseurs cherchant à optimiser leur exposition, une bonne analyse technique des cycles de marché reste indispensable avant d’entrer sur ce type de plateforme.

La situation de Kraken n’est pas isolée. D’autres plateformes diversifiées comme Gemini ou XTB misent également sur les revenus d’intérêts et les services annexes pour stabiliser leurs résultats, dans un contexte où les commissions de trading deviennent plus imprévisibles.

Lecture CryptoActu La trajectoire de Kraken illustre une bascule profonde du marché : les échanges historiques deviennent moins rentables quand les cyclistes de la volatilité s’éclipsent. Avec 60 % de revenus non liés au trading, Payward se transforme en institution financière hybride, plus bancaire que boursière. Le rebond de 42 % des comptes financés est une promesse de revenus futurs, mais la contraction de 71 % de l’EBITDA montre que cette mue coûte cher. Les licenciements annoncés début 2026 chez Payward visaient déjà à redresser ce ratio. La question de la rentabilité durable reste posée avant une éventuelle introduction en Bourse.

À retenir

Payward affiche des résultats en demi-teinte au T2 2026 : 508 millions de dollars de revenus ajustés, en hausse de 17 %, mais un EBITDA ajusté en chute de 71 % à 23 millions. La diversification vers les revenus d’actifs porte ses fruits, avec 60 % du total, mais ne suffit pas encore à compenser le recul de 18 % des volumes. Les 6,6 millions de comptes financés constituent un socle solide pour l’avenir. Reste à surveiller la capacité de Kraken à transformer cette base d’utilisateurs en profits durables, alors que l’environnement concurrentiel se durcit en Europe.

Questions fréquentes

Pourquoi l’EBITDA de Kraken a-t-il chuté malgré la hausse des revenus ?

L’EBITDA ajusté a fondu de 71 % à 23 millions de dollars, alors que les revenus progressaient de 17 %. Les coûts fixes liés à la conformité MiCA ont augmenté, tandis que les volumes de trading ont reculé de 18 % à 310 milliards de dollars.

Quels sont les chiffres clés de Payward au T2 2026 ?

Payward affiche 508 millions de dollars de revenus ajustés, un EBITDA ajusté de 23 millions, des volumes de 310 milliards et 6,6 millions de comptes financés. Les revenus d’actifs représentent 60 % du total.

Kraken est-il rentable malgré la chute des volumes ?

Oui, Kraken reste rentable avec un EBITDA ajusté positif de 23 millions de dollars. Mais sa marge s’est fortement comprimée, passant d’environ 80 millions un an plus tôt, sous l’effet de coûts fixes plus élevés.

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