Près de 80% des investisseurs institutionnels japonais prévoient d’exposer leurs portefeuilles aux actifs numériques d’ici 2029, selon une enquête publiée par Nomura et sa filiale Laser Digital auprès de 518 professionnels de l’investissement. Ce chiffre traduit un basculement concret : les institutions ne débattent plus de l’opportunité d’investir dans la crypto, mais des modalités pour le faire.

Au programme

  • 80% des institutionnels japonais visent une allocation crypto d’ici 2029, majoritairement entre 2% et 5% (enquête Nomura/Laser Digital, décembre 2025-janvier 2026)
  • Le sentiment positif progresse : 31% des répondants se disent favorables à la crypto, contre 25% en 2024
  • L’intérêt dépasse le simple prix : staking, lending, dérivés et stablecoins attirent plus de 60% des sondés

Pourquoi le Japon bascule vers la crypto institutionnelle ?

Le cadre réglementaire nippon joue un rôle central. Le Japon a été parmi les premiers à encadrer les exchanges de crypto après la faillite de Mt. Gox en 2014, et a depuis intégré les actifs numériques dans sa loi sur les instruments financiers. Cette clarté juridique contraste avec l’incertitude qui freine encore d’autres marchés développés, comme aux États-Unis où plus de 100 entreprises crypto pressent le Sénat d’agir pour adopter le Clarity Act, et en Russie où une nouvelle loi crypto réforme le secteur des exchanges.

Les institutions citent aussi la faible corrélation avec les classes d’actifs traditionnelles comme moteur principal d’allocation. Dans un contexte de volatilité obligataire et d’incertitudes macroéconomiques, la crypto devient un outil de diversification, non une prise de risque spéculative.

Des acteurs comme SBI Holdings, déjà présent dans les services crypto, ou Mitsubishi UFJ Financial Group, qui explore les dépôts tokenisés, incarnent cette transition. Nomura lui-même a fondé Laser Digital en 2022 pour investir dans la gestion d’actifs numériques.

Lecture CryptoActu Le cas japonais illustre un schéma qui se répète ailleurs : la clarté réglementaire précède l’adoption institutionnelle. Trois des marchés les plus avancés sur ce terrain (Japon, EAU, Suisse) partagent un dénominateur commun : des règles lisibles avant même que la demande institutionnelle n’émerge.

Quels actifs et stratégies visent ces institutions ?

L’allocation ne se limitera pas à l’exposition directe au prix de Bitcoin ou d’Ethereum. Plus de 60% des répondants expriment un intérêt pour les stratégies génératrices de revenus : staking, lending, dérivés et actifs tokenisés. Ce chiffre indique une sophistication croissante de la demande.

Les stablecoins retiennent aussi l’attention : 63% des sondés y voient des cas d’usage concrets, notamment pour la gestion de trésorerie, les paiements transfrontaliers et les transactions en devises. La confiance va en priorité vers les stablecoins émis par des institutions financières reconnues, ce qui renvoie directement aux projets en cours chez des acteurs comme MUFG.

En comparaison, Deutsche Bank rapporte que l’adoption crypto retail aux États-Unis a rebondi à 12% en mars 2026, après être tombée à 7% en février, mais reste sous le pic historique de 14%. Le Japon présente donc une dynamique institutionnelle bien plus marquée que la demande retail américaine.

Le géant financier SBI, dont le lancement d’un premier fonds crypto au Japon est en préparation, s’inscrit directement dans cette tendance. L’accélération de l’adoption crypto mondiale, qui dépasse désormais 106 millions d’utilisateurs, fournit le contexte global dans lequel s’inscrit ce pivot japonais.

Quels sont les freins qui persistent malgré l’élan ?

L’enthousiasme a ses limites. Les répondants à l’enquête Nomura identifient plusieurs obstacles concrets :

  • Absence de cadres de valorisation établis pour les actifs numériques
  • Risques de contrepartie (fraude, perte d’actifs)
  • Volatilité persistante des marchés
  • Incertitudes réglementaires résiduelles, malgré les avancées japonaises

Ces réticences ne bloquent plus l’intention d’investir, mais conditionnent la vitesse d’exécution. La plupart des institutions tablent sur 2027-2029 comme horizon d’allocation effective, pas sur les prochains mois.

Intentions d'allocation crypto des institutionnels japonais (Nomura, 2026) Graphique à barres horizontales montrant les pourcentages d'institutionnels japonais intéressés par différentes stratégies crypto : allocation portefeuille 80%, staking et lending 60%, stablecoins 63%, sentiment positif 31%. Allocation d'ici 2029 Intérêt stablecoins Staking et lending Sentiment positif 80% 63% 60% 31% Source : Nomura / Laser Digital, enquête décembre 2025-janvier 2026, 518 répondants

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’enquête Nomura révèle sur les institutionnels japonais ?

Conduite entre décembre 2025 et janvier 2026 auprès de 518 professionnels de l’investissement, l’enquête Nomura/Laser Digital indique que 80% des institutionnels japonais prévoient d’allouer des actifs numériques d’ici 2029. Plus de la moitié visent une exposition entre 2% et 5% de leur portefeuille.

Pourquoi les institutionnels japonais s’intéressent-ils à la crypto maintenant ?

Deux facteurs principaux ressortent : la faible corrélation de la crypto avec les actifs traditionnels, qui en fait un outil de diversification, et la clarté relative du cadre réglementaire japonais. Le sentiment positif a progressé de 25% en 2024 à 31% en 2026.

Comment la demande institutionnelle évolue-t-elle à l’échelle mondiale ?

La tendance dépasse le Japon. Pour mieux comprendre comment la demande crypto institutionnelle mondiale évolue en ce moment, il faut croiser les dynamiques régionales : si le Japon accélère, d’autres marchés montrent des signaux plus mitigés selon les périodes.

À retenir

L’enquête Nomura dresse un tableau clair : le Japon est entré dans une phase d’allocation active, non plus de simple observation. Les prochains indicateurs à surveiller sont les premières allocations effectives annoncées par des fonds de pension et assureurs japonais, attendues entre 2027 et 2028.

Sources

Signal Haussier
Impact Modéré