Intesa Sanpaolo, premier groupe bancaire d’Italie par les actifs, a plus que doublé son exposition aux cryptomonnaies au premier trimestre 2026. Ses avoirs liés à la crypto sont passés d’environ 100 millions d’euros fin 2025 à quelque 235 millions d’euros au 31 mars, selon nos informations. Un bond de 135 % en un seul trimestre, qui place la banque parmi les établissements bancaires européens les plus avancés sur ce terrain. Pas sans raison : le cadre MiCA, pleinement applicable depuis décembre 2024, offre désormais la visibilité réglementaire nécessaire pour inscrire ces positions dans un bilan traditionnel.

Comment Intesa a-t-elle réparti ses 235 M€ ?

Bitcoin reste la position dominante du portefeuille. La banque a renforcé cette ligne par rapport au T4 2025, sans divulguer le volume exact. La nouveauté marquante : une première exposition à Ethereum, prise via des parts de l’iShares Staked Ethereum Trust de BlackRock. Intesa choisit ainsi un ETF adossé à de l’ether mis en staking, évitant la détention directe.

Sur XRP, la banque a constitué une position de 712 319 actions du Grayscale XRP Trust, soit environ 18 millions d’euros. Ce recours exclusif à des véhicules régulés (ETF, trusts) cadre avec les contraintes de compliance des grandes institutions européennes soumises aux règles prudentielles de la BCE. À l’inverse, Intesa a réduit son exposition à Solana via le Bitwise Solana Staking ETF. Rotation ciblée, pas achat indiscriminé.

Pourquoi ce mouvement surprend-il le secteur ?

Pas si longtemps. La banque avait acheté une première tranche de Bitcoin en janvier 2025 pour à peine 1 million d’euros, ce qui avait déjà fait parler dans la presse financière italienne. Passer à 235 millions en 18 mois représente un changement de registre.

Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large. Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dhabi, détient plus de 565 millions de dollars dans l’ETF Bitcoin de BlackRock. Intesa reste en deçà, mais sa qualité de banque commerciale retail en fait un signal fort : la crypto entre dans les bilans bancaires traditionnels. Les grandes banques abordent désormais la crypto via des instruments classiques plutôt que par détention directe. Comme le montre l’analyse du Comité de Bâle, les établissements européens formalisent progressivement ces positions dans un cadre comptable accepté.

Quels risques cette stratégie comporte-t-elle ?

L’utilisation d’ETF et de trusts régulés limite le risque opérationnel lié à la garde des clés privées. Pas de risque de hack sur wallet custodial. Mais l’exposition reste soumise à la volatilité sous-jacente des actifs. Une correction de 30 % sur Bitcoin et Ethereum effacerait environ 70 millions d’euros de valeur comptable, un montant non négligeable même pour un groupe dont le bilan dépasse 900 milliards d’euros.

Sur le plan réglementaire, la directive DAC8, en vigueur depuis janvier 2026, impose aux CASP de déclarer automatiquement les positions de leurs clients aux fiscs nationaux. Une banque qui détient des ETF crypto pour compte propre relève de règles comptables distinctes, mais la traçabilité accrue du secteur favorise les acteurs régulés. Les développeurs et institutions qui convergent vers Bitcoin et Ethereum renforcent la thèse d’une adoption durable. Intesa Sanpaolo semble parier sur cette résilience tout en se retirant partiellement de Solana.

Questions fréquentes

Quelle est l’exposition crypto d’Intesa Sanpaolo au T1 2026 ?

Intesa Sanpaolo détenait environ 235 millions d’euros d’actifs crypto au 31 mars 2026, contre 100 millions fin 2025. La hausse de 135 % en un trimestre couvre Bitcoin, Ethereum via l’iShares Staked Ethereum Trust de BlackRock et XRP via le Grayscale XRP Trust.

Comment Intesa Sanpaolo détient-elle ses cryptomonnaies ?

La banque passe exclusivement par des véhicules régulés : ETF (BlackRock, Bitwise) et trusts (Grayscale). Elle évite la détention directe de cryptomonnaies, ce qui limite le risque opérationnel lié à la garde des clés privées et respecte les contraintes de compliance européennes.

Qu’est-ce que la directive DAC8 implique pour les banques crypto ?

La directive DAC8, en vigueur depuis janvier 2026, oblige les prestataires de services sur crypto-actifs à déclarer automatiquement les positions clients aux fiscs européens. Les banques qui détiennent des ETF crypto pour compte propre relèvent de règles comptables distinctes, mais la traçabilité accrue renforce la position des acteurs régulés.

À retenir

Intesa Sanpaolo franchit un seuil symbolique avec 235 millions d’euros de crypto au T1 2026. La stratégie via ETF régulés sur Bitcoin, Ethereum et XRP illustre la maturité croissante des bilans bancaires européens. Prochain indicateur : les chiffres du T2 2026, qui confirmeront ou non la tendance.

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