En octobre 2022, lors de la 90e Assemblée générale d’Interpol à New Delhi, l’organisation internationale de police criminelle a lancé le premier metaverse policier mondial : un réplica virtuel de son siège de Lyon permettant des formations immersives et une collaboration transfrontalière en réalité virtuelle. En janvier 2024, Interpol a publié un livre blanc définissant le concept de “métacriminalité” (metacrime), couvrant dix catégories de crimes dans les mondes virtuels, selon Interpol.int.

En bref

Interpol a lancé son metaverse en octobre 2022 pour former les policiers et faciliter la coopération internationale. Un groupe d’experts dédié au metaverse a été créé, en collaboration avec Microsoft, Meta et le Forum économique mondial. En janvier 2024, Interpol a formalisé le concept de “métacriminalité” : 10 catégories de crimes virtuels incluant le grooming, la radicalisation, le vol d’avatar, la fraude NFT et les attaques cyber-physiques. En 2025-2026, la stratégie s’élargit aux investigations blockchain à grande échelle.

Catégories de métacriminalité - Interpol 2024 Les 10 catégories incluent grooming, radicalisation, vol d'avatar, fraude NFT et attaques cyber-physiques. Grooming / radicalisation Vol d'avatar / trespassing Fraude NFT / blanchiment Cyber-attaques physiques Harcèlement virtuel Extorsion / chantage Espionnage industriel Crimes financiers crypto Terrorisme / financement Abus sur mineurs Source : Interpol Metacrime White Paper, jan. 2024

Le metaverse policier d’Interpol : comment ça fonctionne ?

Le metaverse d’Interpol est un environnement de réalité virtuelle hébergé sur ses propres serveurs, accessible aux forces de police membres. Il comprend un réplica 3D du Secrétariat général de Lyon, des salles de formation virtuelles et des espaces de collaboration pour les équipes d’enquêteurs de différents pays. Les policiers peuvent s’y entraîner à des scénarios de crime virtuel sans exposer de vraies données d’enquête. En 2022, Interpol a collaboré avec le Forum économique mondial (WEF), Microsoft et Meta pour définir des standards de gouvernance des mondes virtuels. Un Groupe d’experts sur le metaverse a été constitué pour coordonner les travaux de recherche et de standardisation au niveau international.

Le concept de métacriminalité (metacrime)

Le terme “métacriminalité” a été formalisé par Interpol dans son livre blanc de janvier 2024 “Metaverse: A Law Enforcement Perspective”. L’organisation y identifie dix catégories de crimes propres aux mondes virtuels : grooming et exploitation de mineurs, radicalisation et recrutement terroriste, attaques cyber-physiques sur des infrastructures critiques, vol d’avatar, intrusion dans des espaces virtuels privés, fraude aux NFT, blanchiment d’actifs numériques, harcèlement et violence virtuelle, espionnage industriel, et financement illicite. La difficulté centrale est juridique : qui a compétence quand un crime virtuel implique des utilisateurs de 30 pays différents, avec des serveurs dans un quatrième ?

La stratégie Web3 et blockchain d’Interpol en 2025-2026

En 2025-2026, Interpol a élargi sa stratégie numérique au-delà du seul metaverse. L’organisation coordonne désormais des opérations d’envergure contre les réseaux de cybercriminalité crypto : portefeuilles mixeurs, plateformes d’échange sans KYC, et infrastructures de ransomware financées par des cryptomonnaies. Interpol avertit que les méthodes de traçage manuelles ne suffiront plus à l’échelle et pousse pour l’adoption d’outils d’analyse blockchain automatisés et de cadres juridiques multi-juridictionnels standardisés. La coopération avec des sociétés d’analyse blockchain comme Chainalysis et TRM Labs s’est intensifiée pour mener des enquêtes plus efficacement.

Questions fréquentes

Le metaverse d’Interpol est-il accessible au public ?

Non. Le metaverse d’Interpol est réservé aux forces de police et aux membres de l’organisation. Il n’est pas ouvert au grand public et n’est pas accessible via des applications VR commerciales.

Interpol peut-il poursuivre des crimes commis dans des jeux vidéo comme Fortnite ou Roblox ?

Cela dépend du type de crime. Un crime purement virtuel (vol d’un objet de jeu) relève généralement des conditions d’utilisation de la plateforme et du droit civil local. Mais si le crime implique de vrais argents (escroquerie, blanchiment), une atteinte physique réelle ou de l’exploitation de mineurs, les forces de police nationales – et potentiellement Interpol via coordination – peuvent intervenir.

La fraude aux NFT entre-t-elle dans le champ de la métacriminalité ?

Oui explicitement. Le livre blanc d’Interpol de 2024 cite la fraude aux NFT comme l’une des dix catégories de métacriminalité. Les arnaques au “rug pull”, la vente de NFT avec de fausses promesses de roadmap, et le blanchiment via des NFT sont des formes de crimes virtuels couverts par cette définition.

Sources

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