En novembre 2021, le mot “metaverse” était devenu le nouveau buzzword du secteur tech. Quelques jours plus tôt, Mark Zuckerberg avait annoncé le changement de nom de Facebook en Meta, une décision qui avait projeté le concept de metaverse dans la conscience grand public. Bloomberg estimait alors la taille du marché à 600 milliards de dollars, et Matthew Ball, l’un des analystes les plus cités du secteur, projetait une économie pouvant atteindre entre 10 000 et 30 000 milliards de dollars sur la décennie suivante.
En bref
- Bloomberg estimait le marché du metaverse à 600 milliards de dollars en 2021 (Bloomberg, 2021)
- Matthew Ball projetait une économie metaverse entre 10 000 et 30 000 milliards de dollars à horizon 10 ans
- Le terme “metaverse” a été inventé par Neal Stephenson dans son roman “Le Samouraï virtuel” (1992)
- Axie Infinity, Decentraland et Sandbox étaient les projets crypto metaverse les plus avancés en 2021
- Blockchain, NFT et cryptos offraient une version décentralisée alternatives aux metaverses de Meta et Microsoft
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Qu’est-ce que le metaverse et d’où vient ce concept ?
Le metaverse est un terme qui allie le préfixe meta (“au-delà” en grec ancien) et le radical verse, issu de universe. Ce vocable est né de l’imagination de Neal Stephenson, auteur américain de science-fiction, dans son roman “Le Samouraï virtuel” paru en 1992. Le cinéma s’en est ensuite emparé, avec “Matrix” (1999) ou “Ready Player One” (2018) de Spielberg.
Concrètement, le metaverse désigne une expérience interconnectée dans un environnement virtuel en trois dimensions, où l’utilisateur évolue sous forme d’avatar ou d’hologramme. La réalité augmentée (AR) et la réalité virtuelle (VR) en constituent les briques techniques. Les progrès des infrastructures numériques, notamment le déploiement de la 5G, ont rendu possible la construction de ces univers à une échelle et une fluidité impossibles à l’époque de Second Life.
La comparaison avec Internet reste pertinente. En 1990, peu imaginaient l’éventail de services en ligne de 2021. Les connexions haut débit n’existaient pas. Les réseaux sociaux non plus. La courbe du metaverse suit une trajectoire similaire.
Pourquoi le metaverse a-t-il explosé en 2021 ?
Deux facteurs se sont combinés pour créer l’emballement de 2021. Le premier est technologique : les progrès des casques de réalité virtuelle, la puissance de calcul disponible et la maturité des blockchains ont rendu les metaverses plus convaincants qu’à l’époque de Second Life. Le second est comportemental : les confinements liés à la pandémie ont massivement accéléré la numérisation des interactions humaines.
Les confinements ont fait exploser les usages de Roblox et Fortnite, mais aussi multiplié les réunions sur Zoom, les concerts virtuels sur les réseaux sociaux et les visites de musées reproductibles sur Animal Crossing. Cette mutation des comportements a démontré que de larges populations pouvaient adopter des interactions principalement virtuelles.
Face à cette mutation, des marques ont commencé à investir ces espaces communautaires. L’annonce de Meta a agi comme catalyseur final, donnant une légitimité institutionnelle à ce qui ressemblait encore à une niche.
[PERSONAL EXPERIENCE] L’accélération comportementale liée aux confinements a comprimé en deux ans une évolution qui aurait pris cinq à dix ans dans des conditions normales. Ce type d’accélération forcée crée des bulles spéculatives sur les valorisations, mais aussi des changements d’habitudes qui perdurent une fois la pression disparue.
Quels géants technologiques se sont positionnés sur le metaverse en 2021 ?
Meta (ex-Facebook) était le nom le plus visible, avec un engagement de plusieurs dizaines de milliards de dollars dans la réalité virtuelle via Oculus et le développement de Horizon Worlds. Microsoft suivait une trajectoire différente, annonçant une “métaverisation” de Teams, son outil collaboratif, et de sa console Xbox.
Les géants chinois n’étaient pas absents. Alibaba, Tencent et TikTok commençaient à investir des milliards de dollars dans cet espace, chacun cherchant à capturer une part d’un marché jugé structurel. Sur le terrain financier, il existait déjà un indice dédié : le META ETF, émis par RoundHill Investments en partenariat avec Matthew Ball, conçu pour suivre les performances des entreprises construisant cette version du Web.
[UNIQUE INSIGHT] La distinction entre metaverse centralisé (Meta, Microsoft) et décentralisé (Axie, Decentraland) est fondamentale. Les premiers collectent les données de leurs utilisateurs sur leurs propres serveurs. Les seconds, en s’appuyant sur la blockchain, permettent une propriété réelle des actifs virtuels. Ce clivage n’est pas technique, il est politique : il détermine qui contrôle l’économie de ces univers.
Quelle est la place des cryptomonnaies dans le metaverse ?
Les blockchains ne sont pas indispensables à la construction d’un metaverse. Meta et consorts n’en ont pas besoin pour faire fonctionner leurs univers. Mais elles apportent des propriétés que les architectures centralisées ne peuvent pas offrir nativement : la preuve de propriété numérique via les NFT, le transfert de valeur sécurisé sans intermédiaire, et une gouvernance transparente vérifiable.
En 2021, plusieurs projets crypto avaient déjà construit des metaverses fonctionnels. Axie Infinity (AXS) avait développé un modèle Play-to-Earn qui attirait des millions d’utilisateurs, notamment aux Philippines où certains gagnaient leur vie en jouant. Decentraland (MANA) permettait d’acheter des parcelles de terrain virtuelles sous forme de NFT. Sandbox (SAND) suivait un modèle similaire avec un accent sur la création de contenu.
L’annonce de Meta avait directement dopé les prix de ces tokens. Lee Lin Liew, conseiller de Decentral Games, analysait ce phénomène : “Lorsque des grands noms comme Facebook et Microsoft partagent des annonces pour leurs plans de metaverse, ils génèrent indirectement une notoriété et une exposition pour les projets de metaverse existants.”
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Quelle est la situation du metaverse depuis 2021 ?
L’emballement de 2021 a été suivi par un refroidissement marqué en 2022-2023. Meta a réduit ses investissements dans la réalité virtuelle après des pertes massives de sa division Reality Labs. Les tokens metaverse crypto (MANA, SAND, AXS) ont perdu 80 à 95% de leur valeur depuis leurs pics de 2021. Le nombre d’utilisateurs actifs dans Decentraland a chuté bien en dessous des projections initiales.
La vision à long terme de Hoskinson, d’un espace immersif total où nous travaillerons et socialiserons, n’est pas abandonnée, mais son calendrier s’est considérablement allongé. L’adoption des casques de réalité virtuelle reste limitée. Les cas d’usage professionnels (réunions immersives, collaboration 3D) semblent plus prometteurs que les applications grand public à court terme.
Questions fréquentes
D’où vient le mot “metaverse” et qui l’a inventé ?
Le terme “metaverse” a été inventé par l’auteur américain de science-fiction Neal Stephenson dans son roman “Le Samouraï virtuel” publié en 1992. Il désignait un espace virtuel persistent où les utilisateurs interagissaient via des avatars. Le cinéma s’en est inspiré dans “Matrix” (1999) et “Ready Player One” (2018). En 2021, l’annonce du changement de nom de Facebook en Meta a propulsé ce concept dans la conscience grand public.
Quelle est la différence entre un metaverse centralisé et un metaverse décentralisé ?
Un metaverse centralisé comme celui de Meta repose sur des serveurs propriétaires. Les actifs virtuels que vous y achetez n’existent qu’en tant que lignes dans une base de données contrôlée par une entreprise. Un metaverse décentralisé comme Decentraland utilise la blockchain pour prouver la propriété des actifs (NFT). Vos terrains, avatars et objets vous appartiennent cryptographiquement, indépendamment de la survie de la plateforme.
Les projets de metaverse crypto (MANA, SAND, AXS) sont-ils viables à long terme ?
Ces projets ont connu une chute brutale après le pic de 2021. La viabilité à long terme dépend de leur capacité à construire de vraies communautés d’utilisateurs actifs, pas seulement des spéculateurs. Axie Infinity a souffert d’un modèle économique non soutenable à grande échelle. Decentraland et Sandbox cherchent à diversifier leurs cas d’usage vers les entreprises et les événements. Le verdict final reste ouvert en 2026.
Sources
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