Les développeurs core d’Ethereum ont lancé les tests à grande échelle de Glamsterdam sur des réseaux de développement privés (devnets), signalant l’entrée dans la dernière ligne droite avant le gel du code. Présentée comme la mise à niveau la plus ambitieuse de 2026, Glamsterdam cible le scaling de la couche 1 d’Ethereum avec 2 innovations majeures : l’ePBS et les Block-Level Access Lists.
Au programme
- Glamsterdam est en tests sur devnets privés : gel du code et testnets publics constituent les prochaines étapes concrètes
- L’ePBS intègre nativement dans le protocole la séparation proposant/constructeur, aujourd’hui assurée par MEV-Boost externe (90 % des validateurs)
- Les Block-Level Access Lists visent à réduire la congestion et améliorer la parallélisation des transactions en forte demande
Qu’est-ce que Glamsterdam change concrètement pour Ethereum ?
Glamsterdam fusionne 2 grands axes de la roadmap en un seul upgrade. Le premier est l’ePBS (Enshrined Proposer-Builder Separation), mécanisme qui grave dans le protocole la séparation entre le proposant de bloc (validateur) et le constructeur de bloc (entité spécialisée qui optimise l’ordre des transactions). Aujourd’hui cette séparation repose sur MEV-Boost, un logiciel externe utilisé par environ 90 % des validateurs mais absent du protocole natif. Une dépendance que l’histoire du MEV sur Ethereum a rendue structurellement risquée.
Le second axe, les Block-Level Access Lists, vise à réduire la congestion. Ces listes permettent aux blocs de déclarer à l’avance les comptes et slots de stockage qu’ils solliciteront. Résultat attendu : une meilleure parallélisation de l’exécution des transactions et une réduction des coûts de gas en période de forte demande. L’entrée en phase devnets signifie aussi que la liste des EIP est définitivement arrêtée : les améliorations absentes attendront le prochain upgrade.
Pourquoi l’ePBS est-il central dans la stratégie de scaling L1 ?
L’ePBS est la pièce la plus attendue de Glamsterdam. Sans intégration native, la chaîne reste exposée à un risque de centralisation silencieuse : quelques grandes entités de construction de blocs concentrent aujourd’hui l’essentiel de l’activité MEV. En inscrivant la séparation dans le protocole, Ethereum réduit ce risque et améliore la résistance à la censure des transactions.
C’est un point identifié comme prioritaire dans les réflexions de Vitalik Buterin sur la scalabilité dès les premières discussions sur la roadmap post-Merge. L’upgrade s’inscrit dans la continuité directe de The Merge en 2022, qui avait basculé Ethereum vers le proof-of-stake. Depuis, les efforts s’étaient concentrés sur les rollups L2 et les blobs introduits par Dencun. Glamsterdam marque un retour offensif sur la L1 elle-même, avec une ambition de souveraineté technique retrouvée.
Comment se déroule la phase de test avant un upgrade majeur ?
Le processus suit une séquence rodée depuis Shapella et Dencun. Les équipes débutent par des devnets privés, où les développeurs core testent les EIP en conditions proches du réel sans exposer le réseau principal. Une fois les bugs critiques résolus et le code stabilisé, vient le gel du codebase : aucune modification majeure n’est acceptée après ce point.
Le déploiement sur testnets publics (Sepolia, Holesky) suit, permettant aux opérateurs de nœuds et aux développeurs d’applications de se préparer. Les opérateurs qui suivent les ETF Ethereum et les protocoles de restaking surveillent en particulier l’impact potentiel de l’ePBS sur les rendements de staking, redistribués différemment entre validateurs et constructeurs une fois la mécanique nativée.
Lecture CryptoActu Glamsterdam représente un tournant dans la stratégie d’Ethereum : après avoir misé quasi exclusivement sur les L2, le protocole reprend la main sur sa couche de base. L’ePBS répond à une critique persistante sur la centralisation induite par MEV-Boost. Si les devnets se passent sans accroc, 2026 pourrait marquer la réaffirmation d’Ethereum comme L1 souveraine face à des alternatives comme Solana.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’ePBS dans Glamsterdam ?
L’ePBS (Enshrined Proposer-Builder Separation) intègre nativement dans le protocole Ethereum la séparation entre le validateur qui propose un bloc et l’entité qui le construit. Actuellement assurée par MEV-Boost externe (utilisé par 90 % des validateurs), cette séparation devient une règle de consensus irréversible, réduisant les risques de centralisation et de censure.
Quand Glamsterdam sera-t-il déployé sur le réseau principal ?
Aucune date officielle n’a été communiquée pour le mainnet. La phase actuelle de tests sur devnets privés précède le gel du code, puis le déploiement sur testnets publics comme Sepolia et Holesky. Ce processus prend habituellement plusieurs mois après la stabilisation des devnets, plaçant un déploiement mainnet vraisemblablement en fin 2026 selon la cadence observée lors des upgrades précédents.
Comment Glamsterdam affecte-t-il les utilisateurs d’Ethereum au quotidien ?
Les Block-Level Access Lists devraient réduire la congestion et potentiellement les frais de gas en période de forte demande. L’ePBS pourrait redistribuer différemment les revenus MEV entre validateurs et constructeurs. Pour les détenteurs d’ETH, notre guide complet sur l’achat d’Ethereum couvre le contexte marché et les implications pratiques de ces évolutions.
À retenir
Glamsterdam est en phase de test finale sur devnets privés, avec l’ePBS et les Block-Level Access Lists comme innovations phares. Le gel du code puis les testnets publics constituent les prochaines étapes à surveiller. Pour les développeurs et opérateurs de nœuds, la fenêtre de préparation est ouverte dès maintenant.
Sources
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