L’activité minière Bitcoin en Éthiopie a bondi de 300 % depuis le halving d’avril 2024, selon nos informations. Le pays capte désormais 2,5 % du hashrate mondial, une progression spectaculaire pour un acteur quasi absent du secteur il y à 2 ans. Le moteur de cette ascension : une électricité hydroélectrique à 3,2 cents le kWh issue du barrage de la Renaissance sur le Nil.
Au programme
- L’activité minière Bitcoin a progressé de 300 % en Éthiopie depuis le halving d’avril 2024 (Crypto Briefing, juillet 2026)
- Le pays offre des tarifs hydroélectriques parmi les plus bas du monde, à 3,2 cents le kWh
- Une manne fiscale et un positionnement stratégique face à la redistribution du hashrate post-Chine
Comment l’Éthiopie est-elle devenue un hub minier Bitcoin ?
Le barrage de la Renaissance (GERD), d’une capacité de 6 450 mégawatts, a changé la donne énergétique du pays. Inauguré en 2022, il produit un excédent électrique massif que les infrastructures domestiques peinent à absorber. L’Éthiopie a saisi cette opportunité pour attirer des sociétés minières internationales avec un tarif fixe de 3,2 cents par kilowattheure.
Des opérateurs chinois et russes, autrefois basés au Kazakhstan ou en Iran, ont relocalisé leurs ASIC vers la corne de l’Afrique. La proximité avec les routes commerciales asiatiques et l’abondance hydraulique en font une alternative crédible face aux juridictions devenues hostiles. Le pays dispose aussi d’une altitude élevée qui facilite le refroidissement naturel des machines, réduisant les coûts opérationnels supplémentaires.
Pourquoi le hashrate éthiopien explose-t-il après le halving ?
Le halving d’avril 2024 a divisé la récompense par bloc à 3,125 BTC, compressant les marges des mineurs les moins efficaces. Dans ce contexte, les opérateurs se sont massivement tournés vers les zones au tarif électrique le plus bas possible. L’Éthiopie a capté 2,5 % du hashrate mondial en juillet 2026, contre moins de 0,5 % 18 mois plus tôt.
La production d’électricité issue du GERD couvre aujourd’hui 90 % du mix énergétique éthiopien pendant la saison des pluies. Les mineurs profitent de cet excédent saisonnier pour maximiser leur rentabilité sur les machines les plus récentes (S19 XP, S21), alors que les équipements plus anciens sont progressivement mis hors service ailleurs.
Cette redistribution du hashrate s’inscrit dans une tendance plus large de décentralisation géographique. La Colombie et certains pays d’Afrique de l’Est émergent comme des pôles complémentaires aux États-Unis, qui dominent encore avec 38 % du hashrate mondial. Le pool minier Luxor Technologies a d’ailleurs ouvert un bureau régional à Addis-Abeba en janvier 2026 pour accompagner cette migration.
Quels sont les risques pour le minage Bitcoin éthiopien ?
L’infrastructure réseau reste le principal goulet d’étranglement. Le débit Internet plafonne à 150 Mbps sur les fermes les mieux équipées, contre 1 Gbps dans les data centers texans. Ce handicap impose une latence plus élevée dans la propagation des blocs, avec un taux de blocs orphelins de 1,8 % contre 0,3 % en Amérique du Nord.
La stabilité politique constitue un autre risque. Les tensions régionales avec l’Égypte autour du partage des eaux du Nil pourraient, en cas d’escalade, perturber les investissements étrangers dans le secteur. Le gouvernement éthiopien a toutefois garanti un cadre réglementaire stable aux opérateurs miniers, avec une taxation plafonnée à 15 % des bénéfices pendant les 5 premières années d’exploitation.
La saisonnalité hydraulique limite aussi la production d’électricité en période sèche, où la capacité du GERD tombe à 60 % de son maximum. Les mineurs anticipent cette cyclicité en planifiant la maintenance de leurs équipements sur les mois de moindre rendement (février à mai).
À retenir
L’Éthiopie s’impose comme un hub minier sérieux avec une électricité à 3,2 cents le kWh et une capacité installée en forte croissance. Le pays pourrait capter 5 % du hashrate mondial d’ici 2028 si les investissements en fibre optique se concrétisent. La prochaine échéance à surveiller : l’ouverture du second tronçon du GERD en 2027, qui doublera l’excédent électrique disponible pour le minage Bitcoin.
Sources
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