Le président colombien Gustavo Petro a annoncé vouloir faire de la côte Caraïbe un hub de minage Bitcoin, en valorisant les surplus d’énergie renouvelable du pays. La Colombie produit 75 % de son électricité à partir de sources renouvelables, selon The Block. Petro cite en modèle le Paraguay, désormais 4e pays mondial par hashrate.

En bref

La Colombie dispose d’une capacité hydraulique et éolienne excédentaire que Petro souhaite convertir en minage Bitcoin, sur le modèle paraguayen. The Block et Cointelegraph s’accordent sur le fond de la déclaration, sans préciser le cadre législatif ou le calendrier d’exécution.

Colombie : mix énergétique et ambition Bitcoin La Colombie produit 75 % de son électricité à partir de sources renouvelables, ce qui fonde la proposition de Petro d'y développer le minage Bitcoin. Colombie : potentiel énergétique pour le minage Bitcoin 75 % d'électricité renouvelable en Colombie Surplus ciblé pour le minage Bitcoin sur la côte Caraïbe Source : The Block, mai 2026

Pourquoi la côte Caraïbe et pas ailleurs ?

La région nord de la Colombie concentre un potentiel éolien important, encore sous-exploité. Petro souligne que cette énergie est aujourd’hui largement gaspillée, faute de débouchés industriels suffisants. Transformer ce surplus en hashrate Bitcoin permettrait, selon lui, de monétiser une ressource qui ne génère actuellement aucun revenu pour l’État. C’est le même raisonnement qu’avait appliqué le Paraguay, qui exploite ses excédents hydrauliques du barrage d’Itaipu pour attirer des mineurs internationaux.

« Le Paraguay et le Venezuela ont su attirer des investissements dans le minage Bitcoin grâce à leur énergie propre abondante. » : Gustavo Petro, selon The Block (traduit de l’anglais)

Comment le Paraguay est-il devenu le modèle de référence ?

Le Paraguay est aujourd’hui le 4e pays mondial par hashrate Bitcoin, d’après Cointelegraph. Ce résultat repose sur une politique d’accueil des mineurs combinée à un prix de l’électricité parmi les plus bas d’Amérique du Sud. Le Venezuela est également cité par Petro, bien que sa trajectoire soit plus chaotique : les mineurs y ont souvent souffert d’une instabilité réglementaire et de coupures de courant. La Colombie, avec une infrastructure plus stable, entend éviter ces écueils. Ce mouvement régional s’inscrit dans une dynamique plus large : l’adoption du Bitcoin progresse particulièrement vite dans les pays émergents, où l’énergie bon marché constitue un avantage compétitif structurel.

Quelle faisabilité pour ce projet ?

Les déclarations de Petro restent, pour l’instant, au stade de l’intention politique. Ni The Block ni Cointelegraph ne mentionnent de texte législatif, de cadre fiscal spécifique ou d’appels d’offres auprès de mineurs. C’est un point de vigilance. L’intérêt du gouvernement colombien pour le Bitcoin ne date pas d’hier, mais les promesses présidentielles dans ce secteur ont souvent du mal à se concrétiser rapidement, comme en témoigne l’exemple de la République centrafricaine, qui peine encore à déployer son adoption du Bitcoin malgré plusieurs annonces officielles. Reste que la disponibilité réelle d’un surplus énergétique colombien donne à cette initiative plus de substance que la plupart des annonces similaires dans la région. Tether, pour sa part, a déjà franchi le pas en s’engageant dans le minage de Bitcoin en Uruguay, signe que l’Amérique du Sud devient un terrain d’expérimentation sérieux pour les opérateurs.

À retenir

La Colombie possède les atouts énergétiques pour devenir un hub minier Bitcoin régional. Petro s’appuie sur un modèle paraguayen éprouvé, mais l’absence de cadre légal précis laisse le projet à l’état de signal politique. Les prochains mois diront si des textes concrets suivent.

Sources

Signal Haussier
Impact Mineur