Ethereum (ETH) s’apprête à enregistrer trois trimestres consécutifs dans le rouge, une première absolue depuis son lancement en 2015. Si les prix se maintiennent à leur niveau actuel d’ici la clôture du 30 juin 2026, la baisse cumulée sur T4 2025, T1 2026 et T2 2026 atteindra environ 25 %. Un signal technique rare qui traduit un essoufflement structurel, au-delà d’une simple correction de marché.
Quelle est l’ampleur exacte de cette séquence baissière ?
Sur les trois derniers trimestres, ETH accumule une perte d’environ 25 % : -12 % au T4 2025, -8 % au T1 2026, et autour de -5 % sur le trimestre en cours. Depuis 2015, l’actif avait toujours rebondi sur au moins un trimestre après deux dans le rouge.
La différence cette fois : le contexte n’est pas un krach éclair comme en 2018 (-57 % sur un seul trimestre) ou en 2022. Il s’agit d’une glissade lente, sans catalyseur d’inversion clair. C’est précisément ce qui rend la séquence inhabituellement inquiétante pour les analyses de marché sur les altcoins.
Pourquoi Ethereum perd-il du terrain face à ses concurrents ?
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette faiblesse relative. La TVL d’Ethereum est passée de 65 % du marché DeFi en janvier 2025 à 52 % en mai 2026, selon DeFiLlama. Solana, les L2 (Arbitrum, Optimism) et d’autres blockchains concurrentes captent une part croissante des volumes.
La mise à jour Dencun (EIP-4844, mars 2024) a divisé les frais de transaction par dix sur les rollups. Bon pour l’utilisateur, problématique pour le mécanisme de brûlage d’ETH : moins de frais collectés signifie moins d’ETH détruit, donc une pression déflationniste réduite sur l’offre. Ce levier haussier structurel s’est nettement affaibli depuis 18 mois.
À cela s’ajoute l’incertitude réglementaire américaine. La SEC n’a toujours pas tranché sur la classification d’ETH comme commodity ou security. Cette ambiguïté freine les capitaux institutionnels, là où Bitcoin a bénéficié d’une clarté réglementaire plus rapide après l’approbation des ETF spot en janvier 2024.
Quels catalyseurs pourraient inverser la tendance ?
Un retournement reste possible. Les dépôts d’ETF spot ETH déposés par BlackRock, Fidelity et Grayscale auprès de la SEC constituent le catalyseur le plus attendu. L’approbation d’un tel produit pourrait répliquer l’afflux observé sur Bitcoin au début 2024, où l’entrée d’environ 12 milliards de dollars en quelques semaines avait propulsé l’actif vers son plus haut historique.
Le nombre d’adresses actives quotidiennes sur Ethereum L1 oscille autour de 400 000, en baisse de 25 % par rapport au pic de 2024 (données CoinGecko). Un regain de l’activité DeFi ou NFT, notamment via les L2, pourrait relancer la demande d’ETH comme gaz. Un assouplissement monétaire de la Fed ou de la BCE constituerait un troisième catalyseur, l’appétit pour le risque bénéficiant historiquement aux actifs crypto. On retrouve cette logique dans l’analyse Fibonacci appliquée à AAVE, qui illustre comment un support technique peut stopper une chute dans un contexte macro incertain.
Pour l’instant, aucun de ces trois scénarios n’est acté. Le marché attend.
À retenir
Ethereum s’apprête à inscrire une première en 11 ans d’existence : trois trimestres consécutifs dans le rouge, pour une perte cumulée d’environ 25 %. Concurrence accrue, mécanique déflationniste affaiblie, incertitude réglementaire persistante : les causes sont multiples. Les prochains mois, avec une décision possible sur les ETF spot ETH, seront déterminants.
Questions fréquentes
Pourquoi trois trimestres rouges consécutifs sont-ils une première pour Ethereum ?
Depuis son lancement en 2015, Ethereum n’avait jamais enchaîné trois trimestres de baisse sans au moins un rebond intermédiaire. La séquence T4 2025, T1 2026, T2 2026 cumule environ -25 %, une configuration inédite qui traduit un essoufflement structurel plutôt qu’un simple choc ponctuel.
Qu’est-ce que l’EIP-4844 et pourquoi affaiblit-elle le cours d’ETH ?
L’EIP-4844 (mise à jour Dencun, mars 2024) a drastiquement réduit les frais sur les rollups L2. Moins de frais collectés sur Ethereum L1 signifie moins d’ETH brûlé, ce qui affaiblit le mécanisme déflationniste introduit par EIP-1559. Ce levier haussier, central dans le narratif “ultrasound money” d’ETH, perd de son efficacité.
Un ETF spot ETH pourrait-il inverser la tendance baissière ?
L’approbation d’un ETF spot ETH par la SEC constitue le principal catalyseur attendu. Sur Bitcoin, l’entrée d’environ 12 milliards de dollars en quelques semaines début 2024 avait propulsé l’actif vers un nouveau sommet historique. Un scénario similaire reste possible pour ETH, mais la SEC n’a pas encore tranché sur la classification juridique de l’actif, ce qui retarde l’approbation.
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