Alors que le marché des cryptomonnaies reprenait des couleurs verdoyantes, une nouvelle baisse importante vient en secouer les investisseurs. Un mouvement soudain qui permet de rappeler que la volatilité est en permanence à l’affût dans le domaine. Mais également que ce ne sont pas toujours les bons éléments qui en dirigent l’évolution des prix. Preuve en est la dernière intervention « écologique » d’Elon Musk

Le bull market en cours dans le domaine des cryptomonnaies se poursuit contre tweets et shitcoins. Un parcours semé d’embûches, dont celles déposées par un Elon Musk dont on se demande bien à quoi il est en train de jouer. Car ses frasques finissent plus par ressembler à un véritable sabordage. Le tout en mode couteau dans le dos.

Le plus troublant dans cette histoire est le pouvoir qu’il semble détenir sur un univers des cryptomonnaies censé être autonome de tout contrôle. Alors même que les ondes déclenchées par ses interventions à répétition ne reposent sur rien de tangible.

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Et la dernière trouvaille du patron de Tesla est de pointer la consommation énergétique du Bitcoin. Un problème qui existe véritablement du fait de sa blockchain de type Proof of Work (PoW). Celle-ci reposant sur un réseau de mineurs dont les machines valident en permanence les nouveaux blocs. Le tout avec une consommation qui, selon l’indice CBECI de l’université de Cambridge, culminait alors au-dessus de 140 TWh en rythme annualisé. Cambridge a depuis révisé son modèle, ramenant l’estimation 2021 à 89 TWh.

Annonce du 12 mai 2021 : « Tesla a suspendu les achats de véhicules avec du Bitcoin. Nous sommes préoccupés par l’utilisation croissante de combustibles fossiles pour l’extraction et les transactions du Bitcoin, en particulier le charbon, qui a la pire émission de tous les combustibles. », Elon Musk

Elon Musk avec logo Tesla et symbole Bitcoin en arrière-plan

Un débat qui ne date pas d’hier. Et qui, au-delà de l’argument écologique, pose la question du calendrier. Car pourquoi autoriser l’achat de ses voitures avec du BTC pour se rétracter ensuite seulement quelques mois plus tard ? Et afficher cette volonté ferme de « stopper toute utilisation du Bitcoin tant qu’il ne s’orientera pas plus vers des énergies renouvelables. »

Une affirmation contestée par le maximaliste de la question Anthony Pompliano (Pomp), pour qui « cette histoire d’énergie a déjà été démystifiée maintes et maintes fois ». Le chiffre de 75 % qu’il avance mélange en réalité deux choses : l’étude de Cambridge de 2020 relève que 76 % des mineurs utilisent des renouvelables dans leur mix, mais que ceux-ci ne pèsent qu’environ 39 % de la consommation totale.

Le 13 juin 2021, Elon Musk précisera sa condition de retour : la reprise des paiements en BTC interviendra « lorsqu’il y aura confirmation d’un usage raisonnable (~50 %) d’énergies propres par les mineurs ». Fin mai 2021, la réunion organisée avec les mineurs nord-américains avait donné naissance au Bitcoin Mining Council, chargé de standardiser la publication des données énergétiques du secteur.

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Une crypto avec 1% de l’énergie du BTC

Alors quel est le véritable but de ce nouvel épisode de la saga : Elon Musk s’amuse avec les cryptomonnaies ? Si ce n’est la chute de 10% en moyenne que cela a infligé à un marché décidément bien immature. La réponse est dans la conclusion de cette dénonciation du Bitcoin. Quelle cryptomonnaie utilise moins de 1% de l’énergie nécessaire au Bitcoin ?

Un questionnement loin d’être anodin, car il semble que la société Tesla pourrait en accepter l’utilisation en remplacement du Bitcoin. Ce qui a enclenché une course à la découverte de cette cryptomonnaie écologique, avec comme objectif de prendre position dessus avant l’annonce officielle.

99,98% d’économie d’énergie, Ethereum 2.0 le futur de la blockchain ?

Et pendant qu’Elon Musk reste muet, les hypothèses pleuvent pour tenter de découvrir l’heureux élu de cette mascarade. Dans la liste de tête semble se trouver Ethereum qui a enclenché depuis quelques mois son passage à un réseau de type Proof of Stake (PoS). Mais la procédure est alors encore en cours. Ce basculement, finalement effectué le 15 septembre 2022 avec « the Merge », réduira la consommation du réseau de plus de 99 %. Ce qui soulève d’autres noms comme le Stellar (XLM) ou encore Algorand (ALGO) qui a récemment annoncé la neutralité carbone effective de son réseau.

Acheter une Tesla avec du DOGE ?

Puis arrivent les projets qui font peur comme le XRP de Ripple ou le dorénavant célèbre Dogecoin (DOGE). Et comme le sérieux n’étouffe pas Elon Musk, ces deux options restent possibles. Cela malgré le fait que le premier soit en procès avec la SEC depuis des mois, une procédure qui ne s’achèvera qu’en août 2025, sur une amende de 125 millions de dollars et une injonction visant ses ventes institutionnelles. Quant à ce qui concerne le Dogecoin, certaines données laissent penser que sa consommation d’énergie est aussi faible que la sécurité de son réseau. Avec des chiffres avancés par la structure TRG qui faisaient état en 2021 de seulement 0,12 KWh par transaction.

Tesla accepte le Dogecoin comme moyen de paiement

Une actualité qui va au moins permettre d’identifier les cryptomonnaies les moins énergivores de cet écosystème. Et qui pose deux questions. Quelle cryptomonnaie va bien pouvoir remplacer le Bitcoin pour acheter des Tesla ? Et y a-t-il encore vraiment des amateurs de cryptomonnaies qui ont envie de le faire ?

La réponse est connue depuis : aucune cryptomonnaie n’a remplacé le bitcoin pour l’achat d’un véhicule, Tesla acceptant seulement le Dogecoin sur sa boutique de produits dérivés depuis janvier 2022. Le constructeur a converti 75 % de ses bitcoins en dollars au deuxième trimestre 2022, pour 936 millions de dollars, et conserve depuis une position résiduelle de 11 509 BTC selon ses derniers dépôts trimestriels. Quant au seuil de 50 % fixé par Elon Musk, l’étude publiée par Cambridge en 2025 estime la part d’énergies durables du minage à 52,4 % (42,6 % de renouvelables et 9,8 % de nucléaire), contre 37,6 % en 2022, sans que Tesla ait pour autant rouvert le paiement en bitcoin.

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