Alex Mashinsky, ex-PDG de Celsius condamné en mai 2026 à 12 ans de prison pour fraude et manipulation de marché, vient de déposer une requête pour faire annuler sa peine. Il invoque une représentation juridique défaillante et une prétendue manipulation du token CEL par FTX. L’affaire relance les questions sur les causes réelles de l’effondrement de la plateforme en 2022.

En bref

Mashinsky conteste sa condamnation sur 2 fronts distincts : le retrait de ses avocats avant le jugement, et l’accusation selon laquelle Sam Bankman-Fried aurait délibérément détruit Celsius via une manipulation du cours du CEL sur FTX. La procédure fédérale pourrait prendre plusieurs mois avant qu’un tribunal statue sur la recevabilité.

Quels sont les 2 arguments de Mashinsky ?

La motion déposée auprès du tribunal fédéral repose sur 2 piliers. Mashinsky soutient d’abord avoir bénéficié d’une défense inefficace : ses avocats se sont retirés avant le prononcé du jugement, fait inhabituel qui fragilise, selon lui, la validité de la procédure.

Il allègue ensuite que Sam Bankman-Fried aurait orchestré une manipulation du token CEL sur FTX pour « détruire Celsius », contribuant à déclencher la crise de liquidités de juin 2022. La capitalisation du CEL était passée de plus de 3 milliards de dollars à moins de 100 millions en quelques semaines. Si une manipulation externe a précipité cette chute, le degré de responsabilité personnelle de Mashinsky pourrait, selon la défense, être réévalué.

La requête mentionne par ailleurs qu’un ex-dirigeant de Celsius, condamné à la peine purgée (« time served »), aurait organisé une prise de contrôle interne hostile.

Pourquoi ce dossier rouvre des questions sur la chute de Celsius ?

La condamnation de Mashinsky à 12 ans de prison avait conclu une affaire emblématique : une plateforme promettant des rendements de 17 % sur les dépôts avant de bloquer 4,7 milliards de dollars d’actifs clients.

Les premières poursuites contre Mashinsky avaient mis en avant des pratiques internes : manipulation de cours, tromperie sur les réserves, utilisation des fonds clients à des fins spéculatives. La défense veut désormais élargir le périmètre de responsabilité à des acteurs extérieurs.

L’argument FTX pose un problème pratique : SBF est décédé avant de pouvoir témoigner, ce qui rend toute vérification documentaire difficile. Les dépôts de bilan de Celsius avaient révélé des pratiques comptables opaques, compliquant l’attribution de l’effondrement à un facteur unique.

Quelles chances d’aboutir pour cette requête ?

Les requêtes en annulation de peine pour inefficacité de la défense constituent une voie reconnue aux États-Unis, encadrée par le 28 U.S.C. § 2255. Elles restent difficiles à obtenir : le requérant doit démontrer que les manquements de ses avocats ont eu une incidence directe sur l’issue du procès.

Le retrait des avocats avant le jugement est un fait objectif que le tribunal devra examiner. Il ne garantit pas l’annulation, mais justifie une audition contradictoire. Sur le volet FTX, les preuves documentaires seront déterminantes. Sans témoignage de SBF ni pièces établissant une intention délibérée, l’argument reste fragile.

Le tribunal doit d’abord statuer sur la recevabilité. Si la requête est jugée recevable, une audience au fond suivra, possiblement d’ici fin 2026.

À retenir

Mashinsky conteste sa peine de 12 ans sur 2 arguments : défense défaillante et manipulation de FTX sur le CEL. Le retrait des avocats avant le jugement est le point le plus solide juridiquement. À surveiller : la décision de recevabilité du tribunal fédéral dans les prochains mois.

Questions fréquentes

Pourquoi Mashinsky conteste-t-il sa condamnation ?

Il invoque 2 motifs : ses avocats se sont retirés avant le prononcé du jugement, un fait inhabituel, et Sam Bankman-Fried aurait manipulé le token CEL sur FTX pour détruire Celsius. Ces 2 arguments visent à remettre en cause la validité de la procédure et le périmètre de sa responsabilité.

Qu’est-ce que le 28 U.S.C. § 2255 utilisé par Mashinsky ?

C’est une disposition du droit fédéral américain permettant à un condamné de demander l’annulation de sa peine pour vice de procédure, notamment une défense juridique inefficace. La barre est haute : il faut prouver que les manquements de l’avocat ont directement influé sur le verdict. Découvrez d’autres affaires de régulation crypto qui illustrent les enjeux juridiques du secteur.

Celsius a-t-elle été la seule plateforme à s’effondrer en 2022 ?

Non. L’été 2022 a vu plusieurs plateformes centralisées s’effondrer en cascade. BlockFi avait déjà été dans le viseur des régulateurs avant de déposer le bilan en novembre 2022. Ces faillites ont durablement reconfiguré la confiance dans les plateformes de prêt crypto et accéléré les exigences réglementaires mondiales.

Sources

Signal Neutre
Impact Mineur
Nous ajouter à vos sources préférées sur Google