BNY, la plus grande banque dépositaire mondiale avec 59 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, déploie un service de custody d’actifs numériques à Abu Dhabi. Via un partenariat avec Finstreet et l’ADI Foundation, la banque américaine s’appuie sur l’Abu Dhabi Global Market (ADGM) pour construire une infrastructure régulée dédiée aux cryptomonnaies, selon CoinDesk. C’est un signal fort pour les investisseurs institutionnels encore hésitants, et un tournant pour la région.
Au programme
- BNY déploie un service de custody bitcoin et ether à Abu Dhabi via l’ADGM, avec une feuille de route vers les stablecoins et actifs tokénisés (CoinDesk, mai 2026)
- La banque, fondée en 1784, avait été la première banque américaine d’importance systémique mondiale à lancer un service de custody crypto
- Ce mouvement s’inscrit dans une institutionnalisation rapide de la crypto sur plusieurs marchés simultanément
Pourquoi Abu Dhabi attire les géants bancaires ?
L’ADGM s’est imposé comme la porte d’entrée privilégiée des institutions financières occidentales souhaitant accéder au Moyen-Orient. Abu Dhabi et Dubaï ont construit des cadres réglementaires clairs pour les actifs numériques, attirant exchanges, émetteurs de stablecoins et spécialistes de la tokénisation. BNY n’est pas la première grande institution à s’y installer. Mais son poids change la donne.
Avec 59 000 milliards de dollars sous conservation, la banque fondée en 1784 envoie un signal que peu d’établissements peuvent imiter. Elle avait aussi été la première banque américaine d’importance systémique mondiale à lancer un service de custody crypto : un précédent qui facilite aujourd’hui son expansion géographique.
« Les Émirats arabes unis entrent dans une nouvelle phase de développement financier, marquée par des marchés plus profonds et une connectivité mondiale renforcée. BNY est en position unique pour relier les écosystèmes financiers traditionnels et numériques. » — Hani Kablawi, vice-président exécutif de BNY (traduit de l’anglais)
Quels actifs seront concernés par ce service ?
Dans un premier temps, le dispositif couvre la garde sécurisée de bitcoin (BTC) et d’ether (ETH). La feuille de route prévoit ensuite une extension aux stablecoins et aux actifs tokénisés : obligations, fonds, actions représentés sur des réseaux blockchain.
Ce calendrier progressif est cohérent avec la stratégie des grands dépositaires : sécuriser d’abord les cryptomonnaies liquides, puis aborder les classes d’actifs plus complexes. La tokénisation attire l’industrie pour ses promesses de règlement plus rapide, de gestion de collatéral optimisée et de réduction des coûts opérationnels. Aucun chiffre de volume cible n’a encore été communiqué pour Abu Dhabi.
Les Émirats ont récemment accéléré leur agenda en finance numérique d’État. Plusieurs institutions locales ont dévoilé le mois dernier un projet de stablecoin adossé au dirham, ciblant les usages gouvernementaux et institutionnels. BNY arrive sur un marché en phase de structuration active. Pas de hasard.
Comment ce mouvement s’inscrit-il dans la stratégie des grandes banques ?
L’entrée de BNY à Abu Dhabi illustre une tendance de fond : les grandes banques dépositaires ne se contentent plus d’observer la blockchain depuis les gradins. Elles construisent l’infrastructure qui permettra aux fonds souverains, family offices et gestionnaires d’actifs de détenir des cryptomonnaies dans un cadre réglementé et auditable.
Ce mouvement ne se limite pas au Golfe. La plus ancienne banque américaine avait déjà pris position sur Bitcoin bien avant que l’engouement institutionnel actuel ne soit visible. Aujourd’hui, le calendrier s’accélère sur plusieurs fronts : Meitu avait acquis 50 millions de dollars en ETH et BTC dès 2021, signe que l’appétit institutionnel mondial précède les structures de custody formelles.
La rapidité du déploiement de BNY, via partenariats locaux plutôt qu’une implantation directe, témoigne d’une volonté d’aller vite sans porter seul le risque opérationnel dans une juridiction nouvelle. Les banques qui tardent risquent de manquer la fenêtre réglementaire favorable. C’est rare, cette convergence entre cadre légal clair et demande institutionnelle mature.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’ADGM et pourquoi BNY y opère-t-il ?
L’Abu Dhabi Global Market (ADGM) est une zone financière franche d’Abu Dhabi dotée d’un cadre réglementaire propre pour les actifs numériques. BNY y opère via un partenariat avec Finstreet et l’ADI Foundation pour bénéficier d’un environnement réglementé adapté au custody institutionnel de cryptomonnaies.
Quels actifs numériques BNY va-t-il conserver à Abu Dhabi ?
BNY débutera avec le bitcoin (BTC) et l’ether (ETH). L’extension aux stablecoins et aux actifs tokénisés, dont des obligations et fonds représentés sur blockchain, est prévue dans une deuxième phase. Aucune date précise n’a été communiquée pour cette expansion.
Pourquoi la présence de BNY à Abu Dhabi est-elle significative pour le marché ?
BNY gère 59 000 milliards de dollars d’actifs, ce qui en fait la plus grande banque dépositaire mondiale. Son entrée valide la juridiction d’Abu Dhabi aux yeux d’autres institutions financières hésitantes et accélère l’adoption institutionnelle des actifs numériques dans la région du Golfe.
À retenir
BNY lance son service de custody crypto à Abu Dhabi via l’ADGM, avec bitcoin et ether en priorité. L’extension aux stablecoins et actifs tokénisés suivra. À surveiller : le rythme d’adoption par les fonds institutionnels du Golfe et les éventuelles annonces concurrentes de State Street ou Citi.