Le 3 novembre 2021, la Commonwealth Bank (CBA) annonçait qu’elle allait autoriser ses 6,5 millions d’utilisateurs de l’application CommBank à acheter, vendre et détenir des cryptomonnaies : jusqu’à dix actifs, dont Bitcoin (BTC), Ethereum (ETH), Bitcoin Cash (BCH) et Litecoin (LTC). Une phase pilote devait ouvrir la voie à un déploiement complet en 2022. Ce déploiement n’a jamais eu lieu : la banque a suspendu le projet en mai 2022 et ne l’a pas relancé depuis.

Première banque australienne à proposer un service crypto

La Commonwealth Bank annonçait ce 3 novembre 2021 qu’elle deviendrait la première banque australienne à offrir à ses clients la possibilité de négocier une sélection de cryptomonnaies via son application CommBank.

Pour concevoir cette fonctionnalité, le premier fournisseur de services financiers du pays s’était associé à la plateforme d’échange américaine Gemini, chargée de l’exécution et de la conservation, et à la société d’analyse blockchain Chainalysis, chargée d’aider les équipes de conformité à surveiller la menace criminelle liée aux échanges d’actifs numériques.

La banque prévoyait un pilote limité à un nombre réduit de clients dans les semaines suivantes, avant un service complet en 2022 qui devait s’élargir progressivement à l’ensemble de sa base de clientèle.

Cette initiative répondait à une demande croissante des clients. Rien d’étonnant : selon les enquêtes de Finder, le taux de détention de cryptomonnaies en Australie dépassait alors la moyenne mondiale.

« L’émergence et la demande croissante de devises numériques de la part des clients créent à la fois des défis et des opportunités pour le secteur des services financiers. (…) Nous pensons que nous pouvons jouer un rôle important dans la cryptographie pour répondre à ce qui est clairement un besoin croissant des clients et fournir des capacités, de la sécurité et de la confiance dans une plateforme de trading crypto. »

Matt Comyn, PDG de la Commonwealth Bank

Des banques de plus en plus engagées dans la crypto ?

En 2021, emportés par la locomotive bancaire du pays, des acteurs crypto locaux de premier plan pensaient que les autres grandes institutions financières australiennes n’allaient pas tarder à lui emboîter le pas.

« Avec la réglementation à venir et la plus grande banque du pays le permettant, les vannes sont désormais ouvertes pour plus d’appétit de la finance traditionnelle. »

Caroline Bowler, PDG de l’échange cryptographique local BTC Markets

Le mouvement semblait alors inexorable. Aux États-Unis, les premières banques à s’impliquer avaient fait sensation en début d’année, en déclarant que « les actifs numériques faisaient désormais partie du courant dominant » (Roman Regelman, directeur de BNY Mellon) et en annonçant des unités de conservation et de transfert dédiées aux cryptomonnaies pour leurs clients qualifiés. La Suisse, l’Allemagne, l’Espagne et le Brésil n’étaient pas en reste.

La suite fut plus lente. Le pilote de la CBA a été bouclé au printemps 2022, mais la banque n’a pas obtenu le feu vert espéré de l’ASIC, le régulateur australien des marchés, sur la documentation produit, la définition du marché cible et les protections accordées aux clients. Le 19 mai 2022, en pleine chute du marché après l’effondrement de TerraUSD, Matt Comyn a annoncé la mise en pause du projet, sans calendrier de reprise. Le service n’a jamais été ouvert au grand public, et l’application CommBank ne permet toujours pas d’acheter des cryptomonnaies. L’exposition passe désormais par le courtier du groupe, CommSec, qui donne accès à des ETF crypto cotés en Australie sans les émettre lui-même.

Quant au cadre législatif que la banque disait attendre, il a fini par arriver, avec plus de quatre ans de décalage. Le Corporations Amendment (Digital Assets Framework) Bill 2025, adopté par le Parlement australien le 1er avril 2026, crée deux catégories régulées, les plateformes d’actifs numériques et les plateformes de conservation tokenisée, et impose à leurs opérateurs une licence de services financiers délivrée par l’ASIC, assortie d’obligations de protection des avoirs clients, d’information et de traitement des réclamations. De quoi lever, sur le papier, l’obstacle qui avait figé le projet.

Nous ajouter à vos sources préférées sur Google