Binance prépare son retour au Royaume-Uni avec une demande de licence auprès de la FCA, selon Cointelegraph. L’échange vise le régime crypto britannique qui entre en vigueur le 25 octobre 2027. Mais cette relance coïncide avec de nouvelles révélations sur des transferts de données clients vers la Russie, malgré le retrait officiel de Binance du marché russe en 2023, selon Reuters. La crédibilité réglementaire de la plateforme se retrouve sous pression.

Binance vise une licence FCA pour un retour sous le régime crypto britannique du 25 octobre 2027. Des données clients ont été transmises aux autorités russes après la sortie de 2023, dont 3 requêtes du FSB documentées depuis 2020. L’UE a adopté en juillet 2026 un paquet de sanctions frappant 14 plateformes crypto.

Pourquoi Binance vise-t-elle à nouveau la licence FCA ?

La branche britannique de Binance est interdite d’activités réglementées depuis juin 2021. La FCA avait alors estimé que la plateforme n’était pas capable d’être supervisée efficacement. Selon nos informations, Binance compte déposer une nouvelle demande sous le régime qui s’appliquera à partir du 25 octobre 2027.

Ce calendrier laisse 14 mois à l’échange pour bâtir un dossier solide. Le retour britannique s’inscrit dans une stratégie plus large de reconquête européenne, alors que Binance France n’aura pas l’agrément MiCA avant le 1er juillet. L’échange doit prouver qu’il a tiré les leçons de ses démêlés passés avec les régulateurs. Le dossier britannique s’ajoute à une longue liste de contentieux, comme le montrent les démêlés de Binance avec les autorités de régulation monétaire.

Quelles données Binance a-t-elle transmises à la Russie ?

En 2023, Binance a cédé ses activités russes à CommEX. Le directeur de la conformité, Noah Perlman, affirmait alors que la Russie ne correspondait pas à la stratégie de l’entreprise. Pourtant, des documents consultés par Reuters montrent que les autorités russes ont obtenu des données clients après ce retrait.

Le cas concerne Yuri Belenkiy, un informaticien russe détenu depuis septembre 2025. Il est accusé d’avoir envoyé un peu plus de 700 $ à des collectes de fonds militaires ukrainiennes. Moscou qualifie cela de financement du terrorisme. Deux réponses sont parvenues aux enquêteurs depuis une adresse Binance dédiée aux agences russes et biélorusses.

Ce canal n’est pas nouveau. En avril 2022, Binance avait reconnu 1 094 requêtes des autorités russes depuis 2020, dont 3 du FSB. Le comparatif Coinbase vs Binance montre à quel point les approches de conformité divergent entre les deux géants. Cette affaire illustre aussi comment la conformité AML change de visage sous la pression des sanctions et des amendes records.

Le cadre européen est-il respecté ?

L’article 48 du RGPD encadre les demandes émanant d’autorités étrangères. Le Comité européen de la protection des données a précisé en décembre 2024 qu’un tel transfert exige un accord international, généralement un traité d’entraide judiciaire, selon un document officiel de l’EDPB. Or, les documents décrits par Reuters montrent une requête, pas une ordonnance judiciaire.

Mike Bystrov, fondateur du cabinet Stellar Consulting, estime que Binance n’avait aucune obligation de répondre. Les règles européennes auraient même pu interdire la divulgation. L’EDPB a rappelé en 2022 que la Russie ne bénéficie d’aucune décision d’adéquation. Les exportateurs confrontés à des lacunes doivent suspendre les transferts. La situation de Binance s’inscrit dans un contexte plus large où la régulation américaine reste sous tension, avec des répercussions sur tous les grands exchanges.

Le tableau ci-dessous résume les tensions réglementaires auxquelles Binance fait face :

Juridiction Enjeu Échéance
Royaume-Uni Licence FCA 25 octobre 2027
Union européenne Agrément MiCA 1er juillet 2026
Russie Transferts de données Enquête en cours

La coopération avec les autorités devient-elle un risque ?

Binance répond aux demandes des États qui peuvent imposer le coût le plus élevé. La plateforme a traité plus de 47 445 requêtes d’application de la loi dans le monde, avec un délai moyen de 3 jours. Sa porte-parole maintient la position officielle : coopération avec les demandes légales, soumise aux exigences légales et réglementaires.

L’Union européenne durcit le ton. Le 21e paquet de sanctions, adopté en juillet 2026, a frappé 14 plateformes crypto d’interdictions de transactions. Il a aussi créé la possibilité de bannir les services crypto d’un pays entier. Le contexte réglementaire se resserre autour des exchanges, comme le montre la couverture des attaques réglementaires contre Binance. Au-delà de l’Europe, le groupe fait face à un procès de 150 millions de livres au Royaume-Uni, signe que les contentieux se multiplient sur tous les fronts.

À retenir

Binance avance sur deux fronts : reconquête du marché britannique et défense de sa réputation sur les données russes. La FCA examinera le dossier avec une exigence renforcée. L’affaire Belenkiy pourrait peser dans la balance. Les prochains mois diront si l’échange parvient à convaincre les régulateurs européens de sa maturité en matière de conformité. La lecture du marché crypto en juillet 2026 soulignait déjà que la régulation en marche allait redéfinir le paysage européen.

Questions fréquentes

Binance va-t-elle réellement obtenir une licence FCA au Royaume-Uni ?

Le dossier reste incertain. La FCA a interdit Binance depuis juin 2021, jugeant la plateforme insuffisamment supervisable. Le nouveau régime britannique entre en vigueur le 25 octobre 2027, laissant 14 mois à Binance pour démontrer une conformité renforcée. Les révélations sur les données russes compliquent néanmoins la crédibilité de la demande.

Que risque juridiquement Binance après les transferts de données vers la Russie ?

L’article 48 du RGPD impose un traité d’entraide judiciaire pour répondre aux autorités de pays tiers. La Russie ne bénéficie d’aucune décision d’adéquation depuis 2022. Selon Mike Bystrov, Binance aurait pu refuser la requête. Une procédure européenne pour violation du RGPD pourrait exposer l’échange à des sanctions financières.

Le retrait de Binance de Russie en 2023 était-il un simple habillage ?

Les documents de Reuters suggèrent que des canaux de coopération avec Moscou sont restés actifs après la cession à CommEX. En 2022, Binance avait déjà traité 1 094 requêtes russes, dont 3 du FSB. Cette continuité opérationnelle derrière un retrait officiel interroge sur la réalité de la sortie du marché russe annoncée par Noah Perlman.

Sources

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