Binance traverse sa pire semaine depuis le pardon présidentiel accordé à Changpeng Zhao. L’exchange accumule trois fronts critiques simultanés : une plainte de 150 millions de livres (175 millions d’euros) au Royaume-Uni, la perspective de devoir cesser ses activités en Europe faute d’agrément MiCA, et le retour des questions techniques sur le crash éclair du 10 octobre 2025, toujours inexpliqué.
Au programme
- Une action collective de 150 M£ déposée à Londres pour des pertes de trading alléguées (Crypto Times, juillet 2026)
- L’échéance MiCA du 1er juillet pourrait forcer Binance à suspendre ses services en Europe
- Le spectre du 10 octobre : les régulateurs rouvrent le dossier des liquidations éclair
Quel est le fondement de la plainte à 150 millions de livres ?
Le cabinet londonien Hausfeld a déposé une action collective contre Binance devant la Haute Cour britannique. Le cœur du litige porte sur des allégations de manipulation de marché et de défaut de protection des investisseurs particuliers. Les plaignants estiment que Binance n’a pas respecté les règles de la Financial Conduct Authority britannique, qui avait déjà émis un avertissement contre l’exchange en 2021 et restreint son accès au marché britannique.
L’enjeu financier est significatif : 150 millions de livres réclamés pour couvrir des pertes subies par des investisseurs particuliers entre 2020 et 2025. La procédure britannique est indépendante de l’accord trouvé aux États-Unis, où CZ avait plaidé coupable pour infraction au Bank Secrecy Act en novembre 2023. Les audiences préliminaires pourraient débuter dès octobre 2026.
Pourquoi l’agrément MiCA devient-il un problème existentiel ?
Binance n’a toujours pas décroché l’autorisation CASP (Crypto-Asset Service Provider) exigée par le règlement MiCA depuis le 30 décembre 2024. La Grèce a explicitement refusé la licence en mai 2026, et la filiale française n’obtiendra pas l’agrément avant la fin de la période transitoire, fixée au 1er juillet 2026.
Sans autorisation, Binance ne peut plus offrir légalement ses services dans les 27 États membres. La semaine dernière, l’exchange a menacé de retirer quatre altcoins de sa cotation européenne, signalant un possible début de repli opérationnel. D’autres plateformes, comme bitFlyer, ont déjà obtenu leur licence, ce qui accentue la pression concurrentielle et réglementaire sur le numéro un mondial.
Le crash du 10 octobre inquiète à nouveau les régulateurs
Les régulateurs européens examinent désormais les causes techniques des liquidations massives du 10 octobre 2025, qui avaient effacé plusieurs milliards de dollars en quelques minutes sur la plateforme. Selon nos informations, l’enquête porte sur les mécanismes de levier et la transparence des liquidations automatiques, un sujet déjà soulevé par le Department of Justice américain dans une enquête distincte sur 850 millions de dollars de flux suspects.
Ce cumul de crises : judiciaire au Royaume-Uni, réglementaire en Europe et technique sur l’intégrité des marchés : survient alors que Binance cherchait à tourner la page post-pardon. L’ironie du calendrier n’échappe à personne : c’est exactement au moment où la plateforme pensait avoir soldé son passif américain que l’étau européen se resserre.
L’exchange, qui revendique plus de 200 millions d’utilisateurs, n’a pas encore commenté officiellement ces trois développements. Reste à voir si Binance parviendra à contenir ces fronts simultanément ou si l’un d’entre eux déclenchera une remise en cause plus profonde de sa structure européenne.
À retenir
Binance cumule une action collective à 150 M£ à Londres, l’échéance MiCA du 1er juillet sans agrément européen, et des questions persistantes sur le crash du 10 octobre. La plateforme, qui croyait avoir tourné la page américaine, doit maintenant gérer trois crises simultanées sur le Vieux Continent.
Sources
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