Soucieuse de se conformer aux attentes des régulateurs, la plateforme d’échange Binance a poursuivi en 2021 le développement de son équipe dédiée à la réglementation. Embauche annoncée le 14 octobre 2021 : celle de Mark McGinness, ancien responsable des relations internationales de la Dubai Financial Services Authority (DFSA), où il a passé les seize dernières années de sa carrière.

Binance renforce encore son pôle réglementaire

Binance voulait alors en finir avec sa réputation d’enfant rebelle de l’écosystème crypto. Le plus grand exchange en termes de volume de transactions, poussé il est vrai par une vague de mesures ou d’injonctions prises à son encontre, avait décidé d’emprunter la voie de la conformité. Une décision destinée à pérenniser son activité, mais complexe à mettre en œuvre : la régulation des cryptomonnaies était alors loin d’être fixée.

En effet, outre le fait que les autorités financières tâtonnaient encore pour encadrer une industrie au dynamisme difficile à suivre, elles n’obéissaient pas toutes au même cadre législatif. Les normes régissant les activités cryptographiques variaient selon les juridictions, ce qui accroissait la difficulté d’une pleine conformité en dépit de la bonne volonté affichée.

Aussi, pour atteindre l’objectif de devenir « bien sous tout rapport », l’échange avait décidé depuis déjà un moment d’une stratégie d’intégration d’anciens responsables du monde traditionnel. Il a d’abord recruté, au printemps 2021, un ancien sénateur américain rompu aux questions fiscales. Puis s’en est suivi l’engagement d’anciens agents du Groupe d’action financière (GAFI), un organisme international particulièrement offensif sur la réglementation des cryptos. Des embauches qui témoignaient déjà du changement de braquet de Binance mais qui se sont avérées largement insuffisantes face à l’ire des instances de régulation qui s’est déclenchée dans les mois suivants.

Néanmoins, l’échange n’a pas renoncé à sa politique de recrutement, a priori la plus adaptée pour progresser sur la voie de l’apaisement. Un ancien enquêteur criminel du Trésor américain et deux ex-agents spéciaux de l’Internal Revenue Service étaient venus, à l’automne 2021, rejoindre son pôle réglementation.

Embauche d’un expert de premier plan en matière réglementaire

Et la plateforme d’échange a encore hissé son niveau de recrutement en choisissant d’intégrer d’ex-régulateurs. Ainsi a-t-elle embauché en août 2021 Richard Teng, ancien directeur général de l’autorité de régulation financière de l’Abu Dhabi Global Market, pour diriger ses opérations à Singapour. Et elle annonce ce 14 octobre compter désormais en ses rangs, comme premier « chief regulatory liaison officer », une personnalité qui a, outre son mandat à Dubaï, conseillé la présidence du régulateur australien (ASIC) et servi d’expert auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Difficile de trouver plus capé en matière d’expertise régulatrice… McGinness comptait bien faire profiter la plateforme de son carnet d’adresses, comme il l’a déclaré à Cointelegraph.

Je suis impatient d’apporter cette expérience à Binance où je travaillerai avec ces leaders de l’industrie et décideurs politiques pour aider non seulement à définir les meilleures pratiques et les cadres réglementaires, mais aussi à élargir leur compréhension de l’industrie de la blockchain et de la cryptographie. »

Commentant l’embauche de McGinness, Changpeng Zhao, le PDG de Binance, l’a qualifiée de « énorme pas en avant ».

Mark est l’un des régulateurs et experts en conformité les plus respectés du secteur. Il apporte plus de 30 ans d’expérience inestimable avec lui, travaillant aux côtés d’acteurs clés du secteur des services financiers. (…). Mark rejoignant notre leadership, ce n’est pas seulement un énorme pas en avant pour Binance, mais pour l’industrie dans son ensemble, alors que nous travaillons à développer l’industrie de manière responsable avec le soutien des régulateurs et des décideurs du monde entier. »

Les efforts entrepris par Binance devaient, selon les mots de son PDG, transformer « une startup technologique en une (véritable) institution financière ». La suite a été plus rude : le 21 novembre 2023, Binance a plaidé coupable aux États-Unis pour manquements à la lutte anti-blanchiment et accepté plus de 4,3 milliards de dollars de pénalités, tandis que Changpeng Zhao quittait la direction générale, remplacé par… Richard Teng. Faute d’agrément MiCA obtenu à temps, la plateforme a par ailleurs cessé de servir le marché français le 1er juillet 2026.

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