Le yen japonais a franchi un seuil historique en s’échangeant à 161,97 pour un dollar, son niveau le plus faible depuis décembre 1986. Cette chute intervient alors que la Banque du Japon campe sur une politique monétaire accommodante, creusant l’écart de taux avec les États-Unis.

La devise japonaise a touché un creux inégalé depuis près de 40 ans face au billet vert. Le différentiel de taux entre les deux zones économiques pèse lourdement, alors que la BoJ maintient des coûts d’emprunt très bas. Une intervention des autorités nippones n’est pas à exclure pour freiner cette dépréciation rapide. Cette situation profite aux exportateurs japonais, mais renchérit le coût des importations.

Chute du yen : 161,97 ¥/$ Le yen japonais a atteint 161,97 pour un dollar le 29 juin 2026, son niveau le plus bas depuis décembre 1986, illustrant la pression sur la devise nippone. Yen : un point bas de 40 ans 161,97 ¥ Pour un dollar américain Plus bas depuis décembre 1986 Source : PANews, 29 juin 2026

Comment l’écart de taux pèse-t-il sur la devise nippone ?

L’écart béant entre la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon explique la faiblesse chronique du yen. La BoJ maintient son taux directeur à un niveau proche de zéro, quand la Fed le conserve au-dessus de 5 %, rendant le dollar bien plus rémunérateur. Le rendement des bons du Trésor américain a grimpé à un plus haut depuis 2007, renforçant ce mouvement.

Cette situation alimente un carry trade massif : les investisseurs empruntent en yen, une devise bon marché, pour placer leurs capitaux en dollars. Ce mouvement auto-entretenu pèse structurellement sur la monnaie japonaise. Selon nos informations, le seuil symbolique de 160 pour un dollar a été pulvérisé en quelques heures seulement.

Pourquoi la BoJ hésite-t-elle à relever ses taux ?

La prudence de la Banque du Japon se justifie par un contexte économique délicat. Une remontée des taux menacerait le service de la dette publique nippone, qui dépasse 250 % du PIB. Le pays reste prisonnier d’une inflation importée et non d’une surchauffe domestique : la demande intérieure n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant 2020.

La BoJ a déjà subi des épisodes de resserrement avortés par le passé. Cette inertie contraste avec l’activisme d’autres banques centrales. La BoJ a déjà porté son taux à 1 %, son plus haut depuis 1995, sans stopper la glissade du yen. La fragilité de la devise alimente un cercle vicieux sur les volumes des plateformes centralisées d’échange, déjà en berne.

Quelles conséquences pour les actifs risqués comme le bitcoin ?

Une devise qui plonge fragilise la stabilité financière régionale et peut déclencher des ventes forcées d’actifs libellés en dollars. Les investisseurs japonais, détenteurs massifs de dette et d’actions étrangères, pourraient rapatrier des capitaux. Cette dynamique avait déjà provoqué un violent mouvement de risk-off début août 2024 sur les marchés crypto.

Le sentiment des investisseurs particuliers sur le bitcoin reste solide, mais la menace d’un resserrement soudain plane. Plus de 53 % de la supply de Bitcoin est immobile depuis au moins deux ans, ce qui tempère le risque de dégagements massifs à court terme. La prudence reste toutefois de mise.

Lecture CryptoActu La chute du yen illustre un déséquilibre macroéconomique croissant entre les États-Unis et le Japon. Tant que la BoJ ne signalera pas un changement de cap crédible, le billet vert continuera d’aspirer les capitaux mondiaux, au détriment des actifs libellés dans d’autres devises.

À retenir

Le yen a touché 161,97 pour un dollar, un plancher de quatre décennies. L’écart de politique monétaire entre Tokyo et Washington reste le principal catalyseur. Si ce seuil ne suffit pas à provoquer une intervention des autorités japonaises, la pression baissière pourrait se poursuivre. La prochaine réunion de la BoJ, en juillet, sera scrutée avec attention.

Sources

Signal Baissier
Impact Modéré
Nous ajouter à vos sources préférées sur Google