Le rendement du bon du Trésor américain à 30 ans a touché 5,19 % cette semaine, son niveau le plus élevé depuis 2007. Le 10 ans atteint 4,67 %, record depuis plus d’un an. Depuis l’ouverture du conflit américano-iranien, le marché obligataire n’a pas retrouvé d’équilibre stable : le 10 ans évoluait alors sous les 4 %, soit un bond de près de 70 points de base en l’espace de moins de trois mois. La corrélation entre taux longs et actifs risqués joue à plein : bitcoin, ether et actions de croissance encaissent la pression.
Pourquoi les taux longs montent-ils si vite ?
Les craintes d’inflation persistantes liées au conflit avec l’Iran alimentent la hausse, auxquelles s’ajoutent les inquiétudes sur la soutenabilité des finances publiques américaines. Les minutes du dernier comité de politique monétaire de la Fed montrent qu’une majorité de responsables estiment que des hausses de taux supplémentaires pourraient être justifiées si l’inflation reste au-dessus de la cible de 2 %.
La préoccupation principale des acteurs du marché n’est pas tant le niveau absolu atteint que la rapidité de la montée, notamment sur la partie longue de la courbe où les obligations à 10 et 30 ans reflètent les anticipations d’inflation et la crédibilité budgétaire américaine. Pas de « ligne rouge » identifiée, mais la vitesse d’exécution inquiète.
Le phénomène dépasse les frontières américaines : le rendement du Gilt britannique à 30 ans a atteint son plus haut depuis 1998, et l’obligation japonaise à 30 ans un record historique absolu.
Quel impact sur le bitcoin et les cryptos ?
Les actifs risqués sont touchés directement : le bitcoin a reculé à environ 76 800 dollars, son plus bas en 17 jours, tandis que l’ether a chuté à 2 114 dollars, niveau le plus bas depuis plus d’un mois. Les ETF bitcoin spot n’y échappent pas non plus : les fonds IBIT et BITO ont tous deux reculé de 3 % sur la même séance.
La logique est mécanique. Des obligations d’État qui rapportent plus de 5 % sans risque de crédit réduisent l’attrait relatif du bitcoin et des altcoins, qui n’offrent ni coupon ni rendement garanti. Dans ce type d’environnement, les investisseurs en altcoins se tournent généralement vers les stablecoins ou les actifs de premier ordre comme le bitcoin. La semaine écoulée l’illustre : gaming, layer 2 et memecoins ont affiché des baisses allant de -16 % à -19 %.
La corrélation bitcoin/macro reste un sujet ouvert. Historiquement, des périodes de taux élevés ont parfois précédé des capitulations courtes suivies de rebonds. Mais à court terme, tant que le 10 ans ne reflue pas sous 4,5 %, le vent reste contraire pour les actifs à risque.
Lecture CryptoActu La hausse des taux longs américains constitue aujourd’hui le principal facteur macro baissier pour les cryptomonnaies. Ce n’est pas un choc isolé : obligations japonaises et britanniques montent en parallèle, signalant un repricing global du risque souverain. Surveiller le prochain rapport PCE américain et les minutes Fed de juin : tout signal de désinflation pourrait inverser rapidement la pression sur le bitcoin.
À retenir
Les taux à 30 ans américains dépassent 5 % pour la première fois depuis 2007, et le 10 ans flirte avec 4,67 %. La pression baissière sur les cryptos est mécanique et directe. À surveiller : les données d’inflation PCE et la prochaine réunion de la Fed pour un signal d’inflexion.
Sources
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