Donald Trump a déclaré que Gary Gensler et son « armée anti-crypto » ont « presque détruit l’industrie crypto américaine ». La sortie du président américain, prononcée lors d’un discours sur la politique numérique, marque une nouvelle étape dans le repositionnement de Washington vis-à-vis de l’écosystème blockchain. Elle intervient alors que plusieurs textes réglementaires sont en cours d’examen au Congrès.
Gensler dans le viseur : que reproche Trump à l’ex-président de la SEC ?
Gary Gensler a quitté la tête de la Securities and Exchange Commission en janvier 2025, sous la pression de l’administration Trump. Mais le dossier reste ouvert pour la Maison-Blanche.
Selon nos informations, Trump a cité nommément Gensler et son « armée anti-crypto » comme responsables d’une politique hostile à l’innovation numérique. Durant son mandat (2021-2025), la SEC a engagé plus de 100 actions coercitives contre des acteurs crypto, dont des poursuites emblématiques contre Coinbase, Binance, Ripple ou encore Kraken.
« Gary Gensler et l’“Anti-Crypto Army” ont presque détruit l’industrie crypto américaine. »
- Donald Trump (traduit de l’anglais)
Cette rhétorique tranche avec l’ère Obama-Biden. Dès son retour au pouvoir, Trump avait signé un décret pour ouvrir les canaux bancaires aux entreprises crypto et ordonné à la Fed de revoir l’accès crypto aux systèmes de paiement. Les déclarations de mai 2026 s’inscrivent dans cette continuité.
Une loi « à l’épreuve du temps » : ce que promet Trump
L’attaque contre Gensler n’est pas seulement rétrospective. Trump a également formulé une promesse législative précise : codifier une « structure de marché pérenne pour les actifs numériques, à l’abri des crypto-haters ».
L’objectif affiché est d’empêcher qu’une future administration puisse défaire les acquis réglementaires par simple changement de leadership à la SEC. Un texte législatif - contrairement à une simple directive exécutive - nécessiterait en effet un vote du Congrès pour être abrogé.
| Engagement | Statut actuel |
|---|---|
| Structure de marché codifiée par loi | En cours au Congrès (CLARITY Act) |
| Réserve stratégique bitcoin fédérale | Décret signé, mars 2026 |
| Accès bancaire pour les CASP | Décret signé, janvier 2026 |
| Contrats perpétuels crypto encadrés | Première mention publique, mai 2026 |
Cette dernière ligne est notable. Trump aurait évoqué pour la première fois publiquement les contrats perpétuels crypto, un instrument de trading à effet de levier aujourd’hui très largement utilisé sur les plateformes offshore. C’est une ouverture significative vers une régulation des produits dérivés numériques, jusqu’ici hors du champ des discussions législatives mainstream.
Contrats perpétuels : pourquoi cette mention change la donne
Les contrats perpétuels représentent le segment le plus important du trading crypto en volume. Sur Binance ou Bybit, ils pèsent plusieurs centaines de milliards de dollars d’open interest quotidien. Pourtant, ils sont quasi-absents des textes législatifs américains en cours.
Leur mention par Trump suggère une volonté d’intégrer les produits dérivés dans le cadre réglementaire à venir, probablement sous la supervision de la CFTC plutôt que de la SEC. Ce positionnement correspond à la lecture traditionnelle républicaine : bitcoin et la majorité des crypto-actifs seraient des matières premières (commodity), donc sous compétence de la CFTC, et non des titres financiers (securities), domaine de la SEC.
Cette lecture avantage les acteurs américains du secteur, qui militent depuis des années pour une clarté juridique. Elle pourrait aussi accélérer l’intégration des grandes banques dans l’offre crypto, un mouvement déjà amorcé : plusieurs géants bancaires ont rejoint le marché crypto ces derniers mois, et la plus grande banque d’Australie a annoncé des services crypto pour ses clients.
Réaction du marché et enjeux politiques
Les déclarations de Trump arrivent dans un contexte de reprise des marchés crypto. Bitcoin évolue autour de 107 000 $ au moment de la déclaration, et la capitalisation totale du secteur dépasse 3 400 milliards de dollars selon CoinGecko.
Le soutien présidentiel affiché renforce la légitimité institutionnelle de l’écosystème. Mais les analystes restent prudents : un discours favorable ne remplace pas une loi votée. La fenêtre législative reste étroite avant les élections de mi-mandat de novembre 2026.
Les critiques, eux, soulignent que Trump est lui-même profondément ancré dans l’écosystème, via ses tokens $TRUMP, World Liberty Financial et ses positions en Ethereum. Ce conflit d’intérêts potentiel alimente une opposition bipartisane à une dérégulation trop rapide, notamment sur les stablecoins et les produits dérivés.
Décryptage Les attaques contre Gensler servent un double objectif : elles consolident la base électorale crypto-native de Trump (estimée à plusieurs millions de votants) tout en justifiant un virage réglementaire radical. La vraie question n’est pas rhétorique, c’est l’issue du vote du CLARITY Act au Sénat, attendu cet automne. Sans ce texte, les engagements de Trump restent révocables par décret.
À retenir
Trump amplifie son soutien à la crypto en ciblant Gensler et en promettant une loi pérenne sur les actifs numériques. La mention inédite des contrats perpétuels ouvre un nouveau front législatif. Surveiller le calendrier du CLARITY Act au Congrès américain, probable arbitre réel de cette ambition affichée.
Sources
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