Une issue semble avoir été trouvée par la communauté du projet Terra. Cela suite à l’effondrement historique de son écosystème au début du mois. Et le tout après de nombreux rebondissements et tractations parfois à la limite de l’acceptable. Avec la programmation d’un fork qui verra apparaitre la version 2.0 de cette blockchain. Et une distribution de cryptomonnaies dont on se demande si elle sera réellement intéressante pour les détenteurs de LUNA (bientôt LUNC). Car il ne suffira pas de relancer ce réseau pour que le phœnix renaisse de ses cendres encore chaudes.
À chaque fois qu’il est question de monnaie, le principe de « confiance » s’impose comme une condition nécessaire. Et leur version numérique n’échappe pas à cette règle. Une dynamique à l’origine de la résilience et de la dynamique haussière du Bitcoin sur le long terme. Et un problème évident auquel va devoir faire face le réseau Terra, après la crise majeure qui vient de frapper son écosystème.
Car il ne suffit pas toujours de vouloir pour pouvoir. Et la fuite de ses protocoles vers des terres plus stables va certainement mettre du plomb dans l’aile d’un Terra2 qui n’existe même pas encore. Cela dans un secteur de la blockchain Money Lego où la concurrence ne manque pas, une fois toute idée de stablecoin algorithmique écartée de l’équation… ou pas. Et une seule interrogation légitime : est-ce que cela a réellement du sens ?
Terra2, Renaissance programmée pour le 27 mai
La précipitation est palpable dans les rangs de la communauté du projet Terra. Au point de flirter parfois avec un n’importe quoi qui ne choque même plus, vu la situation qu’elle traverse. Mais avec cette volonté évidente de tenter de maintenir le navire à flot avant que tous les rats ne soient partis ailleurs. Raison pour laquelle un vote a été mis en place, afin de valider le lancement d’un fork du nom de Terra2. La proposition 1623 a été officiellement adoptée le 25 mai, avec 65,5% de votes favorables, un peu plus de 20% d’abstention et 13,2% de « non avec veto ». Un scrutin contesté : Do Kwon a amendé le texte alors que le vote était déjà ouvert, et le poids des validateurs, quelques gros opérateurs comme Stake Systems, DSRV ou Figment concentraient une part notable des droits de vote, a nourri le soupçon d’une décentralisation de façade.

C’est donc devenu officiel, la déviation Terra2 verra le jour demain (27 mai). Cette dernière abandonnant pour de bon l’actuelle Terra « Classic », et sa cryptomonnaie LUNA « Classic » (LUNC), à son triste sort. Une surprise, si l’on considère le peu d’enthousiasme rencontré par ce projet lorsqu’il avait été énoncé pour la première fois par Do Kwon, au plus fort de cette crise.
« Cela créera effectivement une nouvelle chaîne Terra sans le stablecoin algorithmique. L’ancienne chaîne s’appellera Terra Classic (LUNC), et la nouvelle chaîne s’appellera Terra (LUNA ). La mise à niveau de la chaîne commencera quelques heures après l’instantané de lancement. »
Terra
Au point d’espérer que son lancement n’est pas simplement une manière de limiter la casse pour des investisseurs fortement impactés par cette affaire. Avec la perspective d’une revente immédiate, si le prix de ce nouveau LUNA arrive à décoller. Un pari risqué, vu l’état de désolation du marché des cryptomonnaies. Mais avec cette idée que rien ne peut être pire que les 0,00016 $ auxquels s’échange le LUNC fin mai 2022…
Terra2, Distribution de la cryptomonnaie LUNA
Et comme il y a fork, cela implique une (re)distribution de cryptomonnaies à l’attention des détenteurs de LUNA Classic (LUNC). Avec une répartition qui s’écarte très clairement de l’historique règle du 1:1. Cela du fait de l’importante dilution de sa quantité disponible (supply) lors de la tentative ratée de sauvetage du stablecoin UST. Car il existe alors près de 7000 milliards de LUNC. Et la nouvelle version du réseau Terra2 est censée se limiter à 1 milliard d’unités de LUNA. Du moins selon le plan de relance du 16 mai dernier. Car il n’y a aucune mention de ce chiffre dans les derniers documents mis à jour. Une information qui reste donc à confirmer.
Dans les grandes lignes, cette distribution de cryptomonnaies LUNA concerne uniquement les détenteurs de LUNC et, dans une moindre partie, de stablecoins UST, avec une répartition qui distingue les positions détenues avant l’attaque du 7 mai de celles constituées après.
C’est-à-dire dans le détail :
- Pools communautaires : 30%
- Détenteurs de LUNA (LUNC) pré-apocalyptiques : 35%
- Détenteurs d’UST pré-apocalyptiques : 10%
- Détenteurs de LUNA (LUNC) post-apocalyptiques : 10%
- Détenteurs d’UST post-apocalyptiques : 15%
Bien évidemment il reste très risqué de chercher à acheter du LUNC avant la date du snapshot final en pensant profiter de cette distribution. Car il ne s’agit pas d’un airdrop, mais d’une tentative hasardeuse de relance d’un écosystème moribond, qui n’ouvre des droits que sur 10% de cette nouvelle supply. Car tout n’est plus qu’une question de confiance…
Ce qu’il en est advenu. Terra 2.0 a démarré le 28 mai 2022 : le nouveau LUNA a ouvert près de 19 $ avant de clôturer sa première journée sous 5 $. En août 2026, il s’échange autour de 0,042 $, contre 0,00005 $ pour le LUNC ; l’UST, rebaptisé USTC, n’a jamais retrouvé sa parité et vaut environ 0,005 $. Terraform Labs s’est placé sous chapitre 11 le 21 janvier 2024, avant qu’un jury de New York ne le reconnaisse coupable de fraude le 5 avril 2024, suivi d’un règlement de 4,5 milliards de dollars avec la SEC et de la dissolution de la société. Do Kwon, arrêté au Monténégro le 23 mars 2023 puis extradé vers les États-Unis le 31 décembre 2024, a plaidé coupable de deux chefs de fraude le 12 août 2025 et a été condamné à 15 ans de prison le 11 décembre 2025.
-
ÉCONOMIE & MACROPCE : l'inflation core stagne à 3,3 %, la Fed attendue