L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) américain a publié un projet de règlement sur les stablecoins qui agite l’industrie. Deux points cristallisent les critiques : une interdiction de verser des rendements aux détenteurs, étendue aux partenaires distributeurs, et un plafonnement à 20 % des réserves en actifs tokenisés. BlackRock et Consensys ont déjà déposé des commentaires formels pour contester ces dispositions.

Au programme

  • L’OCC veut interdire tout rendement sur stablecoin, y compris via des tiers distributeurs, selon Bitcoin.com News
  • BlackRock demande la suppression du plafond de 20 % sur les réserves tokenisées, qui menacerait son fonds BUIDL (via The Block)
  • Ces deux règles s’inscrivent dans le cadre du projet de loi GENIUS Act, en cours de débat au Congrès américain

Pourquoi l’interdiction de rendement inquiète-t-elle l’écosystème ?

Le projet de l’OCC ne se limite pas aux émetteurs de stablecoins. Il étendrait l’interdiction de rémunération aux partenaires de distribution, c’est-à-dire aux plateformes qui proposent des stablecoins à leurs utilisateurs. Pour Consensys, entreprise à l’origine de MetaMask et d’infrastructures Ethereum, cette portée élargie pose un problème de fond.

“La proposition classe à tort certaines activités DeFi comme de la distribution, ce qui pourrait soumettre des protocoles décentralisés à des règles conçues pour les banques.”

  • Consensys, commentaire formel soumis à l’OCC (mai 2026)

Consensys soutient aussi que le texte pourrait bloquer les modèles d’émission multi-marques, où un même stablecoin est distribué sous différentes enseignes par plusieurs entités. Cette architecture est courante dans la régulation DeFi, et son interdiction implicite créerait une insécurité juridique importante pour les protocoles.

Quel impact le plafond de 20 % aurait-il sur les RWA ?

C’est sur ce point que BlackRock est intervenu directement auprès de l’OCC. Le gestionnaire d’actifs conteste le plafonnement à 20 % des réserves de stablecoins en actifs tokenisés sur blockchain.

Son argument : le risque d’un actif dépend de sa qualité de crédit et de sa liquidité, pas du fait qu’il soit inscrit sur un registre distribué. Interdire ou limiter les réserves tokenisées au motif de leur support technique revient, selon BlackRock, à pénaliser une infrastructure neutre.

L’enjeu est direct. Le fonds BUIDL de BlackRock, composé de bons du Trésor américain tokenisés, fournit actuellement plus de 90 % des réserves de USDtb (Ethena) et de JupUSD (Jupiter). Si le plafond de 20 % entrait en vigueur, ces stablecoins devraient restructurer l’intégralité de leur base de réserves.

BlackRock demande également que les ETF obligataires soient explicitement reconnus comme réserves éligibles, et que les bons du Trésor à taux variable de maturité inférieure à 2 ans soient ajoutés à la liste des actifs acceptés.

Règle OCC stablecoin : chaîne d'impact sur les RWA L'OCC propose un plafond de 20 % sur les réserves tokenisées. Cela menace le fonds BUIDL de BlackRock qui garantit plus de 90 % des réserves de USDtb et JupUSD. BlackRock demande la suppression du plafond. Règle OCC : impact sur la chaîne RWA OCC Plafond 20 % RWA Menace BUIDL +90 % réserves Conteste BlackRock Commentaire OCC Source : The Block, mai 2026

Comment s’articule ce débat avec le GENIUS Act ?

Les règles proposées par l’OCC s’inscrivent dans la mise en oeuvre du GENIUS Act, le projet de loi fédéral américain sur les stablecoins en cours d’examen au Congrès. Ce texte vise à établir un cadre national unifié pour les émetteurs de stablecoins, en précisant les exigences de réserves et les conditions d’agrément.

L’OCC a ouvert une période de commentaires publics, pendant laquelle les acteurs du secteur peuvent soumettre des observations formelles. BlackRock et Consensys ont saisi cette fenêtre. D’autres grandes entreprises du secteur crypto devraient également déposer des réponses avant la clôture.

Ce débat rappelle les tensions soulevées lors du lancement de stablecoins algorithmiques comme l’UST de Terra, qui avaient mis en lumière les risques d’une régulation insuffisante des réserves. La question n’est plus de savoir s’il faut encadrer les stablecoins, mais comment calibrer ces règles sans fragiliser une infrastructure financière déjà opérationnelle.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le plafond de 20 % proposé par l’OCC sur les RWA ?

L’OCC envisage de limiter à 20 % la part des réserves de stablecoins détenue sous forme d’actifs tokenisés sur blockchain. BlackRock conteste cette règle, arguant qu’elle discrimine une technologie sans lien avec le risque réel des actifs concernés.

Pourquoi l’interdiction de rendement touche-t-elle aussi les distributeurs ?

Le projet de règlement ne vise pas seulement les émetteurs de stablecoins : il étendrait l’interdiction de rémunérer les détenteurs aux partenaires qui distribuent ces tokens. Selon Consensys, cela pourrait inclure des protocoles DeFi qui ne se considèrent pas comme des distributeurs.

Quels stablecoins sont directement menacés par le plafond RWA ?

Les stablecoins USDtb d’Ethena et JupUSD de Jupiter sont les plus exposés : le fonds BUIDL de BlackRock assure plus de 90 % de leurs réserves. Si le plafond de 20 % est adopté, ils devront trouver des réserves alternatives, ce qui affecterait leur modèle. Pour en savoir plus sur les tensions autour des stablecoins, voir notre analyse sur Tether et les risques des réserves opaques.

À retenir

L’OCC avance sur 2 fronts qui inquiètent l’industrie : une interdiction de rendement étendue aux distributeurs, et un plafond de 20 % sur les réserves tokenisées. BlackRock et Consensys ont répondu formellement. L’issue dépendra du vote final sur le GENIUS Act, attendu dans les prochains mois.

Sources

Signal Baissier
Impact Majeur