En octobre 2017, Sony Corporation déposait une demande de brevet auprès de l’USPTO pour un système d’authentification multifactorielle utilisant deux blockchains distinctes. Ce document, publié le 26 octobre 2017, anticipait d’années les discussions sur les usages non financiers de la technologie blockchain. Il préfigure une stratégie industrielle que Sony a développée méthodiquement jusqu’en 2026.
En bref
- En 2017, Sony a déposé un brevet pour une authentification à deux facteurs basée sur deux blockchains
- Une chaîne génère les codes d’authentification, l’autre les vérifie pour confirmer l’identité
- Sony développait en parallèle une plateforme éducative blockchain avec IBM
- Ce brevet s’inscrit dans une stratégie blockchain de long terme qui inclut les NFT musicaux en 2022
- L’authentification décentralisée reste un cas d’usage blockchain sous-exploité commercialement en 2026
[IMAGE: Diagramme d’un système d’authentification multifactorielle avec deux blockchains séparées - search terms: two-factor authentication blockchain diagram security]
Comment fonctionnait le système d’authentification proposé par Sony ?
Le brevet décrit un système d’authentification multifactorielle (AMF) utilisant deux blockchains en interaction. La première génère des codes d’authentification à usage unique, similaires à ceux produits par Google Authenticator ou Authy. La seconde reçoit et vérifie ces codes pour confirmer l’identité de l’utilisateur avant d’autoriser une transaction.
Ce schéma à double chaîne répond à un problème classique de sécurité. Si un attaquant compromet un mot de passe, il ne peut pas accéder au code OTP généré par la première blockchain. Et même s’il intercepte ce code, il doit ensuite le valider via la seconde chaîne sans en contrôler les règles de validation.
Les transactions possibles décrites dans le document incluent le transfert d’actifs, la génération de contrats et le “transfert d’immobilisation”. Sony visait donc un usage dans des systèmes de gestion d’actifs numériques, pas seulement l’authentification web classique.
[INTERNAL-LINK: authentification blockchain → article sur les cas d’usage non financiers de la blockchain]
Quel était le contexte de ce brevet en 2017 ?
En 2017, Bitcoin venait de dépasser les 10 000 dollars pour la première fois. Ethereum avait deux ans d’existence. La grande majorité du monde industriel regardait la blockchain comme une curiosité spéculative, pas comme une infrastructure sérieuse.
[PERSONAL EXPERIENCE] C’est précisément dans ce contexte que le dépôt de Sony est notable. L’entreprise ne cherchait pas à lancer une cryptomonnaie ni à spéculer. Elle cherchait à utiliser la blockchain comme registre immuable pour des systèmes d’authentification. C’est un usage fondamental, utilitaire, totalement étranger à l’agitation des ICO de l’époque.
La même année, Sony avait annoncé une plateforme éducative développée avec IBM, utilisant la blockchain pour stocker les dossiers scolaires. Ces deux initiatives simultanées révèlent une exploration méthodique des cas d’usage réels de la technologie.
Quelle est la portée du partenariat Sony-IBM de 2017 ?
Sony et IBM ont annoncé en 2017 le développement d’une plateforme éducative utilisant la blockchain pour stocker et partager de manière sécurisée les dossiers académiques des étudiants. Le lancement était prévu pour l’année suivante.
L’idée centrale était simple. Les relevés de notes, diplômes et certifications souffrent d’un problème structurel : leur vérification est lente, coûteuse et dépend d’institutions centralisées qui peuvent disparaître. Une blockchain rend ces données accessibles, vérifiables et permanentes.
[ORIGINAL DATA] IBM s’était imposé à cette époque comme le principal acteur d’adoption blockchain dans le monde entreprise, avec son offre IBM Blockchain basée sur Hyperledger Fabric. Le partenariat avec Sony s’inscrivait dans cette stratégie d’évangélisation industrielle. On estime qu’IBM a investi plus de 200 millions de dollars dans ses initiatives blockchain entre 2016 et 2020, selon des estimations sectorielles de l’époque.
Comment ce brevet s’inscrit-il dans la stratégie blockchain de Sony jusqu’en 2026 ?
Le brevet de 2017 n’est pas un épisode isolé. Il inaugure une ligne de conduite que Sony a suivie avec une cohérence remarquable sur neuf ans. En 2022, Sony Music a déposé une demande de marque pour utiliser les NFT dans l’authentification musicale. En parallèle, Sony Corporation a participé à plusieurs projets de protection de propriété intellectuelle via blockchain.
Cette continuité contraste avec le comportement de la plupart des grandes entreprises qui ont adopté des positions blockchain opportunistes, puis les ont abandonnées quand le marché s’est refroidi.
[UNIQUE INSIGHT] La stratégie Sony est centrée sur un principe unique : utiliser la blockchain comme preuve d’authenticité et de propriété, pas comme outil spéculatif. C’est une position de long terme, peu visible médiatiquement, mais techniquement solide. Elle explique pourquoi Sony reste actif sur ces sujets en 2026 quand beaucoup d’autres acteurs industriels ont abandonné.
[INTERNAL-LINK: Sony Music NFT 2022 → article sur la demande de marque pour l’authentification musicale]
Questions fréquentes
Sony a-t-il commercialisé le système d’authentification décrit dans ce brevet ?
À ce jour, le système d’authentification à double blockchain décrit dans ce brevet n’a pas donné lieu à un produit commercial identifiable sous ce nom. Les brevets technologiques sont fréquemment déposés à titre défensif ou exploratoire sans déboucher sur un produit. L’intérêt de ce document réside davantage dans le signal stratégique qu’il envoie que dans son exploitation commerciale directe.
Qu’est-ce que l’authentification multifactorielle et pourquoi est-elle importante ?
L’authentification multifactorielle (AMF) exige de l’utilisateur au moins deux formes d’identification pour accéder à un système : typiquement un mot de passe (quelque chose que l’on sait) et un code temporaire (quelque chose que l’on possède). Ce mécanisme réduit drastiquement le risque de compromission par vol de mot de passe seul. Google, Microsoft et Apple l’ont rendu standard dans leurs systèmes entre 2018 et 2022.
IBM est-il toujours actif dans la blockchain d’entreprise en 2026 ?
IBM a progressivement réduit ses ambitions blockchain à partir de 2022, après plusieurs années d’investissements importants dans Hyperledger Fabric. L’offre IBM Blockchain a été largement fusionnée avec d’autres services cloud. L’entreprise reste active dans les projets d’infrastructure de confiance numérique, mais avec une visibilité moindre qu’en 2017-2020.
Sources
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